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Costa Rica : l’étonnant ballet des colibris

Publié le par lesbiodiversitaires

Colibri de Rivoli mâle.

Colibri de Rivoli mâle.

Un voyage ornithologique au Costa Rica, en janvier 2018, a été l’occasion d’observer de nombreuses espèces de colibris dans d’excellentes conditions. Les capacités de vol que possèdent ces oiseaux minuscules sont incroyables !

Colibri de Rivoli mâle en vol puis faisant des acrobaties sur une branche. Colibri cyanote mâle. Colibri flammule. Colibri de Rivoli mâle immature.
Colibri de Rivoli mâle en vol puis faisant des acrobaties sur une branche. Colibri cyanote mâle. Colibri flammule. Colibri de Rivoli mâle immature.
Colibri de Rivoli mâle en vol puis faisant des acrobaties sur une branche. Colibri cyanote mâle. Colibri flammule. Colibri de Rivoli mâle immature.
Colibri de Rivoli mâle en vol puis faisant des acrobaties sur une branche. Colibri cyanote mâle. Colibri flammule. Colibri de Rivoli mâle immature.
Colibri de Rivoli mâle en vol puis faisant des acrobaties sur une branche. Colibri cyanote mâle. Colibri flammule. Colibri de Rivoli mâle immature.

Colibri de Rivoli mâle en vol puis faisant des acrobaties sur une branche. Colibri cyanote mâle. Colibri flammule. Colibri de Rivoli mâle immature.

Chez les colibris, on a l’impression que tout n’est que record. Leur taille d’abord, puisqu’il s’agit des plus petits oiseaux du monde dont le record est détenu par l’un d’eux – le colibri d’Elena qui ne pèse que… 1,5 à 1,9 g !

Question vol, ces oiseaux sont aussi des champions : jusqu’à 200 battements d’aile par… seconde. Le vol sur place n’a plus de secret pour eux. Voler de haut en bas non plus, pas plus que voler à reculons. Tout est bon dès lors qu’il s’agit de butiner les fleurs. Pour accomplir tout cela, il faut avoir un cœur solide et qui bat vite. Chez certains colibris, il peut atteindre 1260 battements par minute.

Des petites plumes efficaces ! Colibri cyanote mâle.Des petites plumes efficaces ! Colibri cyanote mâle.

Des petites plumes efficaces ! Colibri cyanote mâle.

Colibri cyanote mâle.

Colibri cyanote mâle.

Petit mais costaud. Et bagarreur. Les colibris sont souvent très territoriaux et ne supportent pas de concurrence sur leur territoire. Agressifs, les mâles peuvent se battre – en vol bien entendu - pour séduire une femelle. Mais tout le monde se retrouve autour d’arbustes en fleurs, où quelques cris retentissent parfois, pour savoir à qui sera la fleur. Les colibris sont nectarivores et ils atteignent le cœur des fleurs grâce à leur longue langue.

Costa Rica : l’étonnant ballet des colibris
Colibri cyanote mâle qui gonfle les plumes de ses joues.

Colibri cyanote mâle qui gonfle les plumes de ses joues.

Colibri de Rivoli femelle, sous la pluie.

Colibri de Rivoli femelle, sous la pluie.

Leur plumage est souvent constitué de plumes iridescentes. C’est-à-dire qu’elles prennent la lumière, offrant des reflets métalliques du plus bel effet.

Colibri insigne mâle

Colibri insigne mâle

Colibri insigne mâle. En fonction de la position de l'oiseau, ses couleurs changent complètement.

Colibri insigne mâle. En fonction de la position de l'oiseau, ses couleurs changent complètement.

Colibri insigne mâle, encore d'autres couleurs !

Colibri insigne mâle, encore d'autres couleurs !

Colibri insigne mâle. Sous le soleil ou sous la pluie, les couleurs ne seront pas non plus les mêmes.

Colibri insigne mâle. Sous le soleil ou sous la pluie, les couleurs ne seront pas non plus les mêmes.

La même espèce sous son autre profil.

La même espèce sous son autre profil.

On peut rencontrer des colibris à haute altitude. Pour se protéger des nuits fraiches, voire froides, les colibris peuvent, la nuit venue, tomber en léthargie. Ce qui leur permet de maintenir un métabolisme correct dans des conditions difficiles et malgré un poids plume.

Colibri de Rivoli mâle.

Colibri de Rivoli mâle.

On compte quelques 340 espèces de colibris dans le monde, l’essentiel en Amérique centrale et du Sud (quelques espèces en Amérique du Nord). Une bonne partie des espèces se trouvent dans la cordillère des Andes. Au Costa Rica, il y a tout de même 50 espèces.

Attention : il n’y a pas de colibris en France (et en Europe). Les observations rapportées de « colibris » concernent toujours un papillon au vol et au comportement de colibri : le moro-sphinx.

Quelques autres colibris du Costa Rica

Coquette d'Hélène, mâle.

Coquette d'Hélène, mâle.

Mango de Prévost, contre-jour.

Mango de Prévost, contre-jour.

Colibri à tête violette mâle.

Colibri à tête violette mâle.

Colibri de Cuvier.

Colibri de Cuvier.

Colibri flammule.

Colibri flammule.

Ariane à ventre gris.

Ariane à ventre gris.

C’est un émerveillement d’observer ces petits oiseaux voler et pirouetter entre les fleurs, mais ils se méritent ! Il faut avant cela affronter la moiteur étouffante de la jungle, les pluies tropicales qui peuvent durer des jours, passer outre de nombreuses vipères venimeuses et les gros scorpions de 10 cm qui viennent se cacher dans les chaussures, le sac photo et sous les lits !

 

La venimeuse vipère de Schelgel est une prédatrice du colibri. Elle est fréquente dans la jungle.

La venimeuse vipère de Schelgel est une prédatrice du colibri. Elle est fréquente dans la jungle.

Photographier les colibris, quelques conseils 

Quand on découvre les colibris pour la première fois, on pense que c’est impossible de les photographier, tellement ils vont vite. C'est en effet un des oiseaux parmi les plus difficiles à mettre dans un objectif !

Une astuce, bien avant le voyage, c’est de s’entraîner en Europe sur un insecte, le moro-sphynx ! Le moro-sphynx, c’est petit, ça zigzague dans tous les sens ! Selon votre agilité, ça vous prendra un bon bout de temps avant de faire de jolies photos de cet insecte. Mais une fois que vous savez bien photographier un moro-sphynx, vous vous sentirez à l’aise avec la façon de voler ultra rapide des colibris. Les changements abrupts de direction vous surprendront moins.

Ensuite, il y a deux options : garder les ailes floues (le plus simple avec les colibris !) pour donner cet effet de vitesse extrême qui correspond à ce qu’on voit (à l’œil, on ne voit pas battre les ailes, ça va trop vite). Ou bien figer les ailes, pour en voir tous les magnifiques petits détails. Et pour ça, une solution : se mettre en mode AV, ouverture 5.6 puis pousser à fond les ISO (facilement jusqu’à 4000, selon les appareils – ici photos réalisées avec un Canon 7D). Bien sûr la photo va prendre du grain mais la vitesse de vol du colibri est telle qu’il n’y a pas beaucoup de choix.

Moro-sphynx photographié en France, un insecte souvent confondu avec un colibri !

Moro-sphynx photographié en France, un insecte souvent confondu avec un colibri !

Et un vrai colibri flammule !

Et un vrai colibri flammule !

Autre solution : attendre qu'il se pose ! ici colibri de Rivoli femelle, le bec plein de pollen ! Trouver un endroit avec une mangeoire à colibris est une autre bonne façon de les observer de plus près, même s'il ne faut pas trop encourager ces mangeoires remplies d'eau sucrée, les colibris devenant vite addicts au sucre !

Autre solution : attendre qu'il se pose ! ici colibri de Rivoli femelle, le bec plein de pollen ! Trouver un endroit avec une mangeoire à colibris est une autre bonne façon de les observer de plus près, même s'il ne faut pas trop encourager ces mangeoires remplies d'eau sucrée, les colibris devenant vite addicts au sucre !

Une dernière pour la route : les petites pattes vues de dessous ! (mâle de colibri cyanote)

Une dernière pour la route : les petites pattes vues de dessous ! (mâle de colibri cyanote)

Tous ces colibris ont été observés dans le cadre d’un voyage de la Ligue pour la Protection des Oiseaux et d’Escursia-voyages scientifiques. Guide ornithologique : P. J. Dubois, photographies : E. Rousseau

Publié dans Biodiversité sauvage

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Trois poules et un poussin

Publié le par lesbiodiversitaires

Comportement étonnant chez les poules ! Au poulailler, trois poules de race sérama ont décidé d’élever à trois… un seul poussin !

Trois poules et un poussin

Quand la première poule s’est mise à couver, les deux autres ont décidé d’être solidaires : elles se sont mises à couver les œufs aussi, toutes les trois, dans le même nid !

 

En théorie il ne faut pas trop les laisser faire ce genre de choses, mais avec ces trois-là, très copines, il y avait peu de risques de conflit.

 

Au bout de 21 jours, un poussin est né. 1 seul poussin pour 3 mères poules !

Trois poules et un poussin

Et tout se passe très bien. Les trois poules veillent ensemble sur leur petit (qui plus est adoptif, car issu d'un œuf d'une autre race). Et lui se partage naturellement entre ses trois mères, allant dormir sous l’une, puis l’autre, puis l’autre...

 

Par ailleurs, dans la rubrique faits divers du poulailler, il y a plus d'un mois, deux poules ont été déposées mystérieusement dans le jardin !! Si la personne qui a fait ce don ou cet abandon lit le blog, eh bien… merci !! Elles sont très rigolotes !

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Questionnements autour du cheval de Przewalski

Publié le par lesbiodiversitaires

Devant le nombre de messages reçus (merci à tous) concernant l’annonce, suite à des analyses génétiques, que le cheval de Przewalski ne serait en fait pas une espèce complètement sauvage mais un cheval qui aurait subi, il y a quelques millénaires, un tout début de domestication, apportons une petite précision.

Chevaux de Przewalski (Mongolie)

Chevaux de Przewalski (Mongolie)

Une telle annonce provoque évidemment des réactions et des débats.

Le communiqué annonçant la découverte génétique, ici, explique qu'il ne faudrait finalement plus considérer ce cheval comme un animal sauvage, et qu'il n'existerait donc plus de chevaux réellement sauvages sur Terre.

Mais d'autres scientifiques nuancent cette étude. Par exemple l’éthologue équine Hélène Roche, qui travaille avec les chevaux de Przewalski, témoigne ici du fait que certains scientifiques ne sont pas forcément d'accord avec l'interprétation de ces premiers résultats, et rappelle que le Przewalski reste un animal très différent des chevaux domestiques, avec notamment un nombre de chromosomes qui n'est pas le même.

 

Poulain de Przewalski (Mongolie)

Poulain de Przewalski (Mongolie)

Il faut savoir en effet que tout ce qui touche à question de la domestication, c’est très compliqué : les hypothèses changent régulièrement, quel que soit l’animal (concernant le chien, ce n’est pas simple non plus).

En soi, il ne serait pas absolument surprenant qu’il n’existe plus d’espèce de chevaux sauvages sur Terre. L’auroch, l’ancêtre de la vache, a par exemple disparu (du fait de la chasse). Les aurochs actuels ne sont que des reconstitutions artificielles.

 

Pour le cheval, attendons donc d’en savoir un peu plus sur ce sujet, de lire les futurs articles qu’une telle découverte va forcément susciter. Admettons que les scientifiques se mettent tous d’accord sur le fait que le Przewalski soit en effet une espèce qui, il y a des millénaires, ait pu être un tout petit peu domestiquée/apprivoisée par l’homme. Il n’en resterait pas moins un animal à préserver absolument et quand même très éloigné de nos chevaux domestiques actuels.

Et le cheval de Przewalski est un animal sauvage, quoi qu’il en soit, il ne s’apprivoise pas mieux qu’un loup ou qu'un zèbre : l’homme ne peut rien faire de lui. Il doit continuer d’être préservé au même titre que n’importe quelle espèce sauvage. Il ne faudrait surtout pas que cette découverte soit une porte d’entrée pour que certains considèrent le Przewalski comme un animal moins intéressant !

Cheval de Przewalski (Mongolie)

Cheval de Przewalski (Mongolie)

Et pour aller plus loin dans la réflexion, par ailleurs, si nos chevaux domestiques sont en effet les derniers représentants d’une espèce totalement disparue, c’est une raison de plus pour essayer de préserver les races à petits effectifs, et conserver un patrimoine génétique le plus large possible. Comme on le répète régulièrement, chaque race d’animaux domestique qui disparaît, c’est un pan génétique de l’espèce qui disparait. Et qui donc s’affaiblit.

Rappelons par exemple que certaines races de vaches industrielles rencontrent aujourd’hui d’énormes soucis de fertilité et de reproduction… et on va être bien content, à l’avenir, de pouvoir les "retremper" avec un peu de sang de races à petits effectifs pour pouvoir continuer d’avoir des vaches. La question de cette préservation du patrimoine génétique de l’espèce est essentielle.

L’homme est pour le moment encore dans un sentiment de toute puissance qui le déconnecte de la réalité des ressources de la planète (le fort déclin du pétrole est estimée à 2030-2040) et lui fait penser qu’il trouvera toujours des solutions à tous les problèmes qu’il crée. Mais qui dit qu’il n’aura pas besoin un jour, dans un futur plus ou moins lointain, à nouveau, de l’énergie animale, de la force de traction et de portage du cheval, qui lui ont été utiles durant des millénaires ? Qui dit que nous n'auront pas besoin, dans un futur lointain, de redevenir en partie cavaliers ? Qui dit que le futur de l’homme ressemblera à la science-fiction ? Peut-être que le Millenium falcon de l’avenir, en fait, ce sera un poney shetland !

Alors si un jour nous avions à nouveau besoin des chevaux, nous serions bien heureux d’avoir pu préserver au maximum le patrimoine génétique de leur espèce !

 

Et si on faisait une analyse génétique de Bilbo, la bestiole poilue qui essaie de se faire passer pour un poney shetland, récupérée l’année dernière chez un papi de la région ? On découvrirait peut-être qu’il s’agit d’un chaînon manquant entre les chevaux, les ours et les bœufs musqués ??

 

 

Même domestique, on peut avoir l'air préhistorique !

Même domestique, on peut avoir l'air préhistorique !

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Amoco Cadiz : demain soir sur la chaîne National géographic

Publié le par lesbiodiversitaires

Pour ceux qui voudraient se souvenir de l’histoire de la marée noire de l’Amoco Cadiz, Elise en parle, en tant que militante de l'association de protection de la nature Bretagne Vivante, dans un documentaire sur ce sujet qui sera diffusé demain soir, vendredi 16 mars, à 20h40, sur la chaîne National Géographic, pour les 40 ans de l’échouage. L’occasion d’un dialogue avec le navigateur Loïck Peyron, et d’un retour sur des lieux d’enfance...

Tournage sur les dunes Saintes-Marguerite, Finistère Nord. Photo : Simon Kessler

Tournage sur les dunes Saintes-Marguerite, Finistère Nord. Photo : Simon Kessler

Le 22 novembre dernier, j’ai passé la journée sur les dunes Sainte-Marguerite, près de l’Aber Benoit. Pour un documentaire pour la chaîne National géographic, parmi tous les témoignages recueillis (ostréiculteurs, scientifiques, etc.), je devais pour ma part témoigner de ce que c’était d’être enfant, en vacances, sur les lieux touchés par le naufrage du pétrolier l’Amoco Cadiz. Et des conséquences sur les engagements militants à venir. 

Pour moi, les souvenirs sont lointains et pourtant marquants, je n’avais même pas un an lorsque le navire s’est échoué, mais j'en ai entendu parler toute ma jeunesse. L’Aber Benoit fut un des lieux largement touchés par la pollution. Mes grands-parents y vivaient, à Prat-Ar-Coum.

L’Amoco Cadiz, ce nom résonne au plus profond de ma mémoire. Le souvenir lointain de quelque chose de sale, mais surtout, le souvenir du désarroi des adultes, même des années plus tard. Le souvenir de ma mère, quand je voulais jouer comme tout enfant à faire des pâtés de sable, à creuser dans la vase, qui me disait de faire attention, qu’il y avait sûrement encore du pétrole de l’Amoco Cadiz.

« Mais pourquoi, mais c’est quoi lamococadisse ? », demandai-je, enfant, bien après l'année de l'échouage.

« Oh la la… une catastrophe, un pétrolier qui s’est échoué, qui a tout pollué, une terrible catastrophe. Tu vois ici, avant, le sable, il était tout noir, plein de pétrole ».

Je me rappelle l’émotion dans la voix des adultes, longtemps encore après le naufrage. Peu de Finistériens peuvent prononcer ces mots, l’Amoco Cadiz, sans des résurgences de tristesse, ou de révolte. J’ai grandi en apprenant que les hommes pouvaient considérablement abimer la nature, et qu’après, nous les enfants, il fallait faire attention pour jouer.

Comme beaucoup d’enfants de ma génération, Bretons ou d’origine bretonne, présents toute l’année ou pour les vacances, l’Amoco Cadiz a été le déclencheur d’une prise de conscience, extrêmement jeune, de l’importance de protéger la nature. Nous n’avons pas vécu le naufrage avec des yeux d’adultes, nous étions trop jeunes ou par encore nés, mais nous entendions parler les adultes. Cet événement s’est gravé dans nos subconscients. Et de l’Amoco Cadiz, ici, on en a longtemps parlé.

Avant de croiser, dans le cadre de mon travail à Bretagne Vivante, la route des réalisateurs de ce documentaire qui m’ont demandé de me souvenir de cette émotion-là, je ne m’étais jamais vraiment demandée pourquoi j’avais consacré une partie de ma vie à la protection de l’environnement. Ça me semblait juste une évidence : il fallait le faire. Discuter avec eux, retourner marcher sur ces lieux, en me remémorant mes souvenirs d’enfant, a aussi été une analyse de ma conviction écologique !

Car il y a eu l’Amoco Cadiz. Et, huit ans plus tard, l’explosion de Tchernobyl, et le visage blême de ma mère, stupéfaite.

« Qu’est-ce qui se passe, maman ?

Il y a une grosse centrale nucléaire qui a explosé… en Russie… c’est effroyable… »

C’est comme cela qu’à 9 ans, je suis devenue écolo. Comme beaucoup.

L’Amoco Cadiz comme Tchernobyl sont des événements d’une telle violence qu’ils s’inscrivent désormais dans la mythologie des lieux sur lesquels ils se sont produits. Ils sont gravés profondément dans l’inconscient collectif des populations locales, et ils feront partie de l’imaginaire du futur, pour longtemps.

De telles catastrophes peuvent continuer de se produire, on le sait : Erika, accident nucléaire de Fukushima au Japon, etc. Mais il y a aussi toutes les catastrophes moins visibles mais parfois bien pires encore : disparition des abeilles et de la capacité de pollinisation, surconsommation à l’origine de quasi toutes les dégradations de la planète, réchauffement climatique, etc.

L’homme est assez intelligent pour construire des grands pétroliers, d’énormes centrales nucléaires, et pour aller sur la Lune. Ne pourrions-nous pas, enfin, être désormais assez intelligents pour sauvegarder notre seule et unique toute petite planète ?

Merci à National geo, Loïck Peyron, Josselin Mahot, Fabrice Gardel, Thierry Caillibot, Simon Kessler, et toute l’équipe de tournage pour leur accueil et leur passion à tourner ce film. Documentaire diffusé demain soir vendredi 16 mars à 20h40 !

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L’appel des vaches : les Asturianas de la Montaña (con la vacas de la raza Asturiana de la Montaña)

Publié le par lesbiodiversitaires

Pour vous souhaiter une très bonne année à tous, partons à la découverte d'une race rare ! En cet après-midi d’août 2017, nous suivons Ovidio Beneitez dans la montagne au-dessus de Huergas de Babia, dans les Asturies (Espagne). Rencontre avec une superbe vache.

 

La race Astuariana de la Montaña (qu’il ne faut pas confondre avec l’Asturiana de las Valles, beaucoup plus commune), est une race bovine espagnole à petits effectifs. Elle est présente dans les Asturies depuis des temps immémoriaux et appartient au tronc ibérique châtain (froment). Son histoire et sa morphologie rappellent un peu notre race d’Aubrac. Autrefois, elle avait une triple aptitude : lait, viande et travail. Comme pour beaucoup d’autres races, la traction mécanique a pris le dessus et les bœufs n’ont plus servi à grand-chose. Sauf à l’engraissement pour donner de la viande.  Elle était également utilisée pour faire du fromage et du beurre. Cependant la sélection a conduit les éleveurs à orienter leur production essentiellement sur la viande, si bien que l’Asturiana de la Montaña est devenue aujourd’hui une race strictement allaitante.

L’appel des vaches : les Asturianas de la Montaña (con la vacas de la raza Asturiana de la Montaña)
L’appel des vaches : les Asturianas de la Montaña (con la vacas de la raza Asturiana de la Montaña)
L’appel des vaches : les Asturianas de la Montaña (con la vacas de la raza Asturiana de la Montaña)

La race possède une belle robe froment, avec des extrémités plus charbonnées chez le taureau ; les pattes sont plutôt courtes, bien faites pour aller en terrain accidenté. Elle a une tête plutôt carrée, le front large, les oreilles petites et bien poilues, les muqueuses noires et son cornage  de bonne taille : d’abord incliné vers l’avant, il remonte en s’évasant vers le haut.

L’appel des vaches : les Asturianas de la Montaña (con la vacas de la raza Asturiana de la Montaña)

Ovidio fait partie des éleveurs qui croient en cette race rustique dont la viande est réputée succulente. Elle est aujourd’hui probablement hors de danger, avec 5 700 femelles répertoriées.

L’appel des vaches : les Asturianas de la Montaña (con la vacas de la raza Asturiana de la Montaña)

Ovidio nous emmène en montagne pour les voir. Mais une fois arrivés : rien. Pas la moindre vache visible sur la montagne.

 

Puis il les a appelées.

Des meuglements lointains se sont alors faits entendre, puis les premières vaches sont apparues. Tranquillement :

Enfin moins tranquillement quand Ovidio leur a proposé des gourmandises :

Et franchement au galop pour les retardataires !

L’appel des vaches : les Asturianas de la Montaña (con la vacas de la raza Asturiana de la Montaña)
L’appel des vaches : les Asturianas de la Montaña (con la vacas de la raza Asturiana de la Montaña)

Des vaches aussi gourmandes que sympathiques, et surtout, une magnifique race espagnole à petits effectifs à découvrir !

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Le beurre ensoleillé des Froments du Léon

Publié le par lesbiodiversitaires

Vache Froment du Léon

Vache Froment du Léon

Voici un reportage particulièrement émouvant pour qui connait l'histoire de cet éleveur. Thierry Lemarchand s'est battu de longues années, tentant de sauver, avec le courage, l'humilité et la solitude qui caractérise tous les éleveurs de races à petits effectifs, l'extraordinaire et rarissime vache bretonne Froment du Léon. En dehors des sentiers battus de l'agriculture, il est enfin parvenu à commercialiser son magnifique beurre doré, un produit unique et savoureux, qui était considéré comme un produit de luxe au début du XXe siècle, à la couleur d'un jaune vif incomparable.

Bravo Thierry, ta persévérance donne de l'espoir, et longue vie au remarquable beurre des Froments du Léon ! (en mouillette sur un œuf à la coque de poule marans fraîchement pondu... hummm, ça fait rêver !)

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Solstice d'hiver et derniers crépuscules

Publié le par lesbiodiversitaires

Bécasseau sanderling

Bécasseau sanderling

Quelques images crépusculaires, puisque l’année touche à sa fin. C’est aujourd’hui le solstice d’hiver : le jour le plus court, la nuit la plus longue.

Solstice d'hiver et derniers crépuscules

Ces jours de froid et de nuit noire sont, qu’on le veuille ou non, des périodes de transition et de questionnements pour les humains. Dans quelques jours, une année de plus se sera écoulée. Peut-être est-ce pour cela que nous nous griserons, toute cette semaine, de marrons glacés et de surconsommation, pour éviter de nous poser trop de questions ?

Roche sèche, Erdeven.

Roche sèche, Erdeven.

Et les animaux ? Que ressentent-ils ? Il y a tous ces lâcheurs d’oiseaux migrateurs qui sont partis passer l’hiver sous les tropiques, nous plantant là avec nos écharpes et nos bonnets. Il y a les lézards et les amphibiens, qui, ne voulant entendre parler de rien, se sont cachés dans un petit coin où ils roupillent en attendant les beaux jours.

Les derniers rayons du jour sur une mouette de Franklin (Fouesnant, novembre)

Les derniers rayons du jour sur une mouette de Franklin (Fouesnant, novembre)

Mais ceux qui sont là, qui affrontent le froid et les petits matins givrés ? La chouette hulotte cachée dans son arbre, qu’on ne voit pas. Le renard dont les yeux brillent fugacement au fond du pré. Les bécasseaux qui vont et viennent le long des plages, jouant avec l’écume. Que font-ils de toutes ces nuits ? Est-ce qu’elles leur semblent longues ?

Bécasseaux variables, dérangés par une aile volante (Erdeven)
Bécasseaux variables, dérangés par une aile volante (Erdeven)

Bécasseaux variables, dérangés par une aile volante (Erdeven)

C’est le solstice d’hiver, l’entrée officielle dans l’hiver. Et, comme chaque année, c’est une très bonne nouvelle. Car à partir de demain… les jours rallongent !

Pingouin torda dans les reflets du port (Fouesnant)

Pingouin torda dans les reflets du port (Fouesnant)

Publié dans Biodiversité sauvage

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Des goélands et des étoiles de mer

Publié le par lesbiodiversitaires

Des goélands et des étoiles de mer

Samedi 16 décembre, Etel (Morbihan). Des centaines de goélands argentés sont réunis au niveau de la barre. Jamais il n’y en a autant à cet endroit. Mais que font-ils ?

Des goélands et des étoiles de mer

A y regarder de plus près, ils sont en train de pêcher, activement. Et à regarder encore plus près, ils se font une orgie d’étoiles de mer. Il y a eu du vent, beaucoup de vent, les jours précédents. Et ce gros temps a ramené dans l’embouchure de la rivière d’Etel énormément d’étoiles de mer. Les goélands les ont trouvées, et se sont passés le mot. C’est un festin !

C'est que ce n'est pas facile à gober, une étoile de mer !
C'est que ce n'est pas facile à gober, une étoile de mer !
C'est que ce n'est pas facile à gober, une étoile de mer !
C'est que ce n'est pas facile à gober, une étoile de mer !

C'est que ce n'est pas facile à gober, une étoile de mer !

C'est le moment d’observer des comportements amusants.

Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer

D’abord, les courses-poursuites pour se piquer les étoiles de mer ! Les tentatives de vol aboutissent quelques fois. On se croirait dans un poulailler, quand toutes les poules poursuivent celle qui a trouvé un ver de terre.

Des goélands et des étoiles de mer

Un ou deux goélands prennent en chasse celui qui a pêché une étoile de mer, parfois jusqu’à lui faire lâcher prise. Cris, pugilat, les batailles sont âpres. Voici deux exemples de poursuite :

Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi

Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi

Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !
Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !
Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !
Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !
Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !
Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !

Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !

Face à ces vols répétés, certains goélands ont mis en place une stratégie pour manger tranquillement, observée de nombreuses fois ce matin-là. Celui qui a trouvé une étoile de mer se dépêche de l’emmener sur une petite lagune où d’autres goélands sont déjà en train de manger leur propre étoile de mer. Ils vont gober ainsi chacun la sienne, les uns à côté des autres.

Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer

Pas bête ! En effet, en allant s'en régaler à côté d’un autre qui mange déjà, moins de risque de se faire piquer son butin qu’en essayant de la déguster à côté des copains bredouilles et envieux !

Publié dans Biodiversité sauvage

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Les professionnels de la réparation : espèce en voie de disparition ?

Publié le par lesbiodiversitaires

Une bonne nouvelle : des gens qui réparent les objets près de chez vous, ça existe encore ! Oui mais ils ne sont plus si nombreux. Informatique, couture, électroménager, meubles, vélos, il faut faire vivre ces métiers qui œuvrent pour la protection de la planète et de sa biodiversité, et qui, en nous permettant de réparer, nous rendent plus libres !

Ne laissez pas disparaître ces petits métiers, souvent méconnus et broyés par la grande distribution qui nous incite à changer, jeter, acheter du neuf et produire des déchets. Pour les trouver, vous pouvez notamment consulter des annuaires sur internet, comme celui-ci pour la Bretagne : http://www.crma.bzh/annuaire-fiches-reparacteurs

Les Répar’Acteurs de Bretagne s’engagent à privilégier la réparation à la vente. A tester notamment pour les Morbihannais, à Auray, un gars qui recharge les cartouches d’encre des imprimantes (oui oui, quand votre cartouche d’encre est vide il n’est pas nécessaire d’en racheter une neuve, il suffit de la recharger en encre –ça semble logique sauf qu’il faut trouver la personne pour le faire ! Et que les grandes enseignes nous incitent à les changer entièrement alors que c’est inutile). Il répare également les imprimantes. Son adresse : Auray cartouches, 13 avenue du général de Gaulle à Auray.

Tous ces gens qui réparent œuvrent pour la préservation de l’environnement, de la biodiversité, pour le bon sens, pour une consommation moins aberrante : il faut les soutenir ! Ils sont souvent oubliés dans leurs petits magasins et certains pensent mettre la clé sous la porte. C’est au consommateur, c'est-à-dire nous tous, de changer ça !

Et si la question de la surconsommation vous parle, n'oubliez pas de soutenir la jeune association HOP - Halte à l'obsolescence programmée, qui fait justement une de ses dernières campagnes sur la question des imprimantes. Il suffit de faire part de votre soutien ici (c'est gratuit et ça n'engage en rien) pour que leur force de lobbying soit plus forte :

http://www.halteobsolescence.org/rejoignez-nous/

Cette asso, c'est une bande de gens courageux de s'attaquer juridiquement à tout ça. C'est important de leur donner du poids. Leur dernière action :

Les professionnels de la réparation : espèce en voie de disparition ?
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Thierry Ségard : les aventures d’un photographe dans l'univers des races domestiques à petits effectifs

Publié le par lesbiodiversitaires

Thierry Ségard est un photographe équestre bien connu dans son métier. Mais il est aussi capable de courir dans les fourrés après des cochons rares ! Il a bien voulu nous raconter sa découverte de la biodiversité domestique. 

 

Thierry, tu es un habitué du monde équestre, des écuries, des éleveurs de chevaux. Pour le livre Terroirs, tu es parti en reportage quelques mois auprès des éleveurs de races à petits effectifs. Comment as-tu vécu cette immersion dans un univers finalement peu connu, celui des races domestiques rares ?

Ça a été une découverte et un vrai bonheur. Je n’ai pas changé de décor (quand je photographie les chevaux, c’est aussi à la campagne), mais le profil des éleveurs de races à petits effectifs est très particulier, car leurs choix d’élevage correspondent aussi à des choix de vie : c’est vouloir produire de la qualité, militer pour la préservation d’une race.

C’était passionnant, avec des gens passionnés et de très beaux animaux que je ne connaissais pas et que j’ai pris un vrai plaisir à photographier.

 

Quelle a été ton aventure la plus marquante ?

De photographier les cochons ! Les porcs cul noir du Limousin sont très malins et très rapides, et vivent dans un immense espace ! Ça a été un peu sportif de les trouver. Ils m’ont fait cavaler pendant une heure et demi, à la ferme de Pigerolles, chez M. Joigny. On a fait une partie de cache-cache dans un grand pré pentu, dans les genets en fleurs : ils se planquaient là-dedans ! L’éleveur me disait : « bouge pas, je vais te les renvoyer », et je voyais passer juste des silhouettes de porcs. Et dès qu’ils m’apercevaient, ces petits gorets, ils faisaient demi-tour ! Je voyais juste les genets bouger ! Ils partaient dans tous les sens. J’ai vu le moment où je n’arriverais pas à faire de photos et où j’allais revenir bredouille !! Puis, par chance, trois petits gorets sont apparus quelques secondes, ce qui m’a permis d’assurer des images.

Porcs cul noir du Limousin (photo : Thierry Ségard)

Porcs cul noir du Limousin (photo : Thierry Ségard)

Au milieu du plateau de Millevaches, M. Joigny Chatou est un jeune fermier qui a choisi d’élever des porcs noirs, avec une unité de méthanisation qui chauffe des serres : c’est le mélange du progrès, de la technologie et des races anciennes.

J’ai aussi fait d’autres belles rencontres. Guy Chautard et ses vaches ferrandaises, quel homme passionné ! Dans son troupeau, il a une vache ferrandaise affectueuse qui lui pourlèche la bobine, le béret. Ces vaches aux robes si variées sont toutes plus belles les unes que les autres : c’était un feu d’artifice de couleurs, de taches. Le jour où je photographiais des ferrandaises chez lui, on est tombé sur M. Desseigne qui passait en voiture, et dans la conversation, il nous propose de venir voir ses vaches salers, au-dessus d’Ambert, à l’est de Clermont-Ferrant. Donc après avoir photographié les ferrandaises, nous voilà partis. M. Desseigne est allé chercher ses vaches au loin dans la montagne et c’était très beau de voir sa silhouette et celle de ses vaches se découper dans la lumière sur la crête de la montagne, quand il nous les a ramenées.

Tous ces éleveurs parlent avec énormément d’amour de leurs animaux, même si ce sont des animaux de rente. Leurs élevages sont à taille humaine et ça change tout. Quand ils guident les vaches, par exemple, la voix a son importance. Elles sont très habituées à la voix et savent très bien à qui elles ont affaire : il faut leur parler doucement, elles aiment leur petites habitudes, et que ce soit toujours la même personne qui viennent leur parler. J’ai appris plein de choses.

Guy Chautard et une vache ferrandaise (photo : Thierry Ségard)

Guy Chautard et une vache ferrandaise (photo : Thierry Ségard)

Toi qui es un habitué de l’esthétisme du cheval, quels sont les autres animaux que tu trouves particulièrement photogéniques ? Et au contraire lesquels as-tu trouvé difficiles à photographier ?

Plus l’animal est petit, plus c’est compliqué, parce qu’ils sont bas et en règle générale ils bougent plus vite. Les plus durs, ce sont les poules et notamment la poule bresse gauloise ! Parce qu’elles vivent en élevage extensif, sont assez sauvages et ne se laissent pas approcher. Donc quand elles te voient,  elles se sauvent, malgré une certaine curiosité. 

Pour le reste, je les ai tous trouvés photogéniques, quelle que soit l’espèce ou la race. Ce ne sont que des beaux animaux. Puis à chaque animal est associé un éleveur, et eux aussi sont touchants, courageux, de faire des choix pareils. J’ai aimé par exemple Ména Chassevent, éleveuse de brebis basco-béarnaises, parce que cette éleveuse travaillait dans des conditions difficiles, qu’elle s’y donnait à 300 % avec bonheur. Je l’ai vue quand il faisait beau, mais elle travaille aussi par mauvais temps, quand il pleut, qu’il y a du brouillard… Ce sont des choix assez radicaux, loin des technologies modernes

Ména Chassevent, éleveuse de brebis basco-béarnaises (photo : Thierry Ségard)

Ména Chassevent, éleveuse de brebis basco-béarnaises (photo : Thierry Ségard)

Ton travail de photographe était une démarche artistique et informative, mais qu’as-tu appris auprès de tous ces éleveurs ?

J’ai appris comme il est difficile de faire ce qu’ils font, j’ai beaucoup de respect pour eux, car le modèle qu’ils ont choisi n’est pas le modèle dominant, et qu’en plus le modèle dominant fait tout ce qu’il peut pour leur compliquer la vie. J’ai eu le sentiment qu’on est arrivé au bout d’un système économique agricole, qui rend malheureux les agriculteurs aujourd’hui. Tandis que ces éleveurs de races à petits effectifs, avec leur modèle économique différent, semblaient plus heureux. Ils semblent s’en sortir mieux finalement. Du coup ça m’a donné de l’espoir pour la suite. Il y a d’autres pistes, des gens qui font autrement, et notamment des jeunes. Et c’est rassurant. J’ai rencontré des personnages extraordinaires.

J’ai vu par exemple M. Mercier, un des derniers à fabriquer du camembert au lait cru avec des vaches normandes : c’est toute une tradition, un patrimoine.

J’aurais encore tant d’autres exemples ! Ce qui m’a étonné, c’est de trouver autant de races de terroir dans toute la France, de découvrir qu’il en existe autant, partout.

Ça a aussi été une découverte de travailler avec une journaliste culinaire, et de rencontrer des grands chefs, animés aussi par la passion de valoriser le produit.

 

Penses-tu continuer à être en lien avec cet univers de la biodiversité domestique ?

J’adorerais et je l’espère, j’ai pris un vrai plaisir à travailler sur ce projet et à photographier ces beaux animaux et leurs éleveurs. Mon seul regret est de n’avoir pas pu passer encore plus de temps avec eux. Ce ne sont que de belles rencontres, ils ne sont pas dans le paraître, ils te reçoivent tels qu’ils sont, et ça, c’est assez rare.

 

 

 

Le dernier livre de Thierry Ségard :

 

Terroirs - Des races patrimoniales, des éleveurs, des produits d'excellence.

Sophie Brissaud (pour le texte) et pour les photos : Louis-Marie Préau et Thierry Ségard

Paru le 12 octobre 2017

 

Et retrouvez quelques nouvelles de Thierry Ségard sur sa page Facebook ici.

 

 

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