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Winter is coming

Publié le par lesbiodiversitaires

Winter is coming

De ses quêtes de faune sauvage, le naturaliste revient souvent bredouille. Coins de forêts vides d'oiseaux, landes désertes... Les animaux ne sont pas toujours au rendez-vous.

Winter is coming
Winter is coming
Winter is coming

Mais s'il y a un domaine où le naturaliste ne rentre jamais bredouille, c'est la beauté du monde.

Winter is comingWinter is coming

L'hiver qui arrive doucement apporte sa féérie si particulière, année après année. Givre léger, brumes blanches...

Winter is coming

... herbes qui crissent sous les pas...

Winter is coming
Winter is coming

...et flaques autrefois boueuses, soudain figées, en une multitude d'œuvres d'art.

Winter is coming
Winter is coming

Les premiers rayons de soleil font fondre une à une les gouttes gelées par la nuit, et les brumes s'évaporent.

Winter is coming
Winter is coming
Winter is coming

A défaut d'animaux sauvages, plus loin dans la balade, voici un troupeau de moutons d'une race rare, poétiquement nommée "moutons Landes de Bretagne".
Bien au chaud sous leur laine douillette, ils sont prêts à affronter le froid.

Winter is coming

Les fins d'automne et l'hiver ont souvent mauvaise presse. C'est pourtant le moment des feux de bois, des couettes bien chaudes, des soupes de butternuts, des amis qui apportent des sacs de noisettes. Surtout, c'est le seul moment de l'année où les lèves-tard peuvent assister au lever du soleil, et les couches-tôt profiter pleinement des levers de lune. 

Et si on décidait d'aimer l'hiver ?

Winter is coming

Photos prises samedi à l'étang de Quéhéhon, Monteneuf (Morbihan), et le mouton un peu plus loin.
 

Publié dans Biodiversité sauvage

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« Quoi, vous n’avez pas de Smartphone ? Non mais vous le faites exprès ! » Quelques réflexions sur la surconsommation

Publié le par lesbiodiversitaires

Oyez oyez braves gens ! Voici le Black Friday, le week-end de super shopping et promotions qui commence demain, le dernier truc inventé pour nous faire acheter des merdouilles dont nous n’avons pas besoin (parce que les enfants se sont déjà déguisés en citrouille pour Halloween, alors faut bien trouver autre chose entre ça et Noël pour faire acheter). Une idée importée des Etats-Unis… Et si on boycottait, d’emblée ?

Parler de surconsommation n'est pas facile. Peu de gens parviennent à faire le lien entre notre surconsommation et la destruction de la planète. Parce que nous sommes tous concernés, même ceux qui essaient de faire attention. Et c'est l'un des plus gros scandales écologiques, sur lequel nous avons pourtant beaucoup de pouvoir (et donc de solutions).

Une des dernières émissions ici, pour parler un peu plus du sujet :

Et puisqu'en ce moment je raconte souvent l'histoire de la SNCF et des Smartphones, allez, je vous cite en entier la tirade que m'a tenu l'autre jour un contrôleur de la SNCF.

Ce dernier me demandait d'échanger un billet sur mon Smartphone. Et là, je lui ai révélé quelque chose qui l’a profondément choqué : je n’ai pas de Smartphone. Son visage s’est alors figé dans une grimace atroce.

- Quoi ! Non mais vous le faites exprès ? Vous n’avez pas de Smartphone ?, m’a-t-il répondu, exaspéré, en levant les yeux au ciel. Mais qu’est-ce que vous voulez que je fasse pour vous si vous n’avez même pas de Smartphone ? Vous ne mettez vraiment pas les chances de votre côté ! Vous n’avez qu’à utiliser les moyens que la SNCF met à votre disposition ! Et puis de toute façon, bientôt il y aura des tourniquets et vous ne pourrez même plus accéder au quai ! Toutes les applis sont sur les Smartphones, tant pis pour vous si vous n’en avez pas ! Si vous choisissez de ne pas avoir de Smartphone, c’est votre problème ! 

Ce qui me sidère le plus dans ce genre d'histoires, c'est la pression sociale consumériste.

Bon, je vous abrège la fin : je lui ai fait un discours sur ce que je pensais des tourniquets et des contrôleurs odieux qui l’a mis dans un tel état que j’ai cru que j’allais devoir appeler les urgences : il me parlait la tête de travers sans plus pouvoir me regarder, comme pris d’un violent torticolis.

Ce qu'il oublie, c'est qu'à force de tourniquets et de Smartphones, très bientôt, il n'y aura plus besoin de contrôleurs. Cette histoire de surconsommation, ça vaut à l'échelle de la SNCF comme à l'échelle de l'humanité : on passe notre temps à se tirer une balle dans le pied...

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Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

Publié le par lesbiodiversitaires

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

On ne peut pas laisser s’éteindre le cheval losino sans rien faire ! Ce petit cheval de montagne, au pied très sûr, presque personne ne le connait. A part quelques Espagnols, et encore… car la race est méconnue dans son propre pays. Pas facile d’être une race ancienne, à petits effectifs, en Espagne, le pays d’un des plus beaux chevaux, le pure race espagnole, qui fait de l’ombre à tous les autres. Pourtant, l’Espagne possède de très nombreuses autres races autochtones. Et il serait dommage de méconnaître le losino. Cet article est un appel : le risque que ce cheval disparaisse est particulièrement élevé. Rencontre sur le terrain.

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

Août 2017, 8h30 du matin, village de Pancorbo, quelque part en Castille y Léon (Espagne). Ricardo de Juana nous attend à 9h au centre du village. C’est un homme au visage accueillant, qui parle un espagnol rapide. Il est heureux que des gens aient pu venir de France pour voir les chevaux losinos, cette race qui lui est si chère mais qui est au bord de l’extinction. Ricardo est l’une des dernières personnes, sur cette Terre, à se préoccuper de ce cheval.

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

Le monde étant petit, on découvre que Ricardo est le frère d’un célèbre ornithologue espagnol, Eduardo de Juana. Cela n’est pas si surprenant. Souvent les univers des naturalistes et des éleveurs de races à petits effectifs sont assez proches !

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

Ricardo nous fait monter dans son vieux 4x4, et par une route escarpée nous rejoignons la montagne. Car le losino est un cheval de montagne, vivant en semi-liberté. Ce qui lui a longtemps causé des soucis avec les loups. Mais la réserve où il vit est désormais clôturée. 700 ha de montagne, où évoluent plusieurs troupeaux, que Ricardo suit de près afin d’éviter au maximum la consanguinité. Car ici, il n’y a plus que 250 chevaux losinos… Autant dire, presque rien. Si on compte les poulains qui sont vendus chaque année, l’effectif global de la race est un peu plus élevé, mais reste très faible.

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

Nous roulons dans la montagne. Ricardo ouvre des barrières, les referme. Il est presque impossible de trouver soi-même des losinos, en Espagne, si on ne connait pas le lieu exact.

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

Enfin, le premier troupeau apparait, pâturant dans la montagne.

La lavande sauvage pousse dans les montagnes des losinos, parfumant l'air d'effluves délicieuses.

La lavande sauvage pousse dans les montagnes des losinos, parfumant l'air d'effluves délicieuses.

Depuis l’écriture du guide Tous les chevaux du monde, la race losina m’intriguait, notamment à cause de sa robe noire aux jolis reflets rouges, et de ses poulains à la bourre bien rousse. Et en effet, quand on voit en vrai des losinos, ces reflets rouges sont particulièrement frappants, tant dans la robe que sur les crinières roussies par le soleil. Puis je trouvais l’animal joli, harmonieux. Le losino est en tout point conforme à ce que j’imaginais de lui.

Les reflets rouges-oranges sont caractéristiques du losino.

Les reflets rouges-oranges sont caractéristiques du losino.

Il mesure environ 1m33 à 1m47 au garrot, avec une moyenne de 1m39 pour les mâles. « Mais c’est parce qu’il vit dans la montagne, explique Ricardo, dans des conditions très sommaires. En plaine, bien nourri, il prendrait de la taille. A l’origine, le losino était plus grand que cela. »

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

Il est vraiment joli, les formes harmonieuses, les crins longs et soyeux. Ricardo explique que c’est un super petit cheval pour un peu tout, et notamment la randonnée. En effet, les losinos galopent comme des cabris dans les pentes caillouteuses. Rien ne semble faire peur à leurs petits sabots bien durs, qui ne connaissent pas les fers. Puis il a un bon caractère, intelligent et posé. En effet, les chevaux que l’on voit sont tous très calmes, tranquilles.

Les losinos se fichent pas mal des pentes caillouteuses, qu'ils descendent plein galop.Les losinos se fichent pas mal des pentes caillouteuses, qu'ils descendent plein galop.
Les losinos se fichent pas mal des pentes caillouteuses, qu'ils descendent plein galop.Les losinos se fichent pas mal des pentes caillouteuses, qu'ils descendent plein galop.Les losinos se fichent pas mal des pentes caillouteuses, qu'ils descendent plein galop.

Les losinos se fichent pas mal des pentes caillouteuses, qu'ils descendent plein galop.

En effet ils évoluent dans ces milieux dès le plus jeune âge.

En effet ils évoluent dans ces milieux dès le plus jeune âge.

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

La race losina est particulièrement frugale, résistante. « Ils ne voient jamais le vétérinaire », explique Ricardo. Et c’est tant mieux car l’association n’aurait pas les moyens de le leur payer.

Que c'est bon de se rouler dans la boue et de faire le fou !Que c'est bon de se rouler dans la boue et de faire le fou !
Que c'est bon de se rouler dans la boue et de faire le fou !Que c'est bon de se rouler dans la boue et de faire le fou !

Que c'est bon de se rouler dans la boue et de faire le fou !

Pourquoi un cheval avec tant de qualités disparait-il ? D’abord, il y a la crise économique, qui a frappé durement l’Espagne. Puis ici, les bons chevaux, ce n’est pas ce qui manque. Sans doute aussi le losino a-t-il manqué de communication autour de la race. Comment tirer son épingle du jeu, au pays des grands et célèbres pures races espagnoles, quand on est un petit cheval qui vit caché dans les montagnes ?

Encore une qui s'est bien roulée dans la terre...
Encore une qui s'est bien roulée dans la terre...
Encore une qui s'est bien roulée dans la terre...

Encore une qui s'est bien roulée dans la terre...

Des races menacées, avec toutes les fermes qu’on visite, on en voit souvent. Mais le losino nous a fait mal au cœur. Ricardo vieillit, et peu de gens semblent se préoccuper de l’avenir de la race.

 

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

Les chevaux losinos manquent d’acheteurs, et de ce fait un certain nombre de jeunes chevaux losinos finissent à la boucherie. Quel gâchis ! Ils sont vendus trois fois rien. De plus, ils arrivent tous droit de leurs montagnes, avec tout à apprendre, ils nécessitent donc forcément un cavalier aguerri pour les acheter et les débourrer, ce qui complique encore un peu la tâche. Il manque d’élevages traditionnels de losinos, avec des poulains éduqués, prédébourrés, etc.

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción
La nature dans les montagnes des losinos... posé sur une petite branche, un jeune faucon crécerellette !La nature dans les montagnes des losinos... posé sur une petite branche, un jeune faucon crécerellette !
La nature dans les montagnes des losinos... posé sur une petite branche, un jeune faucon crécerellette !

La nature dans les montagnes des losinos... posé sur une petite branche, un jeune faucon crécerellette !

Pourtant le losino pourrait trouver un usage : comme monture, pour les cavaliers de petite taille, légers. Pourquoi toujours privilégier les grands chevaux ? Tous les peuples cavaliers du monde ont de petits chevaux ! Ils sont tellement plus pratiques, en extérieur, pour monter, descendre, passer partout.

Puis le losino est joli. Comme ils sont très homogènes, ils feraient de magnifiques petits chevaux d’attelage.

Intéressante, cette voiture !
Intéressante, cette voiture !
Intéressante, cette voiture !

Intéressante, cette voiture !

Si certaines personnes sont sérieusement intéressées pour acheter un losino, nous pourrons vous mettre en relation avec Ricardo, mais ce ne sera pas forcément simple, il vous faudra notamment réfléchir au transport depuis l’Espagne, discuter avec les Espagnols. Cela dit, ça vaut le coup !

A quand un élevage français de chevaux losinos ?

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción
Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

Si vous voulez contribuer à la sauvegarde du très rare cheval losino, n’hésitez pas à faire circuler cet appel.

Danger critique d’extinction pour le cheval losino, une magnifique race espagnole - El losino, un caballo en peligro de extinción

Deux sites espagnols pour en savoir plus :
http://www.soscaballolosino.com/Despues%20de%20mi%20marcha.html
http://www.caballolosino.es/

 

et en bonus, une petite vidéo :

Troupeau de chevaux losinos dans la montagne.

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"Mais pourquoi j'ai acheté tout ça ?! Stop à la surconsommation" : sortie de la bande dessinée en librairie !

Publié le par lesbiodiversitaires

L’obsolescence programmée, et son corollaire : la surconsommation, vous connaissez ? En énergie, en eau et, surtout, en biens matériels, elle a un impact désastreux sur la planète. Mais des solutions existent, qu’il ne tient qu’à nous de mettre en place !

Mais, mais… c’est quoi ce gros monstre vert ? Et ce lièvre suicidaire ?... Réponse dans toutes les librairies !

Mais, mais… c’est quoi ce gros monstre vert ? Et ce lièvre suicidaire ?... Réponse dans toutes les librairies !

Eh oui, depuis le temps que je vous parle de la surconsommation et de l’obsolescence programmée, il fallait bien que ça sorte en livre en jour. C’est une bande dessinée qui s'appelle : Mais pourquoi j'ai acheté tout ça ?! Stop à la surconsommation, sortie hier dans les librairies. Parce que finalement, c’est plus facile de parler d’un sujet aussi sérieux avec le dessin et l'humour.

Couverture.

Couverture.

Car oui, la surconsommation est certainement le plus gros scandale écologique de tous les temps. Et on n’en parle finalement pas tant que ça. Pourtant, à l’échelle d’un pays, elle fait infiniment plus de dégâts environnementaux qu’une marée noire, or ce n’est absolument pas médiatisé.

 

L’idée de ce livre, c’est d'informer sur ce sujet qui nous concerne tous au quotidien (même les plus écolos !), mais aussi de montrer qu’il y a de l’espoir et plein de solutions !

Croquis.

Croquis.

Un aperçu du scénario !

Tout commence avec une radio qui tombe en panne quelques jours après l'expiration de sa garantie. La narratrice, toujours accompagnée de sa fidèle poule, prend alors conscience de ce qu'est l'obsolescence programmée et la surconsommation. Elle va passer du profond découragement à l'espoir, grâce à la rencontre de nombreuses personnes qui se battent au quotidien pour inverser cette tendance. Car cette nouvelle attitude face à la consommation se diffuse de plus en plus dans une société qui peine à trouver des valeurs profondes dans la consommation à outrance. Plus qu'une simple façon de consommer, c'est finalement une façon d'exister qui découle de cette prise de conscience.

L'intérieur de la BD !

L'intérieur de la BD !

Bien sûr, vous y retrouverez Cocotte, ma petite poule fétiche, car c’est quand même grâce aux gallinacés et au livre Tout pour ma poule que je dessine aujourd’hui de plus en plus souvent !

 

Ci-dessous, une petite vidéo pour présenter l'ouvrage et la collection (avec aussi Fred Denhez qui a traité pour sa part des questions alimentaires et agricoles avec les dessins de Gilles Macagno, et Stéphanie Zweifel, l’éditrice qui m’a entraînée dans cette aventure !) :

Vidéo de présentation de la BD

 

Mais pourquoi j'ai acheté tout ça ?!

Stop à la surconsommation,

docu-fiction, scénario et dessins d'Elise Rousseau.

 

Sortie le 5 octobre en librairie !

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La loutre de la rivière Esla

Publié le par lesbiodiversitaires

Rivière Esla, nord-ouest de l'Espagne, 12 août 2017, carnet de terrain.

La loutre de la rivière Esla

Il est 21h passé, le crépuscule tombe sur la rivière, irisant l’eau et donnant aux herbes aquatiques des teintes intenses d'emeraude. Les étourneaux unicolores gazouillent des strilles auxquelles nos oreilles ne sont pas habituées. Pierre, Anne et Philippe affutent à un bout du grand pont. Moi, je suis partie à l’autre bout : j’ai décidé de guetter le rocher couvert d’épreintes qui se trouve juste en dessous.

La loutre de la rivière Esla
La loutre de la rivière EslaLa loutre de la rivière Esla

Une loutre, une loutre, me dis-je, c’est bien comme une poule ou un cheval, ça doit bien aimer faire toujours son même petit circuit tranquillou.

Le soir tombe, entraînant l’esprit dans diverses rêveries.

Un héron pourpré ayant attrapé une couleuvre vipérine passe au-dessus du pont !
Un héron pourpré ayant attrapé une couleuvre vipérine passe au-dessus du pont !

Un héron pourpré ayant attrapé une couleuvre vipérine passe au-dessus du pont !

Une autre couleuvre vipérine, nageant sous l'eau, observée la veille, lors d'un affut sur une autre rivière à loutres...Une autre couleuvre vipérine, nageant sous l'eau, observée la veille, lors d'un affut sur une autre rivière à loutres...

Une autre couleuvre vipérine, nageant sous l'eau, observée la veille, lors d'un affut sur une autre rivière à loutres...

Mon rocher est toujours désert.

Allez cocotte, viens donc faire ton petit caca du soir.

Mais rien. Pas la moindre moustache de loutre à l’horizon.

Je repense à ma seule observation de loutre, en 2014, dans les Pyrénées. Nous étions en train de remonter en voiture une rivière à loutres bien connue, au petit matin, très tôt, pour aller rendre visite à un vieil éleveur de chevaux mérens et castillonnais. Quand tout à coup, sur un rocher au beau milieu de la rivière, j’avais aperçu une silhouette et poussé un cri : « là ! là ! Un énorme mustélidé euh mais c’est une louuuuuutre !!!! »

Le temps de piler la voiture et de faire marche arrière, mémère avait plongé.

Observation rapide et quelque peu frustrante, comme souvent avec cet animal.

Mais sur la rivière Esla, le soir est bien tombé. Des poissons sautent, mais de mustélidé dodu, pas une trace.

La loutre de la rivière Esla

Bon, c’est encore raté pour cette fois. De toute façon hein, c’est toujours comme ça, la loutre. On ne la voit jamais cette bestiole.

Mon esprit n’est plus du tout à la loutre : rhalala, faut vraiment réussir à faire marcher internet à la rentrée, puis le téléphone, puis la télé, pourquoi elle ne marche pas non plus, pfff, j’y comprends rien à tout ça et…

« Elise !!! »

Je me retourne. Pierre et Philippe me font des grands gestes. Qu’est-ce qu’ils me veulent ces deux-là ? Que je rentre ?! Hum, ils ont l’air bien énervé là… Ils ont vu une loutre ou quoi ??

« Mais là, juste devant toââââ !!! », me crie Pierre.

La panique me saisit. J’écarquille les yeux, regarde partout. Mais non !! je ne la vois pas ! Je ne la vois pas ! Mais c’est pas vrai que je ne la vois pas.

Mais c’est pas vrai qu’ils vont tous la voir et pas moi alors que je suis la mieux placée, merde de merde de merde de merde !

Philippe s’approche, d’un pas tranquille.

Bon, ok, c’est mort, elle a disparu, sinon il ne viendrait pas. Là je suis vraiment écœurée à l’extrême. Mais c’est pas vrai que j’ai raté une loutre ! Une loutre !

Je regarde Philippe arriver, de mon œil le plus morne.

« M’enfin tu ne l’as pas vue, elle était là, juste devant toi, dit-il pour enfoncer le clou. Elle a nagé de là à là », rajoute-t-il en montrant un passage assez long près des herbes de la berge !

Mais je n’ai pas le temps de ruminer ma vexation. Un remous se fait dans la rivière, juste en dessous de nous, presque sous le pont. Elle est là, la grosse loutre, qui vient sur son rocher à épreintes !!!

Il fait quasi nuit, mais je tente quand même une photo pourrie, sans le flash pour ne pas lui faire peur, les iso poussés au max. Elle passe sous le pont. Remonte sur un rocher où elle se dandine « Elle s’y est frottée le cul, elle a dû faire une épreinte », murmure Philippe. Tandis que j’ai beau entendre le déclencheur ramer, présageant de photos totalement floues, je m’acharne à prendre un cliché.

Puis elle replonge et disparait, silencieusement.

Merveilleuse loutre !

"La loutre", art photographique... !
"La loutre", art photographique... !

"La loutre", art photographique... !

Sur ce, le coeur léger, les yeux plissés de bonheur, rentrant dans la nuit, il n’y a plus qu’une chose à faire : aller boire une bière.

Publié dans Biodiversité sauvage

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Toutes les vaches de France, d'hier, d'aujourd'hui et de demain

Publié le par lesbiodiversitaires

Pour les amoureux des vaches, le dernier livre de Philippe vient de paraître ! C'est le livre le plus complet publié sur les races de vaches de France, puisqu'il reprend les races d'autrefois (disparues) et toutes les races actuelles, "industrielles" comme celles à petits effectifs. Avec plus de 600 photographies, anciennes ou contemporaines.

Toutes les vaches de France, d'hier, d'aujourd'hui et de demain

La France est l’un des pays d’Europe qui possède le plus grand nombre de races bovines. Certaines d’entre elles sont bien connues, car elles ont essaimé à travers le monde entier, comme la charolaise ou la limousine, reconnues pour la qualité de leur viande. D’autres font partie de notre paysage campagnard comme la holstein qui est la race laitière principale. D’autres encore sont intimement liées aux terroirs comme la normande et ses vergers, la salers et ses volcans, la tarine et ses hauts sommets alpins, la raço di biou et la Camargue, etc.

Salers

Salers

À côté de ces races principales, la France a réussi à maintenir des races locales, très rustiques, avec de petits effectifs, mais qui jouent un rôle important dans certains produits typés, l’agriculture biologique et le circuit court de distribution.
Enfin, plusieurs dizaines de races ou de populations bovines ont disparu au cours des deux derniers siècles. Elles sont souvent à la base des races actuelles. C’est l’histoire, l’évolution et l’avenir de toutes ces races françaises qui sont ainsi traitées dans ce livre.

Doubles pages du livre
Doubles pages du livre
Doubles pages du livre

Doubles pages du livre

Et pour en entendre parler de vive voix à la radio :
Philippe a parlé du livre et des vaches ce mardi sur France inter, dans l'émission La Marche de l'histoire de Jean Lebrun. Réécoutez l'émission ici !

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Préservons la biodiversité marine du Mor Braz (Morbihan) : sortie du 16 septembre 2017

Publié le par lesbiodiversitaires

Dauphins communs

Dauphins communs

Depuis que la Mor Braz Team est née il y a environ deux ans et demi, l’un des objectifs de l'équipe était de partager avec le grand public ces observations magiques que nous vivons dans notre cher océan morbihannais. L’idée d’une sortie en mer grand public est née il y a quasi deux ans, et nous sommes tous heureux qu’elle ait pu se réaliser hier. Pour l’occasion, les vents et les eaux furent favorables, apportant aux observateurs émerveillés des nuées d’oiseaux… et de dauphins.

Fous de Bassan (le premier est un oiseau de deuxième année).
Fous de Bassan (le premier est un oiseau de deuxième année).
Fous de Bassan (le premier est un oiseau de deuxième année).

Fous de Bassan (le premier est un oiseau de deuxième année).

Ce samedi 16 septembre, Bretagne Vivante a embarqué 70 personnes à bord du navire de la compagnie Navix, au départ de Locmariaquer. L’idée était de sensibiliser le grand public à la richesse naturelle du Mor Braz. En effet, comme ceux qui suivent ce blog le savent désormais, cette zone est un lieu de prédilection pour les oiseaux et les mammifères marins, dont certaines espèces rares.

Océanites tempêtes.
Océanites tempêtes.Océanites tempêtes.

Océanites tempêtes.

Notre crainte était bien sûr que les animaux, toujours imprévisibles, ne soient pas au rendez-vous. Nous avons quand même connu quelques sorties parfois un peu difficiles... Mais le Mor Braz fut très généreux :

 

Grand labbe, labbe parasite, mouette de Sabine, puffin des Baléares, puffin anglais, fou de Bassan, océanite tempête et une mouette mélanocéphale baguée en République tchèque ! Et bien sûr les habituels : goélands argentés, bruns et marins, sternes caugeks et pierregarins. Ainsi qu’un poisson-lune !

Jeune mouette mélanocéphale, guillemot de Troïl, grand labbe.
Jeune mouette mélanocéphale, guillemot de Troïl, grand labbe.
Jeune mouette mélanocéphale, guillemot de Troïl, grand labbe.
Jeune mouette mélanocéphale, guillemot de Troïl, grand labbe.

Jeune mouette mélanocéphale, guillemot de Troïl, grand labbe.

Dans l’après-midi, un chalutier nous a permis l’observation d’un spectacle incroyable : environ 5000-6000 oiseaux de mer se pressant derrière le bateau.

Préservons la biodiversité marine du Mor Braz (Morbihan) : sortie du 16 septembre 2017
Derrière ce chalutier, il y avait environ 3 % de la population mondiale de puffin des Baléares ! En effet, le puffin des Baléares est très rare (environ 20 000 individus), et il y en avait environ 500 individus derrière ce bateau... faites le calcul.

Derrière ce chalutier, il y avait environ 3 % de la population mondiale de puffin des Baléares ! En effet, le puffin des Baléares est très rare (environ 20 000 individus), et il y en avait environ 500 individus derrière ce bateau... faites le calcul.

Puffin des Baléares et dauphins communs.
Puffin des Baléares et dauphins communs.

Puffin des Baléares et dauphins communs.

Préservons la biodiversité marine du Mor Braz (Morbihan) : sortie du 16 septembre 2017

Et surtout, un groupe de plus de cent dauphins (essentiellement du dauphin commun, 2 ou 3 grands dauphins) a provoqué des émotions très intenses chez les observateurs présents, mais aussi chez l’équipage du navire de la Navix, enthousiasmé de découvrir un pareil spectacle.

Dauphins communs.
Dauphins communs.
Dauphins communs.

Dauphins communs.

Nous espérons que désormais, ces 70 personnes deviennent à leur tour des ambassadeurs de la préservation de la nature en général, et de cet océan magnifique en particulier.

Une scène amusante : ce fou de Bassan est obligé de décoller vite fait à cause de l'arrivée d'un groupe de dauphins communs !
Une scène amusante : ce fou de Bassan est obligé de décoller vite fait à cause de l'arrivée d'un groupe de dauphins communs !
Une scène amusante : ce fou de Bassan est obligé de décoller vite fait à cause de l'arrivée d'un groupe de dauphins communs !

Une scène amusante : ce fou de Bassan est obligé de décoller vite fait à cause de l'arrivée d'un groupe de dauphins communs !

La mythique mouette de Sabine.
La mythique mouette de Sabine.
La mythique mouette de Sabine.

La mythique mouette de Sabine.

Nous savons que nous n’avons pas pu emmener ni même informer tout le monde cette année. Si vous voulez être prévenus en priorité, le plus simple est encore d'adhérer à l’association Bretagne Vivante, section Ornithologie ! Rendez-vous l’an prochain pour une nouvelle sortie ?

Préservons la biodiversité marine du Mor Braz (Morbihan) : sortie du 16 septembre 2017

Voici aussi deux vidéos pour donner une idée de l'ambiance !

L'île Dumet. Arc en ciel sur l'océan.
L'île Dumet. Arc en ciel sur l'océan.

L'île Dumet. Arc en ciel sur l'océan.

Voici quelques conseils de Bretagne Vivante pour préserver les milieux maritimes bretons : Aujourd’hui, partout sur la planète, les océans sont menacés. Et les étendues marines bretonnes ne sont pas épargnées. Pollutions, surpêche, réchauffement climatique : les effectifs d’oiseaux, de mammifères marins et de poissons sont en chute libre.

 

-Pour les locaux et les touristes de passage : encourager la pêche durable, notamment en achetant du poissons en priorité aux ligneurs, si possible directement aux pêcheurs ou aux poissonniers locaux.

 

-Même si cela peut être tentant, il ne faut pas nager avec les dauphins, ni les toucher : non seulement c’est potentiellement dangereux (même sans le faire exprès, un coup de nageoire peut être fatal), mais cela dérange fortement ces animaux. Pour les plaisanciers : ne jamais poursuivre un
groupe de dauphins pour les voir plus près, c’est un énorme dérangement et, par ailleurs, vous ne réussirez qu’à les faire fuir et plonger. La meilleure façon d’observer les dauphins est de couper le moteur et de les laisser venir. En les respectant, leur curiosité naturelle vous offrira souvent un beau spectacle.

 

-Bien sûr, ne jamais rien jeter à la mer : les oiseaux, mammifères et autres habitants des océans peuvent s’étouffer avec un bout de plastique malencontreux.

Tandis que le ciel se couvre, un grand labbe plane au ras des vagues.

Tandis que le ciel se couvre, un grand labbe plane au ras des vagues.

Merci à Bretagne Vivante, à l’équipage de la Navix qui s'est parfaitement débrouillé pour cette première fois à la recherche des oiseaux de mer et notamment à son capitaine Sébastien Perron, ainsi qu'à tous les amis de la Mor Braz Team. Ces photos et vidéos ont été prises hier après-midi (photos : Elise, vidéos : Philippe).

Publié dans Biodiversité sauvage

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Irma… José… Et après ?

Publié le par lesbiodiversitaires

Source : NOAA

Source : NOAA

Depuis quelques jours les journalistes ne parlent que des ouragans présents et à venir. C’est en effet une catastrophe, et il y a beaucoup de détresse derrière tout ça. Mais à les lire, les voir ou les entendre, on en reste au factuel : la narration des faits, le témoignage des gens. A quelques exceptions près, on ne s’arrête pas sur le « pourquoi » de tout ça et le « comment » l’on pourrait faire pour que la machine climatique ne s’emballe pas davantage.

 

Parce que les choses sont simples : il n’y a peut-être pas plus d’ouragans qu’avant, mais ils sont en moyenne plus violents. Pourquoi ? Parce la température à la surface de l’eau augmente et que la chaleur c’est de l’énergie et que la turbine à ouragans est plus violente. Et pourquoi la température à la surface des océans augmente ? Cela est dû au réchauffement du climat, réchauffement qui est dû (en grande partie ou en totalité) aux activités humaines. Et pourquoi ces activités humaines sont-elles devenues si problématiques ? Parce que notre mode de vie est surconsommateur, dans tous les domaines.

 

Alors ça serait bien si les journalistes en disaient deux mots. Et si chacun de nous, citoyens, on s’interrogeait un instant sur ce que nous pouvons faire pour diminuer les choses (car on le peut !). Il faut pour ça sortir de notre torpeur. Et ce n’est pas le plus facile. En attendant, adieu Irma, voilà José.

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Une p'tite chanson pour les dauphins

Publié le par lesbiodiversitaires

Pour le partage, voici une vidéo de dauphins tournée fin août dans la cadre du projet d’études dans le Mor Braz.


Une bande de dauphins communs d'une trentaine d'individus est venue ce jour-là entourer le bateau, émerveillant comme toujours les observateurs.

Avec en prime en arrière-fond une petite chanson finale interprétée par Yves B. !

Publié dans Biodiversité sauvage

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Les chiens et les chats ont aussi un fort impact environnemental

Publié le par lesbiodiversitaires

Groumf !

Groumf !

Beaucoup de gens font à présent des efforts pour manger moins de viande. Pour des raisons de santé, bien entendu, mais aussi pour des raisons environnementales. En effet on sait de façon précise l’impact très négatif qu’a l’élevage du bétail sur l’environnement et le réchauffement climatique. Une étude américaine s’est penchée sur les chats et les chiens. Frissons…

 

L’équipe du professeur Gregory Okin, de l’University of California-Los Angeles (UCLA) a travaillé sur l’impact de la consommation de viande par les chats et les chiens des Etats-Unis. La consommation annuelle de ces animaux créée l’équivalent de 64 millions de tonnes de dioxyde de carbone, soit l’équivalent de 13,6 millions de voitures ! Pas mal…

Ce n’est pas tout. A eux seuls chats et chiens représentent 25 à 30% de l’impact environnemental  global de consommation de viande aux Etats-Unis. Et mieux : si les 163 millions de chiens et de chats américains constituaient un pays à eux seuls, celui-ci arriverait au 5e rang de la consommation mondiale de viande, derrière la Russie, le Brésil, la Chine et… les Etats-Unis (mais devant tous les pays européens).

Et pour finir en beauté, toutous et mimis produisent chaque année 5,1 millions de tonnes de cacas, soit l’équivalent de 90 millions d’Américains. De même, ce qui est mis à la poubelle (non consommé par les animaux) représente la même quantité que la nourriture mise à la poubelle par les humains pour l’ensemble de l’Etat du Massachusetts.

 

 Les chiens et les chats ont aussi un fort impact environnemental

 

L’étude se termine par un point d’humour. Les auteurs ne recommandent pas de passer chiens et chats au régime végétarien, mais de s’interroger réellement sur l’impact environnemental qu’ont ces animaux sur notre environnement. Et sur le climat. Et d'ailleurs, comment font les végétariens, végétaliens et vegans, qui possèdent quand même un chien ou un chat ? Dans le même temps en France, cet été, les abandons d'animaux ont été en très forte augmentation. Ce serait peut-être pas mal d'en avoir moins mais de s'en occuper mieux.

A méditer.

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