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biodiversite domestique

Du houblon bio en circuit court !

Publié le par lesbiodiversitaires

Du houblon bio en circuit court !

Manger bio et local c'est bien, boire bio et local c'est bien aussi !

Alors on relaie l'initiative d'un copain, Matthieu Cosson, qui lance un financement participatif.

L'association Le Champ du Houblon souhaite relocaliser une production agricole et ancrer une production de houblon bio de qualité pour des brasseurs locaux et artisanaux en amorçant une nouvelle filière en circuit court en Pays de la Loire.

Si vous voulez soutenir ce projet de micro-houblonnière bio en France (au sud de Nantes), suivez le lien !

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Les animaux dans l’art

Publié le par lesbiodiversitaires

La peinture, outre qu'elle nous offre à voir parmi les plus belles choses dont l’homme est capable, offre aussi de grands intérêts pour tout passionné de nature et d’animaux.

A qui sont ces cailles ?
A qui sont ces cailles ?

Quand nous allons de par le monde chercher des chevaux sauvages ou des oiseaux migrateurs, nous en profitons pour visiter les musées de peinture.
Les animaux, sauvages ou domestiques, y sont présents tout le temps, partout, à toutes les époques. Ces tableaux permettent de voir les rapports que les hommes entretenaient autrefois avec ces animaux, quelles espèces sauvages étaient connues, quelles races de chien ou de vaches étaient déjà présentes, etc.

Pieter Brueghel, La Moisson, 1565

Pieter Brueghel, La Moisson, 1565

Outre la beauté à couper le souffle des chefs-d’œuvre, et les émotions si intenses et particulières qu’ils procurent, ces peintures renseignent sur l’histoire des hommes et des animaux.

Dans chaque musée, on peut s’amuser à essayer d’identifier les espèces sauvages et les races domestiques. Si certaines sont incertaines, d’autres sont évidentes.

Il est aussi amusant de voir quels sont les animaux qui inspirent le plus les artistes. Le lion, par exemple, revient très souvent, à différentes époques.

Le Douanier Rousseau, La Bohémienne endormie, 1897.

Le Douanier Rousseau, La Bohémienne endormie, 1897.

Et à qui est cette effraie des clochers ?
Et à qui est cette effraie des clochers ?

Les images de cet article ont été prises au Metropolitan Museum of Art et au Museum of Moderne Art, à New York, qui acceptent les prises d’image sans flash. Elles n’offrent bien sûr qu’un pâle reflet de la beauté de ces œuvres, mais permettent de se prêter à ce petit jeu de recherche.

Suiveur de Jérôme Bosch, Descente du Christ en enfer, 1550-60 (détail)

Suiveur de Jérôme Bosch, Descente du Christ en enfer, 1550-60 (détail)

Aelbert Cuyp, Berger avec ses vaches, 1655-60

Aelbert Cuyp, Berger avec ses vaches, 1655-60

Jean-François Millet, L'Appel des vaches, 1872. Peut-être avec une vache de race fémeline ?

Jean-François Millet, L'Appel des vaches, 1872. Peut-être avec une vache de race fémeline ?

Gustave Courbet, Jeunes femmes du village, 1851-52. Avec des vaches qui évoquent la race fémeline pour l'une, la race tourache pour l'autre.

Gustave Courbet, Jeunes femmes du village, 1851-52. Avec des vaches qui évoquent la race fémeline pour l'une, la race tourache pour l'autre.

Le cheval dans l’art

Bien entendu, le cheval tient une place de premier choix dans le bestiaire des peintres. Rares sont les grands génies de la peinture qui ne se sont pas frottés à cet animal qu’ils considéraient comme l’un des plus beaux.

Certains, comme Géricault, en ont fait l’un de leurs sujets de prédilection, leur consacrant une part majeure de leur œuvre.

De l’Antiquité à nos jours, les chevaux sont partout, en statue, en statuette, sur les fresques, les tapisseries, les vitraux, les tableaux…

Sir Joshua Reynolds, Captain George K.H.Coussmaker, 1782 (détail).

Sir Joshua Reynolds, Captain George K.H.Coussmaker, 1782 (détail).

Alexandre-Gabriel Decamps, La Nuit de Patrouille à Smyrne. Le cheval ici représenté est un cheval de type arabe, très caractéristique avec sa tête au front bombé, ses grands yeux, ses petits oreilles, et la couleur grise fréquente des chevaux du proche-orient.

Alexandre-Gabriel Decamps, La Nuit de Patrouille à Smyrne. Le cheval ici représenté est un cheval de type arabe, très caractéristique avec sa tête au front bombé, ses grands yeux, ses petits oreilles, et la couleur grise fréquente des chevaux du proche-orient.

Les animaux dans l’art
Rosa Bonheur, Marché aux chevaux, 1852-55 (ensemble et détails). Cette scène qui se déroule à Paris représente des chevaux de type percherons. Toute la puissance contenue des étalons de traits s'exprime ici.
Rosa Bonheur, Marché aux chevaux, 1852-55 (ensemble et détails). Cette scène qui se déroule à Paris représente des chevaux de type percherons. Toute la puissance contenue des étalons de traits s'exprime ici.
Rosa Bonheur, Marché aux chevaux, 1852-55 (ensemble et détails). Cette scène qui se déroule à Paris représente des chevaux de type percherons. Toute la puissance contenue des étalons de traits s'exprime ici.

Rosa Bonheur, Marché aux chevaux, 1852-55 (ensemble et détails). Cette scène qui se déroule à Paris représente des chevaux de type percherons. Toute la puissance contenue des étalons de traits s'exprime ici.

Jean-Frédéric Bazille, Porte de la Reine à Aigues-Mortes, 1867. Etonnant, en plein New York, de croiser nos petits chevaux camargues ! Ceux-ci sont parfaitement représentés sur ce tableau, un jeune cheval encore grisonnant monté par un gardian, et un autre cheval bien clair, avec la couleur des crins tirant un peu vers le jaune, typique...
Jean-Frédéric Bazille, Porte de la Reine à Aigues-Mortes, 1867. Etonnant, en plein New York, de croiser nos petits chevaux camargues ! Ceux-ci sont parfaitement représentés sur ce tableau, un jeune cheval encore grisonnant monté par un gardian, et un autre cheval bien clair, avec la couleur des crins tirant un peu vers le jaune, typique...Jean-Frédéric Bazille, Porte de la Reine à Aigues-Mortes, 1867. Etonnant, en plein New York, de croiser nos petits chevaux camargues ! Ceux-ci sont parfaitement représentés sur ce tableau, un jeune cheval encore grisonnant monté par un gardian, et un autre cheval bien clair, avec la couleur des crins tirant un peu vers le jaune, typique...

Jean-Frédéric Bazille, Porte de la Reine à Aigues-Mortes, 1867. Etonnant, en plein New York, de croiser nos petits chevaux camargues ! Ceux-ci sont parfaitement représentés sur ce tableau, un jeune cheval encore grisonnant monté par un gardian, et un autre cheval bien clair, avec la couleur des crins tirant un peu vers le jaune, typique...

Les animaux dans l’art
Edgar Degas. Ses études de pur-sang restent inégalées, l'artiste ressent l'être profond de ce cheval, son énergie, sa légèreté, sa souplesse.Edgar Degas. Ses études de pur-sang restent inégalées, l'artiste ressent l'être profond de ce cheval, son énergie, sa légèreté, sa souplesse.
Edgar Degas. Ses études de pur-sang restent inégalées, l'artiste ressent l'être profond de ce cheval, son énergie, sa légèreté, sa souplesse.Edgar Degas. Ses études de pur-sang restent inégalées, l'artiste ressent l'être profond de ce cheval, son énergie, sa légèreté, sa souplesse.

Edgar Degas. Ses études de pur-sang restent inégalées, l'artiste ressent l'être profond de ce cheval, son énergie, sa légèreté, sa souplesse.

Edgar Degas toujours, et ses fameuses courses de chevaux.Edgar Degas toujours, et ses fameuses courses de chevaux.

Edgar Degas toujours, et ses fameuses courses de chevaux.

Henri de Toulouse-Lautrec, Jockey, 1899

Henri de Toulouse-Lautrec, Jockey, 1899

Paul Gauguin, peinture réalisée en 1892 sur les îles Marquises. Il existe sur ces îles une petite population de chevaux, le cheval des Marquises, importée sur ces îles et qui y vit en grande partie à l'état sauvage. On sait qu'elle a été peinte par Gauguin, et ces chevaux (complètement méconnus dans le reste du monde) existent toujours.

Paul Gauguin, peinture réalisée en 1892 sur les îles Marquises. Il existe sur ces îles une petite population de chevaux, le cheval des Marquises, importée sur ces îles et qui y vit en grande partie à l'état sauvage. On sait qu'elle a été peinte par Gauguin, et ces chevaux (complètement méconnus dans le reste du monde) existent toujours.

Pablo Picasso, Garçon conduisant un cheval, 1905-06. Le cheval du peintre espagnol ressemble bien à un cheval ibérique... couleur grise, longs crins légèrement ondulés, port altier et charismatique, morphologie à la fois ronde et déliée...

Pablo Picasso, Garçon conduisant un cheval, 1905-06. Le cheval du peintre espagnol ressemble bien à un cheval ibérique... couleur grise, longs crins légèrement ondulés, port altier et charismatique, morphologie à la fois ronde et déliée...

Umberto Boccioni, The City Rises, 1910. Ici, c'est l'énergie brute des chevaux qui fait tourbillonner tout le tableau.

Umberto Boccioni, The City Rises, 1910. Ici, c'est l'énergie brute des chevaux qui fait tourbillonner tout le tableau.

Oscar Wilde disait : la beauté est dans les yeux de celui qui regarde. Alors, gardez un œil ouvert sur les animaux représentés, la prochaine fois que vous allez visiter un musée...

René Magritte, Le Faux Miroir, 1928
René Magritte, Le Faux Miroir, 1928

En contemplant attentivement tous ces tableaux, vous pourriez y faire d'amusantes découvertes.

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Quelques chevaux d’Auvergne

Publié le par lesbiodiversitaires

Quelques chevaux d’Auvergne

Tout le monde connaît les Voyages de Gulliver, de l’auteur Jonathan Swift (1721), qui, sous couvert d’aventures rocambolesques, dénonce la bêtise humaine.
Le premier voyage de Gulliver est le plus connu : il rencontre les Lilliputiens, qui sont en guerre permanente contre l’île voisine.
En effet, ils ne sont pas d’accord sur une question fondamentale : par quel bout doit-on casser un œuf à la coque ? Le petit bout, ou le gros bout ?
Chacun voulant imposer à l’autre son point de vue, ils se tapent dessus.
Le dernier voyage de Gulliver est moins célèbre, mais c’est le plus important. Sur une autre île, Lemuel Gulliver découvre les extraordinaires Houyhnhnms.
Ces êtres plein de sagesse et d’intelligence ont l’apparence de chevaux.
Les Houyhnhnms ne comprennent pas la guerre. Gulliver est très heureux tout le temps qu’il vit avec ces créatures pacifiques, et ne les oubliera jamais.

Par les temps qui courent, ça fait du bien de croiser quelques cousins des Houyhnhnms. Nous en avons rencontré en Auvergne dernièrement, avec leur nez soyeux et chaud et leur regard doux, à l'élevage des Mazucs. Quelques photos de chevaux de race Auvergne.

Magnifique jument d'Auvergne, puissante et présentant une robe recherchée - bai pangaré (bout du nez clair, tour de l'oeil clair, intérieur des jambes clair)
Magnifique jument d'Auvergne, puissante et présentant une robe recherchée - bai pangaré (bout du nez clair, tour de l'oeil clair, intérieur des jambes clair)Magnifique jument d'Auvergne, puissante et présentant une robe recherchée - bai pangaré (bout du nez clair, tour de l'oeil clair, intérieur des jambes clair)
Magnifique jument d'Auvergne, puissante et présentant une robe recherchée - bai pangaré (bout du nez clair, tour de l'oeil clair, intérieur des jambes clair)

Magnifique jument d'Auvergne, puissante et présentant une robe recherchée - bai pangaré (bout du nez clair, tour de l'oeil clair, intérieur des jambes clair)

Les imposants chevaux d'Auvergne, élevés naturellement dans des prés montagneux, en pente donc, où ils se forgent leur pied si sûr.

Les imposants chevaux d'Auvergne, élevés naturellement dans des prés montagneux, en pente donc, où ils se forgent leur pied si sûr.

Pouliche et poulain d'Auvergne... concours de grimaces ?
Pouliche et poulain d'Auvergne... concours de grimaces ?

Pouliche et poulain d'Auvergne... concours de grimaces ?

Le cheval d’Auvergne (voir notre article précédent sur la race ici) reste une race à petits effectifs. Idéalement adapté à sa région, c'est un agréable cheval de loisir ou d'attelage.

Merci à M. et Mme Perrain pour la gentillesse de leur accueil, nous avoir fait visiter leur très bel élevage et leur magnifique école d’attelage, et pour leur engagement dans la préservation des races domestiques menacées.

Ecole d’Attelage de l’Aubrac Les Mazucs 12420 Cantoin

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Tout pour mon cheval

Publié le par lesbiodiversitaires

Tout pour mon cheval
Tout pour mon cheval

Après Tout pour ma poule, écrire et illustrer Tout pour mon cheval s’imposait.

Il est sorti le 15 octobre, aux éditions Delachaux et Niestlé, 160 pages, 17.50 €

Pour voir la présentation du livre, c'est ici.

Et pour en feuilleter quelques pages, ici.

Ce livre est destiné à tous ceux qui veulent aimer, élever, choyer un cheval de loisir !

Tout pour mon cheval

Il est à la fois pratique et humoristique, et relate mon expérience avec mes juments : choisir un cheval, l’accueillir, nouer des liens avec lui, vivre avec…

Les chevaux sont bien plus que de simples animaux de compagnie. Ce sont des compagnons d’aventure !

Galoper dans les prés, dans les bois, sur les plages, avec un cheval heureux, aussi grisé par le vent que son cavalier, avec cette complicité unique, c’est ce à quoi rêvent tous les apprentis cavaliers.

La dure vie de maréchal...

La dure vie de maréchal...

Avoir un cheval qui vous accueille avec un hennissement joyeux, qui vous fait confiance, heureux dans sa vie… C’est un rêve accessible à tous, si on respecte le cheval, si on prend le temps de réfléchir, si on le traite avec amour.

Monter en cordelette, apprendre à se coucher, partir se balader seule... Une bonne relation avec son cheval rend toutes ces choses et bien d'autres encore simples et possibles.Monter en cordelette, apprendre à se coucher, partir se balader seule... Une bonne relation avec son cheval rend toutes ces choses et bien d'autres encore simples et possibles.Monter en cordelette, apprendre à se coucher, partir se balader seule... Une bonne relation avec son cheval rend toutes ces choses et bien d'autres encore simples et possibles.

Monter en cordelette, apprendre à se coucher, partir se balader seule... Une bonne relation avec son cheval rend toutes ces choses et bien d'autres encore simples et possibles.

Tout pour mon cheval prône une équitation alternative. Cette équitation existe et se développe de plus en plus, mais elle reste encore minoritaire.

Les modes d’apprentissage se basent sur l’équitation éthologique et le renforcement positif. Le cheval est toujours traité avec douceur, respect, il est énormément encouragé, félicité. Du coup, il semble toujours content d’apprendre et « partant », il est très proche de son cavalier et lui témoigne beaucoup d’affection. Il vit au pré toute l’année et surtout en troupeau.

Tout pour mon cheval

Un cheval de loisir (c’est-à-dire l’essentiel des chevaux de propriétaires en France) devrait pouvoir être un vrai « partenaire » de loisir, c’est-à-dire que lui aussi s’amuse et s’épanouisse dans cette vie-là, que le lien avec son cavalier soit une coopération amicale.

Aujourd’hui, on a toutes les connaissances qui permettent d’offrir une vie vraiment heureuse à un cheval. Et pour le cavalier, monter un cheval jamais blasé, très à l’écoute, fin dans ses réponses et plein d’entrain, quel plaisir !

L’idée de ce livre est de vous donner toutes les bases pour commencer avec votre ami à crinière cette belle aventure !

En couv, c'est Oasis !
En couv, c'est Oasis !

Les deux héroïnes du livre

Mes juments camargues Oasis et Umkhumbi vivent toute l’année au pré, dans un troupeau de quatre chevaux.

J’ai eu le coup de foudre en Camargue pour Oasis : avec elle, c'est l'osmose.

J’aime son grand cœur et son petit air sauvage.

Oasis
OasisOasis

Oasis

Tout pour mon cheval

Et voici sa fille. Umkhumbi, c’est le nom zoulou d’une petite antilope forestière, le céphalophe du Natal. Car elle est née pendant que j’étais en Afrique du Sud.

Elle, c’est un clown. Elle est curieuse comme une pie.

Retrouvez-les, avec leurs compagnons de route, au fil des pages de Tout pour mon cheval !

UmkhumbiUmkhumbi

Umkhumbi

J’en profite pour remercier les profs d’équitation éthologique qui m’ont aidée ces dernières années à leur apprendre plein de choses et je les recommande :
Ludovic d’Hautefeuille, Sandrine Dhondt, Audrey Gory.
Et bien sûr le site de l’éthologue Hélène Roche pour le travail au clicker training et se tenir au courant des dernières avancées scientifiques !

Ludo, Sandrine, Audrey avec Umkhumbi à différents âges : douceur et pédagogie, merci à vous !Ludo, Sandrine, Audrey avec Umkhumbi à différents âges : douceur et pédagogie, merci à vous !Ludo, Sandrine, Audrey avec Umkhumbi à différents âges : douceur et pédagogie, merci à vous !

Ludo, Sandrine, Audrey avec Umkhumbi à différents âges : douceur et pédagogie, merci à vous !

Alors pour finir, à cheval, la liberté, c'est une crinière au vent, deux petites oreilles et le monde devant soi...

Le monde selon Umkhumbi (photos Léa Bonnot)

I'm a poor lone cow boy...
I'm a poor lone cow boy...
I'm a poor lone cow boy...
I'm a poor lone cow boy...
I'm a poor lone cow boy...

I'm a poor lone cow boy...

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Vivre autrement à la ferme : c’est possible

Publié le par lesbiodiversitaires

Nous poursuivons nos visites dans des exploitations agricoles qui ont fait le choix de promouvoir des races à petits effectifs, de pratiquer le circuit court et, souvent, de le faire dans le cadre de l’agriculture biologique.
Aujourd’hui visites en Bretagne dans les fermes de Kérourinet et du Kleuz.

Karine et Bruno Guérin ont une exploitation à Ploërdut, dans le cœur du Morbihan. Ici, on n’est guère ennuyé par les voisins. Dans ce paysage vallonné, assez boisé, Karine et Bruno ont fait le choix de conduire une exploitation sur une vingtaine d’hectares, en bio, centrée sur l’élevage de la chèvre des fossés.
La chèvre des fossés est une race à petits effectifs. Autrefois présente dans une grande partie de l’ouest de la France, cette race rustique ne compte aujourd’hui qu’un peu plus de 730 femelles. Ici, 65 chèvres vivent en pleine nature, broutant les légumineuses qui parsèment la prairie que nous visitons.

Une partie du troupeau.

Une partie du troupeau.

Vivre autrement à la ferme : c’est possible
Vivre autrement à la ferme : c’est possible

Les animaux sont splendides. Le poil est brillant et les pis gonflés de lait. C’est un superbe troupeau, où l’immense majorité des femelles sont cornues. Ce qui frappe également, c’est la diversité (et la beauté) des robes. Karine et Bruno ont choisi de maintenir cette diversité et l’on retrouve des robes particulièrement rares comme la « mantelée inversée ». Parmi les robes, on retrouve celle des chèvres des fossés « historiques », c’est-à-dire celles qui peuplait les environs du cap de la Hague, dans le Cotentin, et dont un troupeau quasiment sauvage a subsisté pendant longtemps en complète liberté. Ce troupeau, redécouvert en 1989, a permis à la race de se reconstituer, car elle était au bord de l’extinction, fortement concurrencée par la chèvre alpine.

Chez les éleveurs de races à petits effectifs, les animaux, bien traités, sont souvent très amicaux envers l'homme. Comme en témoignent ces chèvres qui ne manifestent que de la sympathie pour des inconnus découverts quelques minutes plus tôt. Chez les éleveurs de races à petits effectifs, les animaux, bien traités, sont souvent très amicaux envers l'homme. Comme en témoignent ces chèvres qui ne manifestent que de la sympathie pour des inconnus découverts quelques minutes plus tôt.

Chez les éleveurs de races à petits effectifs, les animaux, bien traités, sont souvent très amicaux envers l'homme. Comme en témoignent ces chèvres qui ne manifestent que de la sympathie pour des inconnus découverts quelques minutes plus tôt.

Un jeune bouc s’occupe de tout ce petit monde. Karine, ingénieur agronome recyclée dans l’élevage, gère la fromagerie et produit des fromages de très grande qualité. C’est un plaisir de goûter ses fromages bio et l’on ne peut qu’inciter les personnes de la région à le faire.

Vivre autrement à la ferme : c’est possible
Vivre autrement à la ferme : c’est possible

A côté des chèvres, le couple Guérin élève un petit troupeau de vaches laitières où l’on trouve des bretonnes pie-noir, quelques froment du Léon, des jersiaise (croisées) et une superbe vache canadienne, issue des meilleures lignées, apportées voici plus de 20 ans du Québec, par la famille Brunet. Rappelons ici, que, malgré son nom, la canadienne a de pures origines françaises. Elle a suivi les émigrants qui partirent de Normandie et de Bretagne pour l’Amérique du Nord, à la fin du XVIIe siècle. Sa sœur, ou sa cousine, a perduré pendant quelques siècles en Bretagne de façon tout à fait méconnue et cryptique : il s’agit de la population appelée « brune de Guingamp » qui a disparu au début du XXe siècle. D’ailleurs cette canadienne devrait s’appeler chez nous « brune de Guingamp » ; cela serait plus juste. La valorisation est faite par l’intermédiaire de fromage et de viande de veau.

Vache Canadienne (Emeraude, c'est son nom).

Vache Canadienne (Emeraude, c'est son nom).

Vache Froment du Léon : une beurrière méconnue mais de très haut de gamme.

Vache Froment du Léon : une beurrière méconnue mais de très haut de gamme.

Pour en savoir plus sur la ferme de Kérourin : ici (Kérourin 56160 Ploërdut).
Karine Guérin est présidente de l’Association de Sauvegarde et de Promotion de la Chèvre des Fossés. En 2014, cette association a reçu le 2ème prix agro-biodiversité de la Fondation du Patrimoine.

Karine Guérin (à gauche), lors de la remise du prix.

Karine Guérin (à gauche), lors de la remise du prix.

Des bretonnes pie-noir avec des cloches !

Plus au nord, au cœur des Monts d’Arrée finistériens, se loge la ferme du Kleuz de Gabriel et Véronique Le Hir. On est ici à Plounéour-Menez et le couple possède un petit troupeau de bretonnes pie-noir. Bien cachées dans un pré en pente, on les entend avant de les voir. Gabriel a en effet muni quelques-unes d’entre elles de cloches rapportées des Alpes ou d’Auvergne. C’est étonnant de voir ainsi des « BPN » avec des cloches, mais, en même temps que l’herbage pentu sur lequel elles se trouvent, le bruit des sonnailles donne à l’ensemble des airs de montagne. Après tout, ne sommes-nous pas dans les Monts d’Arrée ?

Deux superbes Bretonnes pie-noir.Deux superbes Bretonnes pie-noir.

Deux superbes Bretonnes pie-noir.

Gabriel s’occupe du troupeau constitué de vaches laitières mais aussi de velles pour la reproduction et de veaux ainsi que quelques bœufs pour la viande (la viande de bretonne pie-noir est succulente).

Boeuf pie-noir d'environ 2 ans.

Boeuf pie-noir d'environ 2 ans.

Véronique, elle, s’attache à la confection des fromages frais ou affinés et notamment une fameuse tomme. Ces fromages ont tellement de succès qu’à la fin de l’été, ils ferment boutique, faute de pouvoir fournir assez de produits !

Source : Télégramme de Brest

Source : Télégramme de Brest

A les écouter, autour d’une tarte à la rhubarbe et du cidre local, on sent toute la passion qui anime l’ensemble de la famille, à faire vivre cette race de vache hautement emblématique de l’agriculture bretonne. Trois chiffres la résument : il y avait 1,4 million de têtes en 1860 en France (c’était la race la plus commune), et… 435 vaches en 1985. Aujourd’hui on est proche des 1 500 femelles. C’est dire si la race revient de loin.

La salle d'affinage.

La salle d'affinage.

Vivre autrement à la ferme : c’est possible

Pour en savoir plus sur la ferme de Kleuz : Gabriel et Véronique Le Hir, Le Kleuz, 29410 Plounéour-Menez. 02 98 78 00 25.

Retrouvez-les en vidéo ici :

Et ici :

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Nostalgie mongole

Publié le par lesbiodiversitaires

Une petite pensée pour les Mongols, en pleine préparation du Naadam, la plus grande fête de Mongolie, qui commence à partir du 11 juillet. Un peuple qui vit encore au rythme de la nature et des chevaux.
Nous y étions il y a trois ans, un éleveur nous a offert un poulain, mais impossible d’aller le chercher...
Ce cheval est en âge de concourir à la course de chevaux.
Qui sait, l’éleveur l’a-t-il entrainé ? Que se passe-t-il dans la steppe en ce moment ?

Le poulain en question, il y a trois ans...

Le poulain en question, il y a trois ans...

L'éleveur et son troupeau de chevaux de course mongols.
L'éleveur et son troupeau de chevaux de course mongols.L'éleveur et son troupeau de chevaux de course mongols.

L'éleveur et son troupeau de chevaux de course mongols.

Un petit naadam local, en attendant la grande fête nationale.
Un petit naadam local, en attendant la grande fête nationale.

Un petit naadam local, en attendant la grande fête nationale.

Cavalier déterminé.

Cavalier déterminé.

Cet éleveur nous avait dit que le cheval camargue ressemblait à un certain type de chevaux mongols.

Cet éleveur nous avait dit que le cheval camargue ressemblait à un certain type de chevaux mongols.

Cet éleveur-ci observe les jeunes chevaux avant la course.

Cet éleveur-ci observe les jeunes chevaux avant la course.

Mais la Mongolie, ça se mérite ! Preuve par l'image que les Mongols ont raison, il n'y a rien de mieux que les chevaux... Enlisés à cause des orages et des inondations soudaines en plein désert de Gobi, on ne se sent pas très fier... surtout quand quelques jours auparavant on a trouvé un crâne humain dans la steppe. Mais avec les Mongols, on se sort de tout !

Mais la Mongolie, ça se mérite ! Preuve par l'image que les Mongols ont raison, il n'y a rien de mieux que les chevaux... Enlisés à cause des orages et des inondations soudaines en plein désert de Gobi, on ne se sent pas très fier... surtout quand quelques jours auparavant on a trouvé un crâne humain dans la steppe. Mais avec les Mongols, on se sort de tout !

Les cavaliers du Naadam auront bien besoin que tournent les moulins à prières !

Les cavaliers du Naadam auront bien besoin que tournent les moulins à prières !

L’occasion de vous faire découvrir Mathias Duplessy, un musicien passionné par le chant diphonique mongol et qui le revisite de façon marrante :

Chacun sa steppe ;-) !!

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Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs

Publié le par lesbiodiversitaires

C’est à Brech (56) que notre jeune prof et amie Audrey Gory a installé son élevage de chevaux de couleurs (ses « breizh mustangs », comme elle dit) il y a deux ans. Rencontre avec la chuchoteuse de ces lieux.

Il y a des canassons qui ont une sacrée bonne étoile. Ceux qui sont tombés sur Audrey sont de ceux-là.
Des chevaux sereins, avec quelqu’un qui fait le maximum pour eux, avec passion, décontraction et bonne humeur… deux étalons, des juments, des poulains, des chèvres, des chiens, deux vaches et bientôt des poules… la hulotte qui chante la nuit, et le petit étang du Cosquer en bas. Voilà pour le cadre.

Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs

Pour la philosophie, c’est celle dont on rêverait pour tous les chevaux.
Les fers aux pieds ? Ils ne connaissent pas. Ici, c’est parage naturel par une maréchale experte. Les quelques box ? Euh, à dire vrai, ils sont plutôt là pour stocker des affaires, et « au cas où ». Un cheval malade, ou qui aurait besoin d’être rentré pour une raison ou une autre, et les box sont à dispo. Mais aucun cheval n’y moisit à longueur de journée…
Ici, tous les chevaux sont au pré, et en troupeau. La belle vie.

Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs
Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs
Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs

Audrey pratique l’équitation dite « éthologique », à laquelle elle ajoute l’apprentissage par renforcement positif (avec le « clicker training », elle écoute les conseils en la matière d’Hélène Roche) et sa propre réflexion sur l’animal via des études d’éthologie scientifique qu’elle suit à l’Université de Rennes.
Une démarche intellectuelle autour du cheval, une remise en question permanente, une curiosité de tout ce qui concerne le comportement animal, et voici une structure équestre qui dénote des autres !

Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs
Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs
Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs

Pourtant, à première vue, tout est pareil qu’ailleurs : un manège, une carrière, un rond de longe, des paddocks, une douche, une sellerie, des cavaliers… Mais non. En fait, tout est différent. Les chevaux sont heureux. Vous ne trouverez jamais un cheval blasé à Pemp Heol !

Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs

Il leur faut bien travailler un peu au rythme de ce que leur apprend Audrey, mais quand on est tombé dans un paradis équin, on peut bien faire quelques pirouettes pour faire sourire la maîtresse de ces lieux. Et quand on voit l’amitié et la confiance que tous ses chevaux portent à Audrey, on se dit que ceux qui racontent que les chevaux ne sont pas affectueux feraient bien de venir faire un tour par ici…

Audrey avec sa jument Mulan et son étalon Tadinho.
Audrey avec sa jument Mulan et son étalon Tadinho.

Audrey avec sa jument Mulan et son étalon Tadinho.

Monter à cru, pour un cavalier, ça demande juste une bonne assiette. Monter en cordelette (sans filet), c’est une autre paire de manches. Alors aller se baigner à cheval en cordelette… ! Il faut que le cheval ait une sacrée confiance en son cavalier. A ne pas faire seul chez soi sans préparation, évidemment ! La complicité qui unit Audrey à sa jument Mulan est rare et Audrey est monitrice. Mais elle peut vous apprendre… à monter en cordelette, dans un contexte sécurisé.

Monter à cru, pour un cavalier, ça demande juste une bonne assiette. Monter en cordelette (sans filet), c’est une autre paire de manches. Alors aller se baigner à cheval en cordelette… ! Il faut que le cheval ait une sacrée confiance en son cavalier. A ne pas faire seul chez soi sans préparation, évidemment ! La complicité qui unit Audrey à sa jument Mulan est rare et Audrey est monitrice. Mais elle peut vous apprendre… à monter en cordelette, dans un contexte sécurisé.

Des robes rares
Dans son élevage, Audrey travaille avec soin sur des couleurs de robes rares (champagne, pie champagne, crème, isabelle, pie isabelle…) à partir de chevaux issus de croisements quarter horse x pure race espagnol, comme dans la race d’équitation de travail « aztèque » mexicaine. Son étalon vit au pré avec son troupeau, et est totalement zen. Les juments sont également très calmes. Mental et couleur, sur un beau physique, sont donc les critères de sélection de Pemp Heol.

En Europe, contrairement aux Etats-Unis, nous avons perdu les couleurs rares. En effet, longtemps les militaires ont privilégié les robes passe-partout, comme le bai. A Pemp Heol la sélection se fait sur des robes très rares.
En Europe, contrairement aux Etats-Unis, nous avons perdu les couleurs rares. En effet, longtemps les militaires ont privilégié les robes passe-partout, comme le bai. A Pemp Heol la sélection se fait sur des robes très rares.
En Europe, contrairement aux Etats-Unis, nous avons perdu les couleurs rares. En effet, longtemps les militaires ont privilégié les robes passe-partout, comme le bai. A Pemp Heol la sélection se fait sur des robes très rares.
En Europe, contrairement aux Etats-Unis, nous avons perdu les couleurs rares. En effet, longtemps les militaires ont privilégié les robes passe-partout, comme le bai. A Pemp Heol la sélection se fait sur des robes très rares.

En Europe, contrairement aux Etats-Unis, nous avons perdu les couleurs rares. En effet, longtemps les militaires ont privilégié les robes passe-partout, comme le bai. A Pemp Heol la sélection se fait sur des robes très rares.

Oeil vert de la robe champagne. L'oeil vert est rarissime chez le cheval.
Oeil vert de la robe champagne. L'oeil vert est rarissime chez le cheval.

Oeil vert de la robe champagne. L'oeil vert est rarissime chez le cheval.

Examen d’une jument prête à pouliner.

Examen d’une jument prête à pouliner.

Avec Audrey, en plus de tout le reste, on s’amuse parfois à apprendre des petits tours aux chevaux. Ces animaux bien plus intelligents qu’on ne le croit sont très zélés pour apprendre (si on leur apprend les choses de manière agréable pour eux, bien entendu). C’est très amusant de les voir réfléchir, comprendre, faire des essais-erreurs, puis sembler tout contents d’avoir trouvé la bonne solution. C’est passionnant d’observer et mettre en place le processus d’apprentissage.
Ils semblent aimer cela, pour la friandise bien sûr, mais pas seulement. Comme nous, les chevaux se lassent de répéter les mêmes choses et aiment bien la nouveauté et les stimulations. Ils aiment bien aussi qu’on les félicite chaleureusement, par la voix, les caresses. Cela renforce la complicité humain/cheval.

Grâce aux explications d’Audrey, Oasis (camargue) a appris à se coucher juste à un signal gestuel, par sa seule motivation, et avec comme récompense une friandise, des félicitations et des caresses (renforcement positif). Rien ne la contraint, pas de licol, ni pression physique ou psychologique. Elle est dans son pré et pourrait s’en aller à tout moment. Un peu de tendresse et de gourmandise, et un cheval est prêt à beaucoup. Et si on inventait l’équitation épicurienne ?
Grâce aux explications d’Audrey, Oasis (camargue) a appris à se coucher juste à un signal gestuel, par sa seule motivation, et avec comme récompense une friandise, des félicitations et des caresses (renforcement positif). Rien ne la contraint, pas de licol, ni pression physique ou psychologique. Elle est dans son pré et pourrait s’en aller à tout moment. Un peu de tendresse et de gourmandise, et un cheval est prêt à beaucoup. Et si on inventait l’équitation épicurienne ?Grâce aux explications d’Audrey, Oasis (camargue) a appris à se coucher juste à un signal gestuel, par sa seule motivation, et avec comme récompense une friandise, des félicitations et des caresses (renforcement positif). Rien ne la contraint, pas de licol, ni pression physique ou psychologique. Elle est dans son pré et pourrait s’en aller à tout moment. Un peu de tendresse et de gourmandise, et un cheval est prêt à beaucoup. Et si on inventait l’équitation épicurienne ?

Grâce aux explications d’Audrey, Oasis (camargue) a appris à se coucher juste à un signal gestuel, par sa seule motivation, et avec comme récompense une friandise, des félicitations et des caresses (renforcement positif). Rien ne la contraint, pas de licol, ni pression physique ou psychologique. Elle est dans son pré et pourrait s’en aller à tout moment. Un peu de tendresse et de gourmandise, et un cheval est prêt à beaucoup. Et si on inventait l’équitation épicurienne ?

Cependant, il faut bien admettre que ce n’est pas à sens unique et que les chevaux aussi nous apprennent des tours… les nôtres ont compris que l’humain pouvait être « dressé » à gratter… ils présentent la partie du corps qu’ils veulent se faire gratter, et avec un signe de tête caractéristique, quémandent du grattage… Sauf que nous, on n’a même pas droit à un bonbon !
Un peu pénibles ces canassons !

Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs
Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs

Retrouvez Audrey sur son site web.
Ou les pages Facebook de sa structure et de son élevage : Facebook Instant complice
ou Facebook Pemp Heol

Élevage de chevaux Pemp Heol : murmurer à l’oreille des (breizh) mustangs

Retrouvez également Audrey en replay sur Equidia (il suffit de s'inscrire, gratuit), pour une émission consacrée à son élevage et au métier d'éleveur.

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Konik polski : un poulain à vendre en Brenne et un projet d’implantation dans le Bugey

Publié le par lesbiodiversitaires

Konik polski : un poulain à vendre en Brenne et un projet d’implantation dans le Bugey

Si vous aimez les chevaux au look vraiment sauvage, le konik polski est fait pour vous ! Nous avons déjà consacré un article (ici) à ce rare cheval, originaire de Pologne et encore à petits effectifs.
Une chance ! La Réserve de Chérine (Indre) vient de nous dire qu’elle a à nouveau un poulain (mâle) de 10 mois à vendre et nous demande de faire passer l’info !
Comme toujours, l’argent de la vente (petit prix) ira à la Réserve, pour la protection de la nature. Double bonne action, biodiversité sauvage et biodiversité domestique !
Ce sont de très gentils chevaux, mais avec une personnalité affirmée : avoir un poulain (surtout issu d’un troupeau semi-sauvage) demande des connaissances équestres, de la persévérance, de la patience…

En haut et ci-dessus : poulain Konik polski de 10 mois - Réserve de Chérine (Brenne)

En haut et ci-dessus : poulain Konik polski de 10 mois - Réserve de Chérine (Brenne)

Autre chose : un cheval n’est pas fait pour vivre tout seul, mais avec un autre cheval ! Ce sont des animaux grégaires. Et la compagnie d'animaux d'autres espèces n'est pas suffisante pour lui.
Il a aussi besoin de beaucoup d’espace et de vie au grand air. Nous lui cherchons une bonne famille connaissant les besoins des équidés et sachant s’en occuper.
Si vous êtes intéressés, nous contacter et nous vous mettrons en lien avec la personne qui s'en occupe à la Réserve.

Poulain Konik polski de 10 mois - Réserve de Chérine (Brenne)

Poulain Konik polski de 10 mois - Réserve de Chérine (Brenne)

Nous avons également été contactés par l’association ARTHEN. Cette association met en avant la proximité du konik avec le tarpan disparu (comme le sorraïa au Portugal, le konik polski a conservé l’aspect sauvage de son ancêtre) et favorise son implantation dans certains espaces naturels afin qu’il puisse retrouver, éventuellement avec d’autres grands herbivores, un rôle dans l’écosystème.
ARTHEN organise une collecte de fonds afin d’aménager un nouveau parc dans le Bugey. Ce parc d’une trentaine d’hectares permettra d’accueillir un nouveau groupe de chevaux. Cet espace naturel est une pelouse sèche en voie d’embroussaillement car ces terrains, anciennement pâturés, sont abandonnés depuis plusieurs décennies.
Les chevaux pourront contribuer à conserver l’intérêt écologique de ce milieu qui recèle une flore et une faune particulière (orchidées, papillons, pie grièche écorcheur, etc.).
Mais il faut clôturer ces terrains et procéder à certains aménagements (point d’eau, corral de contention, etc.). Une Association Foncière Pastorale finance 72 % des travaux. Mais le reste, soit plus de 5000 €, est à la charge de l’association qui, dans l’état actuel des choses, n’a pas les fonds nécessaires. Il leur faut impérativement 2500 € pour équilibrer le budget.

Pour les aider, le lien est ici.

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Remise de prix pour l'Agro-biodiversité au salon de l'Agriculture : cuvée 2015

Publié le par lesbiodiversitaires

Jeudi 26 février 2015, la Fondation du patrimoine a remis son prix pour l'Agro-biodiversité animale aux trois lauréats de cette année 2015. La cérémonie s'est tenue au salon de l'Agriculture en présence de François-Xavier Bieuville, directeur général de la Fondation et Arnaud Bourgeois, vice-président de Céva Santé Animale - mécène de ce prix. Les Biodiversaires (PJD est membre du jury) y étaient.

Premier prix (10 000 €) – Gilles et Geneviève Delas, éleveurs de vaches Béarnaises.

Installés à Herrère, Pyrénées-Atlantiques, ces jeunes éleveurs motivés et passionnés entendent pérenniser cette race par leur projet de revalorisation et de promotion de la viande, et plus particulièrement pour celle du veau de lait élevé au pis, qui possède de grandes qualités gustatives. De 300 000 bêtes recensées au début du 20e siècle, on est passé aujourd’hui à 250 aujourd’hui. Autant dire qu’il y a urgence à sauvegarder cette race, dont les animaux se caractérisent par des cornes impressionnantes. Le bœuf était autrefois largement employé pour le travail.

                            Gilles et ses boeufs Béarnais

Gilles et ses boeufs Béarnais

Vache Béarnaise et son veau en montagne

Vache Béarnaise et son veau en montagne

Deuxième prix (6 000 €) - Association nationale de sauvegarde du porc gascon (Pyrénées-Atlantiques).

Le jury a relevé l’urgence de la préservation génétique de cet animal. Le projet de l’association symbolise l’espoir de la création nouvelle d’une filière de grande qualité, qui pourrait avoir un effet d’entraînement vis-à-vis d’autres races. Il est centré autour des enjeux de prophylaxie et de variabilité génétique, indispensables à la pérennité de la race gasconne.

La filière du porc gascon souhaite développer des produits plutôt haut de gamme, grâce à la viande de cette race appartenant au rameau des porcs ibériques, capables de fournir une viande remarquable. Aujourd’hui, plusieurs grands chefs ont, à leur table, de la viande de porc gascon.

En 2011, on compte un peu plus de 1 100 reproducteurs.

Truie Gasconne et ses porcelets (photo R. Ribereau-Gayon)

Truie Gasconne et ses porcelets (photo R. Ribereau-Gayon)

Troisième prix (4 000 €) - Conservatoire des Races d’Aquitaine pour son projet de sauvegarde, valorisation et développement du poney landais (Gironde).

Il s’agit d’une race très ancienne, l’une des dernières races de poney français de souche. Elle est fortement menacée du fait de la perte de variabilité génétique liée à la faible mise à la reproduction des juments. L’enjeu de la diversité génétique est prépondérant au sein des 41 élevages de poney landais recensés en France. Le projet du conservatoire vise à faire collaborer et accompagner l’ensemble des acteurs autour d’un projet collectif de valorisation de la race.

Cette race équine n'a jamais été extrêmement répandue. Au début du XIXe siècle, on comptait environ 2 000 chevaux. Il ne restait que 150 individus en 1945. Le stud-book fut ouvert en 1967.

 Poneys landais

Poneys landais

Remise des prix aux gagnants

Remise des prix aux gagnants

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Les origines de la vache normande

Publié le par lesbiodiversitaires

La race bovine normande est bien connue de tous, tant elle est liée, emblématiquement, aux vergers en fleurs de la Normandie. Au-delà de l’image d’Epinal ou de la carte postale, cette race a connu un essor considérable pour se trouver, au cours de ces dernières décennies, dans une position plus difficile. Mais, au fait, d’où vient la Normande ?
 
La race Normande est née de la fusion de plusieurs races ou populations bovines qui vivaient en Normandie. La plus connue (et la plus importante) est sans contexte la Cotentine, qui s’est d’ailleurs confondue avec la Normande au début du XXe siècle. Mais deux autres races ont joué un rôle secondaire : l’Augeronne et la Cauchoise. Il y a eu également la Brayonne, qui était davantage une simple population.
 
La Cotentine, maîtresse vache
La race Cotentine occupe au cours du XIXe siècle la péninsule du Cotentin d’où vient son nom.  Son origine est mal connue : il y avait au XVIIIe siècle la grande et la petite « race » Normande dont elle est sans doute issue. La petite variété, selon les textes anciens, ressemblait par sa taille et sa conformation à la Jersiaise. D’ailleurs il est possible que l’actuelle Normande, par sa génétique, soit plus proche de la Jersiaise que des autres races françaises.
La robe de la Cotentine est typiquement bringée, c’est-à-dire que sur la robe de couleur brun-rouge,  on note la présence de bandes parallèles noires appelées "bringeures". Celles-ci parfois rapprochées au point de faire apparaître la robe presque noire (il y avait d’ailleurs, jusque vers les années 1850, des animaux à robe noire). Le brun-rouge peut être plus pâle - rouge clair, blond ou froment. Le pelage est plus ou moins envahi de blanc, surtout sur les côtés du ventre, du tronc et de la tête, comme celui que l’on retrouve chez l’actuelle Normande. Cependant, il est probable que, jusqu’au tournant du XXe siècle, il y avait pas mal d’animaux à la robe très couverte (avec peu de blanc). D’autre avait une robe panachée, assez claire, qui rappelle celle de la Montbéliarde.
 
          photo-1.jpg
Représentation de la Cotentine vers 1850. On note une robe très couverte, presque unie mais aussi bringée. Le blanc
n'est présent que sur la tête, le bas ventre et les membres
 
         Cotentine---vache---CR-Rouen-1855.jpg
   Vache de race Cotentine, primée à Rouen en 1855. Robe très couverte avec peu de blanc
 
Quelques exemples de vaches de race Cotentine :
                   BB---Cotentine---027.jpg
       Noter la tête allongée, la haute stature, les cornes relevées (vers 1900)
 
           Cotentine---type---vache---Grand-Prix-Paris-1899---FD-ENV-M
  Vache Cotentine primée à Paris en 1899  
 
             Cotentine---vache---debut-du-XXe-siecle.jpg
                      Belle vache Cotentine du début du XXe siècle. Noter le cornage relevé là encore
 
Dès les années 1770, les éleveurs pratiquent des croisements avec l’Augeronne, la race voisine (voir ci-dessous), ce qui a pour conséquence un pelage plus pie-rouge (avec plus de blanc). Les animaux sont connus pour leur grande taille – il y a eu le fameux bœuf cotentin de 2m présenté à Paris en 1845.
 
               BB---Cotentine---028.jpg
                           Type de boeuf Cotentin (poids 1 038 kg) primé au concours général de Paris en 1900
 
Au fur et à mesure que nait la race Normande, celle-ci s’émancipe du Cotentin. On la rencontre dans une bonne partie de la Normandie (haute et basse) et jusqu’à l’Ile-de-France.
 
L’Augeronne, d’origine batave
A côté de la Cotentine, on rencontre une autre vache dans les prairies du Calvados, de l’Orne et de l’Eure. Cette race semble avoir une origine différente de la Cotentine, et serait peut-être proche de races anciennes d’Ecosse (Kiloe, Highlands). Ce qui est plus probable c’est que vers 1730 on croise ces animaux avec du bétail (probablement pie-rouge) originaire des Pays-Bas. C’est l’Augeronne qui s’engraisse facilement, qui va donner à la Normande sa viande de qualité (la Cotentine étant surtout laitière).
 
               BB---Augeronne---023
                 Vache Augeronne représentée dans un ouvrage de 1860. Noter l'absence de "bringeures" et de "truitures"
 
La robe de l’Augeronne est blanche avec des taches rouges ("truitures") disséminées sur le corps, parfois réunies en plaques, surtout sur les parties antérieures et aux extrémités (membres, oreilles, pourtour des yeux) qui sont bordées de rouge. Elle est rarement bringée.  Elle est  moins haute et moins lourde que la Cotentine. Des tentatives de croisement avec la Durham, à la fin du XIXe siècle, sont rapidement abandonnées. On va, par contre, utiliser des taureaux cotentins en croisement d'amélioration et d'absorption. L'Augeronne sera donc absorbée dans la Cotentine.
 
BB---Augeronne---024.jpg
  Bel exemple de vache Augeronne à la robe "truitée" (début du XXe siècle)
 
Augeronne---vache--au-centre----Donfront-61---1907.jpg
Au début du XXe siècle on trouve encore ça et là des vaches Augeronnes comme celle-ci
sur le champ de foire de Donfront, Orne
 
La Cauchoise, moins connue
Cette population vit dans le Pays de Caux, en Seine-Maritime. Elle est donc en contact avec d’autres races comme la Flamande (et la Picarde, aujourd’hui disparue), mais aussi avec la Cotentine.  Les animaux sont assez grands, mais relativement fins, sans doute du fait de leur parenté, plus ou moins éloignée, avec la variété picarde de la Flamande. La robe pie-bond (le blanc est souvent minoritaire) avec la tête blanche, plus longue que celle de la Cotentine.
 
BB---Cauchoise---017.jpg
Taureau cauchois, primé au concours général de Paris en 1856. Noter la robe très couverte et la tête blanche ainsi que le bas des membres et une partie du ventre
 
La Cauchoise est laitière. Elle est croisée assez régulièrement au XIXe siècle avec la Durham, mais c’est surtout l’introduction de sang cotentin qui va l’améliorer. Celle-ci a lieu à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. Une tentative de reconstitution de la race Cauchoise au début du XXe siècle, pour obtenir des individus plus grands et plus lourds que ceux du Cotentin et plus laitiers que ceux de la Basse-Normandie, ne sera pas maintenue. Comme l’Augeronne, la Cauchoise s fond alors dans la Cotentine pour former ce qui est déjà la Normande. Elle disparaît dans les années 1920.
 
Cauchoise---vache---S.jpg
Vache cauchoise de type ancien (années 1920). Noter la robe couverte et la tête allongée,
différente de celle de la Normande actuelle
 
Cauchoise-(vache-de-gauche)---Yport-76---début-du-XXe-siè
Vaches de type Cauchoise, Yport, Seine-Maritime, début du XXe siècle
 
D’autres populations normandes…
Une population bovine existe aussi, au XIXe siècle, dans le Pays de Bray (arrondissement de Neufchâtel), en Seine-Maritime. Ces animaux ressemblent à ceux des races précédentes, mais il y a eu des croisements constants avec la Hollandaise (la future Holstein). C’est une race de taille moyenne à haute, avec une robe à fond blond plus ou moins foncé avec bringeures et plaques blanches plus ou moins étendues. La tête est parfois blanche, avec les yeux et le mufle bordés de poils foncés de la couleur du pelage. Les vaches sont laitières, avec cependant un bon engraissement. Elle aussi fusionnera avec la Cotentine et la Normande.
 
BB---Brayonne---020
Vache de type Brayonne (début du XXe siècle). On remarquera la proximité de robe et de conformation avec la Cauchoise
 
Brayonne-prob.jpg
Foire aux bestiaux, Forges-les-Eaux, Seine-Maritime. L'animal à l'arrière plan est de type Brayonne (vers 1907)
 
Il existe d’autres variétés locales dont on ne sait pas grand-chose. La Mayennaise, la race à basse corne de la région de la Hague, la variété du Bessin, la race de Merlerault. De même on connait la Beauceronne, mais toutes ne sont que des variétés plus ou moins bien individualisées des races plus importantes de Normandie. Enfin, au début du XIXe siècle existait  dans le Perche une variété de la Normande appelée ‘’Percheronne’’. Elle aurait contribué, avec la Mancelle et, surtout la Durham, à la naissance de l’actuelle Saosnoise dont une variété de robe est appelée « percheronne ».
 
BB--Percheronne---021.jpg
Taureau de type Percheron (début du XXe siècle). Le bas des membres est souvent coloré
 
Normande---vache---Expo-Univ.jpg
Vache Normande photographiée en 1856 (!) à l'occasion de l'exposition universelle de Paris. La robe est
celle d'une Montbéliarde actuelle !
Normande-origine-a-mettre-avec-Cotentine---.jpg
Tableau récapitulatif montrant les différentes composantes ayant abouti à la création de la race Normande
(l'épaisseur des traits est proportionnel à l'influence de chaque race ou population bovine)
 
Et aujourd’hui
De toutes ces races et variétés, il ne reste plus que la normande, issue principalement de la Cotentine. Cette vache a eu une très forte influence au cours du XXe siècle, grâce à sa double vocation, laitière surtout, mais aussi sa viande, fine et persillée. C’est la Normande qui est derrière de fameux fromage comme le livarot, le pont-l’évêque et, bien sûr, le camembert. Omniprésente dans une grande moitié nord de la France, ses effectifs atteignent les 3 millions de têtes en 1943 et même 5,7 millions en 1972. Ensuite, ceux-ci diminuent fortement devant la poussée de la Frisonne puis de l’Holstein. En 1984, les chiffres redescendent à 3 millions de têtes, dont 1,5 millions de vaches. Au début des années 2010 l’effectif de ces dernière de se situe autour de 463 000 (et 2 millions de têtes)… Cependant, la normande s’exporte bien, comme en Amérique du sud, par exemple, où elle est très présente en Colombie, en Uruguay, au Brésil. On la trouve aussi aux Etats-Unis et, plus près de nous, il y a un troupeau important en Belgique.
Normande---vache-1---Ploemel-56---2011.07.jpg
Normande---vache---M.jpg
Deux exemples de Normande actuelle
 
 La Normande, un peu malmenée en France, résiste plutôt bien. Elle le mérite car à côté de ses qualités laitières indéniables, elle fournit une viande de très grosse qualité, appréciée des connaisseurs.
 
jpg-minocqua.jpg
Vache Normande de... compétition (source Normande Genetics)
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