Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La grande amnésie écologique

Publié le par lesbiodiversitaires

Nous sommes en train d’assister à la perte d’une grande partie de la biodiversité de la planète et nous ne réagissons pas. Face à l’immédiateté de notre vie « internet », la parole des anciens s’est tue.
Mon essai La Grande amnésie écologique essaie d’analyser ce phénomène et propose des solutions.

Cette incroyable faculté à oublier

La grande amnésie écologique, Philippe J. DuboisUne histoire : malgré de nombreuses recherches sur le fleuve Yangtsé, en Chine, le dauphin de cette rivière, appelé Baiji, a définitivement disparu, sans doute au début des années 2000. De même, à peu près à la même époque, a disparu de ce fleuve un énorme poisson, le poisson-spatule de Chine, qui pouvait atteindre sept mètres de long et peser plusieurs tonnes. L’un comme l’autre ne passaient donc pas inaperçus ! De plus, le dauphin était connu de tous et une mythologie importante entourait son existence (pensez ! un dauphin dans une rivière…).

Pourtant, des chercheurs britanniques ont effectué une étude en 2008 auprès des pêcheurs qui vivaient sur les lieux où avaient existé ce dauphin et ce poisson. À leur grande surprise, ils constatèrent que plus de 70 % des pêcheurs de moins de quarante ans, ou qui avaient commencé à pêcher après 1995, n’avaient jamais entendu parler du poisson-spatule (et à peine moins du dauphin). En quelques années à peine, ces deux espèces, pourtant culturellement et commercialement connues et importantes, avaient déjà presque disparu de la mémoire collective locale.

Plus près de nous avec la biodiversité domestique : travaillant sur les races bovines de France menacées ou disparues, j’interrogeais un jour un ingénieur agronome d’origine franc-comtoise. Comme il était natif de la Haute-Saône où son père et son grand-père avaient été agriculteurs, je lui demandais s’il avait entendu parler de la race fémeline, disparue peu avant la Seconde Guerre mondiale, et dont le dernier bastion avait été justement ce département. J’espérais bien avoir des informations précieuses sur cette belle vache à présent perdue à jamais. À ma surprise, l’ingénieur me répondit qu’il ne connaissait pas cette race. Son père ni même son grand-père ne lui en avaient jamais parlé. Si son père élevait à présent des vaches de race montbéliarde, il est peu douteux que son grand-père avait dû côtoyer la Fémeline ou, tout du moins, en avoir entendu parler. Pourtant ni l’un ni l’autre n’avait jamais parlé de cette race à leur fils et petit-fils, pourtant chercheur agronome sur les… bovins.

Que retient-on de ces exemples ? L’extraordinaire faculté à oublier ce qui nous entoure, ce avec quoi nous avons vécu. La sélectivité de la mémoire fait que, si nous n’y prenons garde, on s’accommode des pertes du vivant en toute bonne foi, sans même en prendre conscience.
Il est nécessaire d’éviter ses oublis qui sont délétères pour l’ensemble de la communauté des êtres vivants. Comme pour les grands moments de l’Histoire humaine, il est extrêmement nécessaire de faire accomplir un devoir de mémoire à l’égard de la biodiversité.

Le syndrome de la référence changeante
Dans mon ouvrage, je fais référence à un concept développé par un ichtyologue d’origine française, appelée en anglais le Shifting Baseline Syndrome (locution plutôt barbare). En étudiant les phénomènes de surpêche et les stocks de poissons disponibles, ce chercheur a montré que chaque scientifique qui travaille sur l’évaluation des stocks de poissons prend comme point de départ les stocks qu’il observe au début de son travail (ou de sa carrière) qui est donc la basepour évaluer d’éventuels changements quantitatifs et qualitatifs (temps T). À la génération suivante de chercheurs, les stocks se sont évidemment modifiés, mais c’est ce nouvel état (T + 1) qui sert de référence pour l’évaluation et la gestion des stocks de poissons. Il en résulte que les modes d’exploitation passés et les tendances sont souvent ignorés lors de la formulation des conseils en matière de gestion, qui ne considèrent donc pas la richesse initiale du système antérieur, comme le phénomène de surpêche pour ce qui est des poissons, par exemple. Le résultat de cette « dérive » est une accommodation graduelle à la lente diminution (disparition) des stocks de poissons et l’émergence de références inappropriées pour évaluer les pertes dues à la surpêche ou pour fixer des objectifs permettant des mesures de rétablissement des stocks initiaux.
Et bien il est en exactement de même dans notre appréhension de la biodiversité, de la nature et de ses ressources qui nous entourent.
Cette amnésie, qu’elle soit générationnelle et/ou individuelle, nous conduit à considérer tous les changements de la nature comme des événements normaux, suivants des principes d’adaptation et d’évolution « naturels », et donc à les assimiler à notre environnement quotidien.
C’est là un grand danger que d’amalgamer ce qui est lié à un processus naturel (évolutionniste, adaptatif) à ce qui est la conséquence directe ou indirecte d’une action humaine.
Cette banalisation et cette uniformisation des événements conduisentévidemment à leur rapide familiarisation, et donc à l’oubli des causes qui les a générés. Quelques années à quelques décennies plus tard, nous recevons de plein fouet leurs conséquences néfastes.


Education à l’environnement
Comme les Scandinaves apprennent l’anglais dès l’âge de 6 ans (11 chez nous) et le parlent infiniment mieux devenus adultes, il faut désormais apprendre la « science de l’environnement » aux enfants dès leur plus jeune âge. A l’école, avec les enseignants dédiés, mais aussi en mettant les élèves en contact avec des utilisateurs de l’environnement, du monde agricole, de celui de la protection de la nature, en les faisant rencontrer les anciens (qui n’attendent que ça) qui leur parleront de la nature qu’ils ont connu eux-mêmes à leur âge, et en les faisant concrètement côtoyer la nature (« sauvage » ou citadine, qu’importe).
Arrêtons de remplir la tête de nos enfants de connaissances dont ils ne se serviront jamais et laissons un peu de temps à une éducation à l’environnement cohérente. Si l’instruction civique a disparu, remplaçons-là par l’instruction environnementale !


Révolution ou évolution ?
Nous avons le choix d’une évolution de notre société dans une voie écologique, au-delà des clivages politiques. Une troisième voie, ni de gauche, ni de droite. Ecologique. Une voie où la sobriété n’empêchera pas ni le confort, ni la consommation, mais qui nous fera toucher du doigt à chaque instant que nous vivons dans un monde fini avec des ressources finies. Accompagner cette démarche respectueuse, c’est entrer dans un processus évolutif qui nous permettrait de sortir sans trop de dommages de cette hypercroissance actuelle.
Sinon, l’alternative sera une révolution, dont le point de départ sera la lutte pour la possession des biens naturels (eau, matières premières, énergies fossiles) indispensables pour la croissance. Or, il est peu probable que, verte ou pas, une révolution se fasse sans violence et les tensions géopolitiques à venir seront de toute façon sous-tendues par des enjeux environnementaux. Jared Diamond, dans son livre remarquable - Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Paris, Gallimard, 2006 - a bien montré qu’il y a quatre facteurs principaux ont conduit à la disparition de ces sociétés : le changement climatique, la dégradation de l’environnement, l’hostilité envers leurs voisins et, enfin, les rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux.
On a un peu l’impression de vivre une telle situation, non ?
 

voir l'interview Good Planet
Egalement le clip de Bridget Kyoto qu'a inspiré, parait-il, notre livre ! :-)

Regarder la video de présentation du livre.

 


Quelques chiffres

Une espèce disparait toutes les 20 minutes dans le monde. On estime à 20 000 le nombre d’espèces animales et végétales qui disparaissent chaque année définitivement de la surface de la Terre. Ce chiffre est une estimation basse puisque l’on ne connaît pas le nombre exact d’espèces sur terre (entre cinq et quatorze millions).

Chaque minute c’est l’équivalent de 36 terrains de football qui est déforesté en région tropicale, soit environ 140 000 km² annuellement. Actuellement, la disparition de la superficie de cette forêt tropicale est estimée à 0,5 à 1 % par an. À ce rythme, celle-ci aura disparu dans deux siècles environ.

Dans le même ordre d’idées, les pertes de surface arable (c’est-à-dire qui peut être cultivée) sont estimées entre 70 000 et 150 000 km² par an (soit entre 12 et 25 % du territoire français)…

Et on nous dit qu’il faudrait deux planètes comme la Terre pour nourrir toute la population en 2050. Il y a là comme une équation insoluble.
Partager cet article

Le cheval d'Auvergne, un beau méconnu

Publié le par lesbiodiversitaires

Le cheval d'Auvergne, un beau méconnu

Allez, on abandonne un peu notre chouchou, le cheval Camargue, pour parler des autres chevaux à petits effectifs en France. Aujourd’hui, nous nous intéressons au cheval d’Auvergne.

Si vous aimez les chevaux au pied sûr, capables de vous emmener des heures durant dans les montagnes, se contentant de presque rien, rustiques, résistant aux rigueurs du climat, avec une bonne tête de nounours et un cœur en or… alors oui, le cheval d’Auvergne est peut-être fait pour vous.
Pour la randonnée, le TREC, l’attelage, les loisirs en tous genres, l’instruction en centre équestre, c’est un cheval idéal.
Il n’en existe que très peu en France, et pour cause. Il a failli disparaître. La motorisation dans les campagnes a failli lui être fatale au XXe siècle. Comme toujours, il ne doit sa survie qu’à quelques passionnés.
 
Une race extrêmement rare
En 2011, il ne reste que 350 animaux dans tout le pays. Très peu, mais plus cependant qu’il y a quelques décennies.
Forgé par son environnement montagnard, le cheval d’Auvergne est compact, avec une croupe large, sans être trop lourd. Il est de couleur bai à noir pangaré, les poils fins et les crins fournis, légèrement ondulés. Il mesure de 1 m 43 à 1 m 57 au garrot, ce qui peut lui permettre de porter des enfants comme des adultes. On trouve ce cheval dans tout le Massif central, mais 50 % de ses effectifs sont dans le Puy-de-Dôme.
 
cheval d'Auvergne - ER 1
 
Les cavaliers auvergnats et tous ceux qui vivent en montagne devraient toujours penser à cette race locale, qui a tant besoin d’être encouragée, avant d’acheter un cheval d’une autre race qui supportera peut-être moins bien les conditions climatiques hivernales de leur pays… Le cheval d’Auvergne est totalement adapté à la moyenne montagne. Avec lui, pas de chichis. Pas besoin de lui tricoter un bonnet pour l’hiver. Il n’ira pas se fouler le sabot dans la première pente venue, il n’attrapera pas la mort au premier flocon de neige qui tombe, il ne s’évanouira pas à la vue de quelque vaches…
 
  Poulinière cheval d'Auvergne - Orbeil-63 - ER
  Petit groupe de poulinières de race Auvergne
   
Quant aux cavaliers des plaines, la douceur et le bon cœur de ce cheval, alliés à toutes ses autres qualités, devraient pouvoir les convaincre de faire le voyage dans les montagnes, à la recherche du si rare Cheval d’Auvergne, pour le descendre jusque dans leurs écuries.
 

 

  **************************************************************************
 
Appel aux amateurs de la race 
 
Poney d'Auvergne 
 
La photographie ici reproduite a été découverte après deux journées de recherche dans les anciennes archives de l'Ecole vétérinaire de Maison-Alfort (Fonds ENVA), qui nous a donné l'autorisation de mettre le nez dans des siècles de poussière et d'animaux empaillés. La série de photographies dans laquelle elle se trouvait était datée de 1864 à 1878, ce qui donne une idée assez précise de son époque. Quelqu'un a écrit à la plume, sur le côté : "Poney d'Auvergne".
   
archive Poney d'Auvergne
"Poney d'Auvergne", vers 1864-1878
 
Son aspect compact, sa croupe puissante évoquent bien sûr l'actuel cheval d'Auvergne, même s'il semble alezan. S'agit-il d'un ancêtre ? Vos avis nous intéressent sur ce mystérieux et très ancien "poney d'Auvergne"...

***********************************************************************************
 
Association nationale du cheval de race Auvergne
Pour en savoir plus, acheter un cheval d'Auvergne ou simplement soutenir sa conservation, l'adresse de l'association est la suivante : http://www.chevalauvergne.fr/
Et le blog d'un élevage à visiter, celui de Muriel Ronez.
   
Un cheval qui inspire...   
Pour vous convaincre que le cheval d'Auvergne n'est pas qu'un gros pépère de pays, mais un cheval doté d'une vraie beauté, voici le lien vers le site de Véronique de Saint-Vaulry, artiste (mais aussi journaliste, auteur, cavalière...) qui prend régulièrement le cheval d'Auvergne comme modèle pour ses bronzes.
   Auvergne par Véronique de Saint-Vaulry
Jument et poulain Auvergnes
par V. de Saint-Vaulry
Partager cet article

La dernière des Bazougers

Publié le par lesbiodiversitaires

La race bovine de Bazougers est la prochaine vache à d’éteindre en France… Dans l’indifférence générale, cette excellente race tire sa révérence. Histoire d’une disparition.
 
La race de Bazougers, appelée aussi Bleue de Bazougers, est originaire du département de la Mayenne. Bazougers est une bourgade située à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Laval. Même si on rencontrait cette vache un peu au-delà, dans le sud du département et dans la Maine-et-Loire voisin, son aire de répartition n’a jamais été bien large.
 
Du sang suisse
Cette race est proche de la Rouge des Prés (ex-Maine-Anjou, ex-Durham-Mancelle) et de la Saosnoise dont elle partage en effet quelques ancêtres. Dont la fameuse Durham, qui fit les beaux jours de l’agriculture françaises dans le seconde moitié du XIXe siècle et qui a contribué à l’émergence de ces trois races.
La Bazougers est issue d’un croisement entre l’ancienne Mancelle (aujourd’hui disparue) et la race Fribourgeoise (également disparue…), de couleur pie-noir, qui fut importée vers la fin du XVIIIe siècle par Monsieur de la Lorie et quelques autres propriétaires. Des croisements ponctuels sont effectués avec d’autres races (Brune, peut-être Normande), mais sans conséquence. C’est avec la Durham, donc, que les animaux sont croisés au cours du XIXe siècle. Ce qui explique, comme le souligne Laurent Avon (2008), que la Bazougers est issue, des mêmes « composantes » que la Maine-Anjou, la Mancelle et la Saosnoise, mais en proportions différentes.
C’est donc ce type d’animaux, que l’on considérait parfois comme une variété noire de la Mancelle, que l’on va appeler plus tard « Bazougers ».
 
 
photo 1
Bœuf vraisemblablement de type « Bazougers », 1851.
 
 
photo-2.jpg
Taureau Bazougers, vers 1938 (coll. L. Reveleau).
 
 
photo-3.jpg
Taureau Bazougers, vers 1947 (coll. L. Reveleau).
 
 
Un bel animal… mais rare 
La Bazougers est une vache de bonne taille, bien conformée, rappelant ses deux cousines. Elle est longiligne et basse sur pattes, avec un profil dorsal rectiligne. C’est avant tout une race mixte, à la fois laitière, mais aussi à vocation bouchère, plutôt précoce. Elle possède des muqueuses noires, et des cornes courtes, dirigées vers l’avant et légèrement remontées vers le haut à leur extrémité.
La robe est de couleur variable. On peut même dire qu’elle n’est pas fixée jusque vers le milieu du XIXe siècle. C’est au cours du siècle suivant que se met en place plusieurs types de robe : noire, pie-noir, blanche ou encore « bleue » qui lui vaut dont son nom de « Bleue de Bazougers ». Cette dernière robe est sans doute le fruit du croisement avec la Durham. Les animaux ont parfois des « lunettes » claires autour des yeux comme en avait la race Mancelle.
 
 
photo-4.jpg
Vache pie-noir, 1987 (L. Avon)
 
 
photo-5.jpg
Vache Aurore, de couleur « bleue ».
 
Il n’y a jamais eu beaucoup d’animaux de Bazougers. Cela tient notamment au fait que la race ne soit pas vraiment sortie de son berceau d’origine. De plus, elle n’a pas eu de reconnaissance officielle (ni Herd-book, ni code race).Combien y a-t-il eu d’animaux ? On l’ignore…
 
 
photo-6.jpg
Taureau Melchior de couleur « bleue » à 4 ans et demi, 2000 (fonds URCO).
 
 
Une disparition inéxorable
Non reconnue, mais survivant sur ses terres d’origine, la Bazougers va être victime, dans les années 1950 – et alors même qu’elle connait là probablement son apogée - de la politique « Quittet » du nom d’un ingénieur général de l’agriculture qui a décidé de faire la guerre à toutes ces petites races locales et rustiques, au prétexte qu’il ne doit plus y avoir que quelques races laitières et allaitantes sur les terres de France. Elle est alors interdite de monte publique et, par là même d’insémination artificielle. De plus, elle est concurrencée par la Maine-Anjou (future Rouge des Prés) qui lui est préférée. Dès les années 1960, elle décline rapidement.
C’est en 1976 que Laurent Avon est alerté de la présence d’un troupeau de vaches Bazougers dans la commune du même nom. Cependant, on est alors dans cette période cruciale où l’on doit être sur tous les fronts, tant le nombre de races rustiques sont menacées. Et comme la Bazougers n’est pas reconnue en tant que race, elle ne figure peut-être pas non plus dans les urgences. Ce n’est qu’en 1999 que l’ingénieur de l’Institut de l’élevage peut de nouveau se consacrer à cette population bovine. Un taureau – Melchior – est retrouvé et sa semence collectée. Une vache « bleue »– Aurore - est également repérée pour ses qualités, mais on ne peut la faire reproduire. La veille de sa mort, en décembre 2000 alors qu’elle a 17 ans, des scientifiques de l’INRA lui prélèvent des cellules de l’oreille et procèdent ensuite, en 2001, à des essais de clonage. Un des embryons clonés et transplantés donne naissance à une génisse en janvier 2002. C’est Aurore B.
 
 
photo-7.jpg
Vache Aurore B en 2009. La dernière vache Bazougers en vie.
 
 
photo-8.jpg
Aurore B et son fils Augure de couleur blanche (Ch. Richard).
 
 
Inséminée avec la semence de Melchior, Aurore B donnera naissance à deux taureaux – Augure et Bazougers–également collectés. Elle a aussi donné naissance à une femelle – Aurifère (décédée en 2008). Un autre taureau – Valeureux – est né de Melchior et d’une vache pie-noir, un peu imprégnée de Rouge des prés, mais issue de race Bazougers. Ce taureau a été également collecté.
 
photo-9.jpg
Bazougers, l’autre fils (bleu) d’Aurore B (Ch. Richard).
 
  photo 10
  Valeureux, taureau pie-noir (L. Avon).
 
 
photo-11.jpg
Vache pie-noir (Ferme de l’Arche).
 
 
Et maintenant, un espoir ?
 
Que reste-t-il de la race Bazougers ? Une vache issue de clone (Aurore B, qui vivait toujours en 2011 à la station de l’INRA de Bressonvilliers, Essonne), des semences de deux taureaux (Melchior et Valeureux – les deux autres n’étant pas utilisables car fils d’une vache issue de clonage). Enfin 18 embryons congelés issus d’Aurore B, donc également de clone… Il y aussi des vaches issues de croisement entre Bazougers (un des taureaux issus de clone) et des Holstein, à la station de Bressonvilliers (mais essentiellement à des fins de recherche scientifique). C’est-à-dire rien ou presque. Il y a donc une seule vache encore en vie qui soit de race Bazougers (mais elle est issue de clone, donc on ne peut l’utiliser).
 
photo-12.jpg
Génisse croisée entre Bazougers et Holstein.
 
Cependant, en septembre 2011 est née une génisse – Guiness – issue de Melchior (le taureau Bazougers prélevé) et d’une vache Rouge des prés. La robe est pie-noir comme l’était celle d’un certain nombre de vaches de race Bazougers.
Est-ce un espoir ? Il y aurait sans doute la possibilité de développer une population de type « Bazougers – Rouge des prés » avec des taureaux pie-noir, génétiquement assez proches de Melchior. Il faudrait utiliser des vaches Rouge des prés de type mixte, mais celui-ci a disparu et il ne reste que quelques rares doses de semences de taureaux de ce type.
C’est peut-être une course contre la montre qui se joue à présent. Peut-être que cela ne mènera à rien… Mais faut-il pour autant ne rien faire et se lamenter sur une race domestique qui disparaît ? Nous ne le croyons pas et nous ne pouvons qu’encourager, par toutes les formes concrètes possibles, les quelques personnes qui sont prêtes aujourd’hui à tenter un sauvetage de la dernière chance.
 
photo-13.jpg
Guiness, née en septembre 2011. Le symbole du dernier espoir ? (J-Ch. Huet).
 
Remerciements
Merci à Jérôme Aubert, Laurent Avon, Jean-Christophe Huet et Christophe Richard pour les informations qu’ils ont eu la gentillesse de fournir.
 
Bibliographie
- Avon L.(2008a). La race bovine de Bazougers. Fiche technique, Institut de l'Elevage, Paris.
- Dubois Ph. J. (2011). A nos vaches. Inventaire des races bovines disparues et menacées de France. Delachaux & Niestlé, Paris. 
Partager cet article

Dialogue avec une fouine

Publié le par lesbiodiversitaires

00 h 10, branle-bas de combat dans le grenier… ça cavale… ça joue… ça fait n’importe quoi…
 
« Eh bien la fouine, te voilà revenue ?
-          Pit pit pataclop boum boum
-          Et tu ne pourrais pas faire ton ramdam autrement qu’en pleine nuit ? comment veux-tu qu’on t’apprécie si t’empêches tout le monde de dormir ?
-          Pchiiiiiiiiiiiiii tac tac tac tac
-          Mais tu fais quoi là ? Un nid pour l’hiver ? et nos poulettes, nos orpingtons dodues, tu vas les laisser tranquilles au moins ?
-          Sbloum
-          On pensait que tu avais déménagé… pas de chance… c’est le froid qui te fait reprendre tes aises dans le grenier ? C’était moins bien chez les voisins ?
-          Ti ti ti ti frouuummmm
-          Bon ben OK. Demain matin je te fous la radio à fond la caisse toute la journée… y’a pas de raison que toi tu dormes bien après avoir réveillé tout le monde... ça t’apprendra à être plus discrète la fois prochaine.
-          Pataclop clop clop… boum… ti ti pchiiiiiiiii fuuuuuuitttt, ramdam boum zig ! »

 

Fouine ER

Publié dans Biodiversité sauvage

Partager cet article

Chiens de Syrie

Publié le par lesbiodiversitaires

 Dans le village de Mheimideh, près de Deir ez zor, sur l’Euphrate, perdu hors des sentiers battus de la Syrie, les vaches paissent dans les marais, les pattes dans l’eau jusqu’au ventre. Ici volent les guifettes leucoptères, les sarcelles marbrés et les aigrettes garzettes. Près des habitations, plusieurs chiens circulent.

 

Dans une petite cour, une boule de poil âgé de seulement quelques semaines joue à tirer sans relâche la queue de sa mère. La chienne, un peu lasse, s’en va nonchalamment. Le chiot reste à jouer, avec le même entrain, en attaquant le tapis de laine rouge qui sèche sur un fil à linge. Amira, petite gardienne de vaches d’une dizaine d’années, appelle son grand frère Kama, ainsi que deux sœurs rieuses, Mariam et Maria, à la rescousse : une dame étrangère photographie leurs chiens ! Cette incongruité d’une drôlerie sans pareille pour Amira la fera rechercher tous les cabots du hameau pour leur heure de gloire : une grande chienne grise et blanche, un petit chiot crème qui jappe avec mauvaise humeur, un chien brun et ébouriffé, mais aussi l’âne placide, la cane et le canard – assez mécontents d’avoir été capturés pour prendre la pose, et même les vaches et les moutons… Seul le premier chiot, celui du tapis rouge, aura échappé à la razzia – sans doute bien caché derrière un tas de linge !

 

chien Syrie 2 ER

 

« Si tu es perdu au milieu du désert,

le chien ne te quittera jamais ! »



Chien du désert, chien de poussière

En Syrie, le chien, que l’on appelle « kalb » en langue arabe classique, ou encore « al thari » en langue bédouine, est présent au détour de chaque village. Il ne porte ni collier, ni laisse. Il dort à la belle étoile, la truffe dans la poussière, bien loin des niches et des joujoux en plastique des Occidentaux. Son poil est souvent sale, emmêlé. Il ne sait pas faire le beau, ni même donner la patte. Mais la dignité qu'il dégage est frappante. Là-bas, on ne touche pas les chiens – la religion ne l’autorise pas. Ils n’ont pas de caresses, ils n’ont pas de gamelle remplis de la dernière boîte de viande vitaminée à la mode. Mais ils ont le vent, ils ont la liberté d’aller où bon leur semble, ils ont le sable chaud sous les pattes, bien loin du bitume des villes. D’ailleurs, dans les villes syriennes, à Damas ou à Alep, on ne croise pas de chiens. Pourquoi ? Parce que les Syriens n’ont pas d’animaux de compagnie. L’âne, le dromadaire, le cheval ou le chien sont des animaux de travail, utiles et nécessaires. Mais infiniment plus respectés que beaucoup de nos animaux occidentaux, trop souvent considérés comme de simples objets de consommation, abandonnés aux premières vacances de leur maître. Nidal Issa, biologiste français d’origine libano-syrienne, en témoigne : « En Syrie, la proportion de personnes qui ont des chiens chez eux est sans commune mesure avec ce qu'on peut trouver en Europe. Dans les villes, il y a très peu de chien de compagnie. En règle générale, les chiens se trouvent dans les campagnes, les semi désert... donc plus répandus chez les populations villageoises, bédouines, que chez les citadins. Il n'existe pas, par exemple, de chiens dans les maisons, qu'on sort le matin et le soir pour qu'il fasse ses besoins dans la rue. Il est admis qu'avoir un chien signifie le laisser traîner dehors ou avoir un grand jardin. En ville, les quelques détenteurs de chiens appartiennent en général à la bourgeoisie, et il s’agit alors de chiens de races, souvent de garde : bergers allemands, dobermans, parfois labradors. »

 

 

chien Syrie ER

 

chien Syrie 1 ER

 

Quelque chose du chien originel

Ces chiens de Syrie ont quelque chose du chien « originel », le chien qui ne ressemble à aucune race, dont on retrouve la silhouette indéterminée en Afrique, en Asie… Un chien qui n’a l’air de rien, tout en étant tout de suite identifiable : c’est un chien. Ces chiens du désert sont plutôt grands et athlétiques. De couleur généralement pie, la queue tombante, une tête d’ours, de « hyène » selon certains, il toise bien les 60 cm au garrot. Peu agressif, plutôt indifférent à l’homme, voire craintif, sa corpulence dissuade cependant d’aller lui chercher querelle. Ce chien de bédouin ressemble à l’Aïdi, ou chien de l’Atlas, qui garde les campements berbères au Maroc et que l’on trouve un peu partout en Afrique du Nord. On voit pourtant qu’il n’est nullement question, pour les bédouins syriens, de race et encore moins de standard. Nidal Issa nous explique que « ces chiens sont pour la plupart des animaux n'appartenant à aucune race mais issus de croisements aléatoires à l'infini. Il n'y en a pas deux pareils ». Les chiens domestiqués se trouvent essentiellement chez des populations qui les utilisent comme gardiens, que ce soit chez les bédouins, les bergers, ou encore les villageois ayant des bêtes (poulailler...). Beaucoup de chiens vivent également à l'état semi sauvage. Il n'est pas rare de rencontrer des chiens errants, se débrouillant par eux-mêmes, vivant en périphérie de l'homme ou en meutes. 

 

  chien Syrie 3 ER

 

Des chiens qu’on ne touche pas

Dans tout le désert, nulle part nous n’avons vu un homme toucher un chien, ou même un chien venir de façon significative vers l’homme. Les chiens ne s’approchent pas : ils restent à distance. Au mieux, l’on peut obtenir d’eux un regard amical et quelques battements de queue. Mais ils restent sur leur réserve : on ne les approche pas. Si l’on s’avance, ils s’éloignent. La seule exception fut un petit garçon et son chiot, croisé sur le bord d’une route, près d’un troupeau de moutons. Les Syriens sont très surpris que l’on puisse s’intéresser à leurs chiens. Ce peuple à la gentillesse et au sens de l’hospitalité légendaires fait tout pour montrer à l’étranger de passage les chiens du village, lorsque l’animal familier intéresse l’Occidental… Mais difficile de faire venir un chien sans pouvoir le toucher, l’attraper ! On l’appelle donc. Il vient un peu mais ne reste guère. Une petite fille court jusqu’à sa maison couleur sable et en ramène une galette de pain. En lançant des morceaux de nourriture au chien, on finit par le faire approcher suffisamment près pour prendre une photographie… Mais l’animal ne s’attarde pas et s’esquive à la première occasion.

Dans les montagnes, plus près de la Turquie, à Kassab, chez les Arméniens, les choses sont bien différentes. En effet, les Arméniens ne sont pas musulmans. Rien ne les empêche donc de toucher les chiens. Dans cette région de la Syrie, les chiens ressemblent à ceux que l’on croise en Europe : ici un berger allemand, là un braque. Ceux-là viennent vers l’homme, ils se laissent caresser, reniflent les poches, lèchent la main. Il faut dire qu’à Kassab beaucoup d’Arméniens ont vécu en Occident, et possèdent la double nationalité. L’un vient des Etats-Unis, l’autre de France, et le style vestimentaire est très loin des cheichs et des djellabas des bédouins. Un soulagement cependant : ces chiens n’ont, malgré tout, pas de collier !

Allongé dans les roseaux qui bordent l’Euphrate, le chien dort. Si profondément qu’on le croirait mort. La tempête de sable qui sévit depuis plusieurs heures ne le dérange pas. Ni le ciel, devenu d’un rouge profond, ni la poussière sur ses poils et dans les yeux. C’est un chien du désert, de la tribu des bédouins.

 

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 

« Nos chiens, ce sont comme les sonneries

dans vos maisons »



Interview d’Ahmed Abdullah Bani Khaled

Ahmed Abdullah exerce une profession encore atypique en Syrie, celle de guide nature. Mais il reste d’abord un bédouin, très fier de sa tribu, les Bani Khaled. Il parle avec passion de cet animal indissociable de la vie pastorale des bédouins, le chien.

 

Quel est le rôle du chien dans la société syrienne ?

Ahmed : actuellement, les Syriens ont besoin d’avoir un chien, notamment les bédouins. Il s’agit d’une nécessité, et non pas d’un plaisir. Les chiens servent à garder les chevaux ou les moutons, mais aussi à se protéger. Ils surveillent les tentes. Par contre, ils ne gardent pas les dromadaires, qui savent très bien se défendre tous seuls ! Les bédouins considèrent le chien comme un honnête gardien : il est très fidèle et il ne leur demandera jamais d’argent ! Les bédouins élèvent aussi des chiens très fins et très rapides – les lévriers – pour la chasse.

 

Existe-il des histoires syriennes à propos des chiens ?

Ahmed : Oui, beaucoup ! Par exemple, si tu es perdu au milieu du désert, le chien ne te quittera jamais ! La vie est très dure dans le désert pour les bédouins, et, de ce fait, elle est dure également pour les chiens. Ils n’ont pas beaucoup à manger.

 

Pourtant, les chiens que l’on croise en Syrie ne sont pas maigres ?

Ahmed : C’est vrai, car ils sont respectés. On leur donne les restes. Ils mangent du pain, du lait, du yaourt. Moi, j’aime mon chien. Je vais vous raconter une histoire qui m’est arrivée. Un jour, j’étais parti dans le désert pour chercher mes moutons. Je mangeais un très bon morceau de viande, et, dans un moment d’inattention, je l’ai oublié sur une pierre. Et qu’est-ce que j’ai vu venir vers moi ? Mon chien, avec le morceau de viande dans la gueule, qui venait me l’apporter. Il ne l’avait pas mangé !

 

Que dit la religion musulmane à propos des chiens ?

Ahmed : La croyance dit qu’il n’est pas bien de toucher les chiens.

 

Les chiens que l’on rencontre se ressemblent tous. Est-ce une race spéciale ?

Ahmed : non, il n’y a pas une véritable race, excepté les lévriers. Ce sont des chiens de troupeau.

 

Est-ce qu’il y a beaucoup de chiens errants en Syrie ?

Ahmed : Oui. Ils vivent souvent près des villages. Le gouvernement intervient s’il y a un problème, comme un animal qui devient agressif par exemple.

 

Comment vivent les chiens du désert ? Où dorment-ils ?

Ahmed : Ils dorment dehors. Mais ils dorment en réalité beaucoup le jour, quand il fait chaud, et peu la nuit. Car la nuit, ils surveillent les renards et les loups ! Mais les loups n’attaquent pas les chiens : ils les évitent. Les loups s’intéressent aux moutons. Les chiens sont vraiment nécessaires. Quand un groupe de bédouins voyage de nuit au milieu du désert, ils ne risquent pas de rencontrer un hôtel ou un restaurant (rires). C’est pourquoi, dans le désert, tout le monde a besoin de tout le monde pour vivre. Dans la nuit, on écoute alors bien s’il n’y a pas de chiens, au loin, qui aboient. Car on sait que là où il y a des chiens, il y a des êtres humains. Et un aboiement, cela veut dire qu’il se passe quelque chose. En fait, nos chiens, ce sont comme les sonneries dans vos maisons !  

 

 

chien Syrie 4 ER

chien Syrie 5 ER

Partager cet article

La Syrie, fabuleux pays en pleine tourmente

Publié le par lesbiodiversitaires

Alors que la Syrie vit actuellement les terribles épreuves que l’on connait, difficile de ne pas penser avec beaucoup d'émotion à ce fabuleux pays et aux gens à la gentillesse extraordinaire que nous avions rencontrés…
 
Nous avons envie de faire partager un peu de ce pays, désormais replié sur lui. En espérant que les choses aillent rapidement mieux, que le sang cesse de couler, et que ce peuple si accueillant, si merveilleusement hospitalier, souffre le moins possible de tout ce qui lui arrive.
 
Les photos parlent d’elles-mêmes de ce pays sublime.
 
désert Syrie ER   
Le désert occupe une grande partie du pays.
 
Palmyre Syrie ER
Palmyre, célèbre site archéologique situé dans une oasis à 210 km de Damas.
 
    dans le krach des chevaliers, Syrie ER 
Un détail du Krak des chevaliers, extraordinaire château fort du temps des croisades.
 
   Paysage Syrie ER 
L'Euphrate
 
  terre Syrie ER
 
  
Biodiversité sauvage
 Les reptiles et les batraciens y sont fascinants, certains étant exactement de la même couleur que le sable.
 
  Syrie crapaud ER
  Crapaud vert Bufo viridis
 
agame Syrie ER 
Agame pâle du Moyen-Orient Trapelus pallidus agnetae
 
  grenouille Syrie ER
  Rainette de Savigny Hyla savignyi
 
grenouilles Syrie ER   
Rainette de Savigny Hyla savignyi
 
 
Les oiseaux...
    cratéropes d'Irak, Syrie ER
  Cratérope d'Irak Turdoides altirostris, espèce endémique à la région de l'Euphrate.
   
Bruant-mélanocéphale-dans-l
    Bruant mélanocéphale Emberiza melanocephala mâle en halte migratoire.
 
Epervier-à-pieds-courts
Epervier à pieds courts Accipiter brevipes mâle
 
GOB-à-demi-collierTalila-SY
  Gobemouche à demi-collier Ficedula semitorquata mâle
 Serin-syriaque
Serin syriaque Serinus syriacus, espèce menacée à l'échelle mondiale.
 
 
Biodiversité domestique
  âne Syrie ER
    Les ânes sont très communs en Syrie, encore utilisés pour de nombreux travaux.
 
 cheval syrien ER
  Les magnifiques chevaux syriens sont plus rares. 
Ce bel alezan appartenait à un bédouin qui semblait beaucoup l'aimer. 
 
mouton syrie 3 ER    
mouton Syrie ER 
Moutons syriens.
   
vaches Syrie ER
 
vaches dans l'eau Syrie ER 
Vaches syriennes (croisées holstein) à Mheimideh. Elles n'hésitent pas à pâturer... dans l'eau.
 
 
Tempête de sable à Deir ez Zor
Les tempêtes de sable, cela existe en vrai. Et voici à quoi cela ressemble (photos non retouchées, prises en début d'après-midi !)…
L'atmosphère devient rouge, les gens balayent le sable devant leur maison, et le sable s'infiltre partout, dans les cheveux, les oreilles, le nez...
   
tempête de sable 2, Syrie ER
 
tempête de sable, Syrie, ER
 
Les oiseaux volent encore tempête sable ER 
Un courageux milan noir brave la tempête !
Partager cet article

Retour sur l’île de Sein (Finistère)

Publié le par lesbiodiversitaires

île de Sein PJD Elle se découpe à l’horizon, l’île des druidesses d’autrefois, au large de la pointe du Raz, plate comme un galet posé sur l’océan. Pas de brume, pas la moindre corne trompetant, pas de bruine, pas une   
goutte… le soleil d’octobre chauffe doucement l’île, l’enveloppant d’une lumière dorée. On est très loin de l’île des tempêtes et des naufrages.
 
Et en posant le pied sur le quai glissant, dans un parfum de goémons, on se demande comment l’on a pu faire pour vivre éloignés d’elle si longtemps.
 
L’île de Sein… Enez Sun… petite île rase battue par les vents. Les voitures n’y existent pas, pas plus que les vélos. Tout se passe à pied.
 
Pendant la migration d’automne, d’étonnants oiseaux viennent s’y poser. Ils viennent du bout du monde. Sont-ils perdus ? Viennent-ils prospecter de nouvelles contrées ? Les ornithologues n’ont pas encore toutes les réponses.
 
Ils sont là, d’ailleurs, les ornithologues. Une petite dizaine, qui sillonne l’île, du lever du soleil jusqu’aux derniers rayons, sous le regard accueillant des habitants. Ces derniers ne s’offusquent pas de voir chaque buisson de leur jardin exploré à la jumelle. Ils savent que s’y cachent des trésors à plumes. Les ornithologues ne sont présents que pour quelques semaines. Bientôt, comme les oiseaux, ils partiront, et ne reviendront qu’à l’automne suivant. L’île retrouvera, pour les longs mois d’hiver, sa tranquillité, et sa solitude.
 
Pouillot à grands sourcils Sein ER
Pouillot à grands sourcils, Sein, octobre 2011
 
Environ 120 habitants vivent à l’année sur cette petite île de 56 ha (2,5 x 0,8 km), dont le relief est en moyenne de 1,50 mètre seulement au-dessus de la mer. Quand les océans gonfleront, sous l’effet du réchauffement climatique, Sein sera-t-elle submergée ? Le scénario n’est pas impossible.
 
Où se percheront alors les gobemouches nains qui voletaient hier dans les tamaris ? Et le jeune étourneau roselin, venu de si loin ? Et l’immense pygargue à queue blanche, posé sur les rochers, qui regarde les vagues ?
 
Sous le phare, des hiboux des marais volent silencieusement, tandis que les tournepierres à collier font cliqueter les cailloux sur la plage. Trois grands dauphins sont passés, sautant dans les vagues.
 
D’anciennes légendes disent que des sirènes vivent dans les rochers autour de l’île. N’essayez pas de les rattraper. De colère, elles déclencheraient de terribles tempêtes…
 
 
Hibou des marais Sein ER
Hibou des marais sous le phare, Sein, octobre 2011
 
île de Sein ER
Sur le port.
 
rocher Le sphynx, île de Sein, PJD
Rocher le Sphynx, île de Sein.

Publié dans Biodiversité sauvage

Partager cet article

La selle Camargue : un artisanat lié à une race à petits effectifs

Publié le par lesbiodiversitaires

La biodiversité domestique, complètement liée à l’homme, s’associe à des produits du terroir et à un artisanat local. Encourager cet artisanat contribue à la protection de cette biodiversité.
 
Le superbe coq de pêche du Limousin offre quelques-unes de ses plumes (épilées chaque année) pour la préparation d’appâts pour la pêche à la truite (mouches de pêche).
Les vaches, les brebis et les chèvres produisent les nombreux fromages de terroir (bleu de Sassenages, Bethmale, Roquefort…).
Et en France, nos jolis petits chevaux Camargue sont associés à un harnachement très particulier, et très ancien (XIIIe siècle), dont quelques excellents selliers perpétuent la tradition.
Le lasso des gardians, c’est le seden, une corde tressée à partir du crin de jument. Il sert aussi de licol.
 
tapis de selle camargue
 Tapis de selle aux motifs traditionnels (jument camargue).
 
Le mors Camargue n’est, selon les Camarguais eux-mêmes, pas à mettre entre toutes les mains (car mal utilisé, il est très dur pour la bouche du cheval). La selle traditionnelle gardianne au contraire convient à tous : le débutant comme le gardian le plus aguerri. Elle se caractérise par son troussequin et son pommeau hauts, qui maintiennent bien le cavalier.
C’est avant tout une selle de travail, conçue pour passer des heures dans le bétail et les marais, et franchir toutes les difficultés possibles.
Complètement adaptée au cheval Camargue, elle reste utilisée par les gardians dans toutes leurs activités.
Faite à la main par des artisans, elle a un coût (compter plus de 2000 euros) mais elle s’utilise une vie entière et peut se transmettre à ses enfants (s’ils sont cavaliers !). Elle peut bien sûr s’adapter à d’autres races que le Camargue.
 
Photo selle camargue sellerie Pujolas 
Selle gardianne traditionnelle, sellerie Pujolas (30132 Caissargues)
 
Pour les cavaliers n’habitant pas en Camargue, il faudra faire preuve d’un peu de pédagogie envers ceux, qui, en plus de nous questionner sur le « poney blanc », un peu hirsute il est vrai, qui nous sert de monture, ne manqueront pas de s’étonner devant cette selle pas commune.
Elle n’est pourtant qu’une facette de la diversité équestre mais aussi de l’histoire de notre pays. En 2012, la Confrérie des gardians fêtera ses... 500 ans.
 
Partager cet article

La vache Picarde : race ou population bovine ?

Publié le par lesbiodiversitaires

Coincée entre deux grandes races laitières, la Picarde est une vache qui a su résister à ses grandes voisines jusqu’aux abords de la Seconde guerre mondiale. Ensuite, et comme beaucoup d’autres, elle a disparu, emportant avec elle ses mystères…
 
Jusqu’au milieu du XXe siècle, le nord de la France est peuplé principalement par la race Flamande, considérée alors comme la meilleure laitière. Cette race, dont le berceau se situe autour de Bergues, Cassel et Hazebrouck, Nord. C’est la vache de la région des moëres et de wateringues de la Flandre maritime et de la Flandre intérieure. On la rencontre aussi dans le Pas-de-Calais et dans une bonne partie de la Picardie.
 
Une race, plusieurs populations
Autrefois cette grande race laitière était subdivisée en plusieurs populations, très semblables et qui n’avaient de différent que le nom qu’on leur donnait dans telle ou telle région. Ainsi, distingue-t-on au XIXe siècle les variétés Berguenarde, Casseloise et Bailleuloise qui ne sont en fait que des synonymes de la Flamande dite « originelle ». Elles forment le « noyau dur » de la race.
 
photo-1
Type de vache Flamande « originelle », années 1920.
 
photo-2
Type de vache Flamande actuelle. L’immense majorité des animaux ont entre 20 et 30% de sang Rouge danois. On appelle d’ailleurs aujourd’hui la race Rouge flamande.
 
 
Plus on s’éloigne de cet épicentre, plus les animaux ne sont plus tout à fait dans le standard de la Flamande. Ainsi parle-t-on de la Saint-Polaise (ou Saint-Poloise) de la Boulonnaise, de la Namponnaise, de la Bournaisienne, la Guisarde ou encore de l’Artésienne. Nous ne rentrerons pas dans le détail de ces variétés (ou sous-races ou encore populations) dont nous avons parlé dans le livre A nos vaches. Elles sont toutes assez proches de la Flamande « originelle », bien que souvent, moins bien conformées, plus petites, et d’un pelage un peu différent.
Deux populations se distinguent pourtant de la grande sœur flamande. D’une part la Maroillaise, belle vache originaire de la région de Maroilles, et la Picarde qui nous intéresse aujourd’hui.
 
photo-3
Type de vache Maroillaise (années 1920).
 
 
La Maroillaise était plus fine, un peu moins laitière mais plus beurrière que la Flamande. Elle a été anéantie par la Première guerre mondiale et remplacée ensuite par la Flamande, la Bleue du Nord et la Hollandaise (l’ancêtre de la Prim’Holstein actuelle).
La plupart de ces variétés ont disparu à l’aube du XXe siècle, fondues dans la race Flamande.
 
 
Picarde : carte d’identité
La Picarde se rencontrait dans la région comprise entre les vallées de l'Oise et de la Somme, de Compiègne à Amiens, de Beauvais à Abbeville. Elle est de taille moins élevée que la Flamande, le dos un peu vouté, les hanches peu saillantes, la cuisse peu musclée, la queue attachée bas. La concavité du profil est plus prononcée. La tête plus grossière. Les cornes sont de taille moyenne, plutôt courtes, dirigées régulièrement en avant et disposées en couronne, jamais en crochets, plus relevées et « ouvertes » que celles de la Flamande.
 
photo-4
Type de vache Picarde, dite (déjà) « améliorée ». Somme 1903. La conformation rappelle celle de la flamande. On note la présence de blanc au front et à la base de la joue.
 
C’est la robe qui est intéressante. Elle n’est totalement acajou comme chez la Flamande (à ce propos, cette dernière a longtemps possédé du blanc à la tête, aux ars et au ventre. Ces vaches étaient dites "barrées" et on a cherché à éliminer cette robe dès le début du XXe siècle). La robe est donc en général d’un rouge plus clair, plus ou moins envahie de blanc, pouvant aller jusqu’à un pie-rouge ou un rouge-pie.
Généralement le blanc sur la tête forme une marque frontale assez étendue et deux marques allongées sur les joues. Chez certains animaux, les taches sont formées d'un mélange de poils blancs et rouges inégalement répartis rappelant la robe "fleur de pêcher" de la race Durham. On a donc des animaux qui se distinguent nettement de la Flamande.
 
photo-5
Vache Picarde assez caractéristique. Le blanc est visible au front et aux joues (sous formes de marques allongées).La conformation est celle d’une Flamande et non d’une Normande.
 
photo-6V
ache Picarde au pelage pie(-rouge).La robe est dite « pigaillée » (comme chez la Bordelaise) ou encore en « fleur de pêcher » comme chez la Durham (Shorthorn).
 
 
Comme les autres populations autour de la Flamande, la Picarde est moins bonne laitière que cette dernière.
 
Prise en étau
Si l’aire de répartition de la Picarde est bordée au nord par celle de la Flamande, elle est en contact au sud avec une autre grande race laitière, la Normande. La concurrence est donc rude pour cette population bovine. D’autant que, dès la seconde moitié du XIXe siècle la Normande progresse vers la Picardie et l’Ile-de-France. L’importation de taureaux flamands « purs » est importante au début du XXe  siècle, notamment pour l’amélioration du cheptel picard. Dès les premières décennies de ce nouveau siècle, apparaît également la Hollandaise, si bien que la Picarde se trouve confrontée à non plus 2, mais 3 races concurrentes. Les croisements d’absorption s’accélèrent ; la Picarde diminue rapidement et l’on peut considérer que les animaux de ce type sont devenus très rares à l’aube de la Seconde guerre mondiale. Celle-ci achèvera de la faire disparaître et les derniers animaux picards ont probablement disparu au plus tard dans les années 1950.
Il n’y a jamais eu de recensement particulier de cette population bovine picarde.
 
photo-7
Groupe de génisses Picardes. On note l’hétérogénéité du troupeau. L’animal au premier plan à gauche a peut-être du sang « Hollandais », tandis que l’avant-dernier à droite, a une tête dont le motif rappelle celui de la Normande.
 
 
Mais qu’était donc la Picarde ?
Avec sa disparition, la Picarde a emporté avec elle ses secrets. En effet, la littérature zootechnique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe est assez ambiguë et souvent paradoxale à son sujet.
Pour certains auteurs, la Picarde s’inscrit dans une sorte de cline au sein d’une seule et même population flamande. La transition est insensible entre cette population et l’Artésienne puis la Berguenarde. Il doit en être d’ailleurs de même avec la Saint-Polaise ou la Boulonnaise.
Pour d’autres, la Picarde serait un type transitionnel entre la Flamande pure et la Normande. Il est vrai que l’on voit, sur d’anciens documents, des animaux qui présentent à la fois des caractéristiques de la Flamande, mais aussi de la Normande, notamment avec une tête courte, épaisse et une conformation générale qui rappelle cette race. De même, il y a une tendance au croisement entre Picarde et Normande vers le nord de Soissons et autour de Laon, dans l’Aisne. Même chose autour de la baie de Somme, mais aussi dans l'Oise. Et sans doute jusqu’aux portes de Paris. D’anciens documents montrent, une fois encore, des animaux de type « Picard » au nord de la capitale et notamment en Seine-et-Marne.
 
photo-8
Sur cette carte postale ancienne prise en Seine-et-Marne, on distingue un vache Picarde (à gauche) et un animal sans doute croisé Hollandais, à la robe mouchetée comme certaines Picardes (et la Bordelaise actuelle).
 
 
A un type intermédiaire fixé depuis longtemps entre Normande et Flamande sont peut-être venus s’ajouter, au passage au XXe  siècle, des croisements intentionnels directement entre ces deux races, conduisant à des animaux de première génération, ressemblant peu ou prou à des Picardes. Dans le même temps se sont produits des croisements d’absorption de ces deux races avec la Picarde. Ainsi le type fixé « Picard » s’est-il dilué dans les deux races dominantes.
 
photo-9
Au marché aux bestiaux d’Amiens, en 1917, on distingue bien des animaux flamands, des Normands, sans doute une Hollandaise, tandis qu’il est probable que d’autres soient de type « Picard ».
 
   
Enfin, il ne faut pas perdre de vue que la Hollandaise fait une entrée en force dans le nord de la France dès les premières décennies du XXe siècle. C’est elle qui va peu à peu se substituer à la Flamande (et plus tard, en partie, à la Normande). Là encore des croisements se produisent et quelques animaux, sur d’anciennes photographies, laissent à penser qu’il y a eu un métissage complexe entre les 3 races (et aussi avec la Picarde locale).
 
photo-10.jpg
Les croisements se produisent à grande échelle au début du XXe siècle. Sur cette photo, on voit des Flamandes (ou animaux proches), mais aussi ce qui est sans doute un croisement entre Flamande (Picarde) et Hollandaise (au centre) ainsi qu’un animal visiblement croisé Flamande (Picarde) x Normande (à droite) avec une tête massive, typique de cette dernière race.
 
 
Aujourd’hui la Picarde est reconnue historiquement comme une population locale de la race Flamande. De toutes les variétés connues de cette race, elle était sans nul doute la plus différenciée. C’est aussi celle qui a disparu la dernière. Se serait-elle maintenue qu’elle aurait peut-être pu prétendre au statut de « race ». Mais le destin en a voulu autrement.
 
photo-11.jpg
Vaches Picardes, Somme, vers 1895.Le type « Picard » se distingue bien de la Flamande « originelle ».
 
  photo-12
Vache de type « Picard » (fin du XIXe siècle). On retrouve chez tous ces animaux une similitude de conformation et de pelage qui plaide sinon pour le statut de race, du moins pour celui de population bovine bien fixée.
   
 
À quoi ressemblerait la Picarde en 2011 ?
Les photos anciennes nous donnent une idée de ce qu’était la Picarde. Mais ce ne sont que des documents en noir-et-blanc. Voici, ci-dessous quelques photos d’animaux croisés Prim’Holstein et Normand, pas tous de première génération. Elles ressemblent, pour quelques animaux, à ce que devaient être certaines Picardes. On ne reconstitue pas de races disparues, évidemment, puisque leurs gènes disparaissent avec elles, mais on peut parfois, et avec un peu d’imagination, avoir une idée de ce à quoi ressemblaient des animaux disparus.
 
 photo-13 photo-5
Comparaison entre une vache Picarde (à droite) et un animal croisé Normand x Holstein actuel (sans doute pas de première génération). Il y a tout de même une certaine similitude !
 
 
Bibliographie
    
- Avon L. (2008). La race bovine Flamande. Fiche technique, Institut de l'Elevage, Paris.
- de Lapparent H. (1914). Etude sur es races bovines. Variétés et croisements de l'espèce bovine en France. Extrait du Bull. mens. De l'Office des Renseignements agricoles,136pp.
- Dechambre  P. (1922). Traité de zootechnie - tome III : les bovins. Ch. Amat, Paris, 634pp.
- Diffloth P. (1908). Races bovines - France et Etranger. Librairie J-B Baillière et fils, Paris.
- Fanica O. (2007). Mutations de l'élevage bovin en Gâtinais et en Brie. Ethnozootechnie 79 : 167-185.
- Felius M. (1995). Cattle Breeds : an encyclopedia. Misset, Doetinchem, 800p.
- Joigneaux P. (1863). Le Livre de la Ferme et des maisons de campagne, tome 1, Agriculture proprement dite - Zootechnie. Librairie Agricole de la Maison Rustique, 1012p.
- Jumel M. (1903). La sous-race picarde de la race bovine flamande. Rapport de zootechnie, Ecole d'agronomie de Grignon, np.
- Lefour M. (1857). Race Flamande in Description des espèces bovine, ovine et porcine de la France - tome I - espèce bovine. Imprimerie impériale,  216p.
 
Partager cet article

Biodiversité parasitaire : puces, moustiques, tiques et autres taons…

Publié le par lesbiodiversitaires

attaque de moustique - ER - CopieAlors que nous pestions après des piqûres de puce, un ami nous rappelait que les parasites ont le droit de vivre, et qu’ils font aussi partie de la biodiversité.
 
Biodiversité que nous connaissons bien, puisque les tiques, moustiques, puces, acariens, aoûtats, taons et autres suceurs de sang font régulièrement partie de nos balades dans la nature ou dans les fermes, un peu trop d’ailleurs à notre goût.
Bien sûr, les parasites font partie intégrante de la biodiversité. Le souci reste leur petite propension à nous refiler leurs sordidités, plus ou moins graves (peste pour la puce du rat – il en reste des foyers en Afrique et en Asie -, maladie de Lyme pour les tiques, paludisme pour les moustiques, etc.).
 
D’où l’importance de nous en protéger (en voyage comme chez soi) et de nous en tenir éloigner au maximum.
Pour cela, deux options : leur balancer de façon radicale un maximum de produits chimiques hyper polluants, ce qui reste indispensable, quoi qu’on en dise, dans les zones d’Afrique où sévit le paludisme, ou bien, quand le problème est plus anecdotique, recourir aux méthodes naturelles.
Pour les puces, il faut savoir deux choses :
1. Les puces détestent l’odeur des chevaux (la bonne nouvelle !). Et c’est bien vrai, il n’y a pas de puces dans les écuries. Certains cavaliers font dormir leurs chiens sur des tapis de selle pour qu’ils n’aient pas de puces.
 
barbexespagnol Maroc ER
Le cheval a une odeur anti-puces ! (entier croisé barbe-espagnol)
 
2. Les puces détestent l’odeur de la lavande. Quelques gouttes d’huile essentielle de lavande sur des vêtements ou de la literie les font décamper, et en plus ça sent bon !
L’aspirateur et le cirage des parquets sont également des moyens de lutte éprouvés.
Pour les insectes volants, moustiques ou taons, la prévention est plus facile, car les bestioles sont moins discrètes. Un bon oreiller claqué contre un mur est un remède universel, mais il existe aussi des moustiquaires et des parfums naturels (citronnelle) permettant de passer des nuits à peu près tranquilles. Le moustique et son bzzzzzz tellement énervant a beau être sournois, il reste un adversaire contre lequel on peut lutter.
 
  boutons de puces
  Aïe aïe aïe (boutons de puce)
 
Les aoûtats sont déjà plus difficiles à cerner, mais des mesures de précaution (ne pas marcher pied nu dans l’herbe durant l’été, essayer de ne pas s’asseoir par terre, enfiler ses chaussettes sur son pantalon, ou mieux, des bottes) permettent de limiter le problème. Il faut aussi bien laver les vêtements infestés, à plus de 60°C (idem pour les puces). Les mêmes précautions sont à prendre contre les tiques, surtout quand on se balade en forêt. Toute morsure de tique doit être attentivement surveillée car la maladie de Lyme, très grave, est en progression en France.
 
Pour finir, un parasite de plus en plus fréquent aujourd’hui est la punaise de lit. Elle se répand dans notre pays et dans toutes les grandes villes (réchauffement climatique). Nous en avions malencontreusement ramenées d’un voyage en Syrie (elles adorent les valises). Elles nous ont mystérieusement piqué la nuit durant des mois (quel était cet ennemi invisible ?) jusqu’à ce qu’une amie naturaliste nous mette sur la piste des punaises. On les a trouvées à la lampe frontale, bien cachées dans des interstices du lit.
Face à ce genre de bestioles ultra-résistantes (ne s’écrasent pas, ne s’affament pas, survivent quoi qu’il arrive…), on est bien obligé, pour sauver sa peau, d’y aller à l’arme lourde achetée en pharmacie (bombe insecticide). Car ce n’est pas un peu de citronnelle ou de lavande qui leur font peur… et mieux vaut agir très vite avant que ces petites dames ne se reproduisent.
 
Conclusion : la biodiversité parasitaire oui, les boutons, non (comment ça il y a une contradiction ?). Ces petites bêtes ont le droit de vivre mais on préfère qu’elles se fassent le plus discrètes possible quand même !
 
Chien Maroc ER
  Sac à puces en action (chien errant marocain)

Publié dans Biodiversité sauvage

Partager cet article

<< < 10 20 21 22 23 24 25 > >>