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biodiversite sauvage

Questionnements autour du cheval de Przewalski

Publié le par lesbiodiversitaires

Devant le nombre de messages reçus (merci à tous) concernant l’annonce, suite à des analyses génétiques, que le cheval de Przewalski ne serait en fait pas une espèce complètement sauvage mais un cheval qui aurait subi, il y a quelques millénaires, un tout début de domestication, apportons une petite précision.

Chevaux de Przewalski (Mongolie)

Chevaux de Przewalski (Mongolie)

Une telle annonce provoque évidemment des réactions et des débats.

Le communiqué annonçant la découverte génétique, ici, explique qu'il ne faudrait finalement plus considérer ce cheval comme un animal sauvage, et qu'il n'existerait donc plus de chevaux réellement sauvages sur Terre.

Mais d'autres scientifiques nuancent cette étude. Par exemple l’éthologue équine Hélène Roche, qui travaille avec les chevaux de Przewalski, témoigne ici du fait que certains scientifiques ne sont pas forcément d'accord avec l'interprétation de ces premiers résultats, et rappelle que le Przewalski reste un animal très différent des chevaux domestiques, avec notamment un nombre de chromosomes qui n'est pas le même.

 

Poulain de Przewalski (Mongolie)

Poulain de Przewalski (Mongolie)

Il faut savoir en effet que tout ce qui touche à question de la domestication, c’est très compliqué : les hypothèses changent régulièrement, quel que soit l’animal (concernant le chien, ce n’est pas simple non plus).

En soi, il ne serait pas absolument surprenant qu’il n’existe plus d’espèce de chevaux sauvages sur Terre. L’auroch, l’ancêtre de la vache, a par exemple disparu (du fait de la chasse). Les aurochs actuels ne sont que des reconstitutions artificielles.

 

Pour le cheval, attendons donc d’en savoir un peu plus sur ce sujet, de lire les futurs articles qu’une telle découverte va forcément susciter. Admettons que les scientifiques se mettent tous d’accord sur le fait que le Przewalski soit en effet une espèce qui, il y a des millénaires, ait pu être un tout petit peu domestiquée/apprivoisée par l’homme. Il n’en resterait pas moins un animal à préserver absolument et quand même très éloigné de nos chevaux domestiques actuels.

Et le cheval de Przewalski est un animal sauvage, quoi qu’il en soit, il ne s’apprivoise pas mieux qu’un loup ou qu'un zèbre : l’homme ne peut rien faire de lui. Il doit continuer d’être préservé au même titre que n’importe quelle espèce sauvage. Il ne faudrait surtout pas que cette découverte soit une porte d’entrée pour que certains considèrent le Przewalski comme un animal moins intéressant !

Cheval de Przewalski (Mongolie)

Cheval de Przewalski (Mongolie)

Et pour aller plus loin dans la réflexion, par ailleurs, si nos chevaux domestiques sont en effet les derniers représentants d’une espèce totalement disparue, c’est une raison de plus pour essayer de préserver les races à petits effectifs, et conserver un patrimoine génétique le plus large possible. Comme on le répète régulièrement, chaque race d’animaux domestique qui disparaît, c’est un pan génétique de l’espèce qui disparait. Et qui donc s’affaiblit.

Rappelons par exemple que certaines races de vaches industrielles rencontrent aujourd’hui d’énormes soucis de fertilité et de reproduction… et on va être bien content, à l’avenir, de pouvoir les "retremper" avec un peu de sang de races à petits effectifs pour pouvoir continuer d’avoir des vaches. La question de cette préservation du patrimoine génétique de l’espèce est essentielle.

L’homme est pour le moment encore dans un sentiment de toute puissance qui le déconnecte de la réalité des ressources de la planète (le fort déclin du pétrole est estimée à 2030-2040) et lui fait penser qu’il trouvera toujours des solutions à tous les problèmes qu’il crée. Mais qui dit qu’il n’aura pas besoin un jour, dans un futur plus ou moins lointain, à nouveau, de l’énergie animale, de la force de traction et de portage du cheval, qui lui ont été utiles durant des millénaires ? Qui dit que nous n'auront pas besoin, dans un futur lointain, de redevenir en partie cavaliers ? Qui dit que le futur de l’homme ressemblera à la science-fiction ? Peut-être que le Millenium falcon de l’avenir, en fait, ce sera un poney shetland !

Alors si un jour nous avions à nouveau besoin des chevaux, nous serions bien heureux d’avoir pu préserver au maximum le patrimoine génétique de leur espèce !

 

Et si on faisait une analyse génétique de Bilbo, la bestiole poilue qui essaie de se faire passer pour un poney shetland, récupérée l’année dernière chez un papi de la région ? On découvrirait peut-être qu’il s’agit d’un chaînon manquant entre les chevaux, les ours et les bœufs musqués ??

 

 

Même domestique, on peut avoir l'air préhistorique !

Même domestique, on peut avoir l'air préhistorique !

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Solstice d'hiver et derniers crépuscules

Publié le par lesbiodiversitaires

Bécasseau sanderling

Bécasseau sanderling

Quelques images crépusculaires, puisque l’année touche à sa fin. C’est aujourd’hui le solstice d’hiver : le jour le plus court, la nuit la plus longue.

Solstice d'hiver et derniers crépuscules

Ces jours de froid et de nuit noire sont, qu’on le veuille ou non, des périodes de transition et de questionnements pour les humains. Dans quelques jours, une année de plus se sera écoulée. Peut-être est-ce pour cela que nous nous griserons, toute cette semaine, de marrons glacés et de surconsommation, pour éviter de nous poser trop de questions ?

Roche sèche, Erdeven.

Roche sèche, Erdeven.

Et les animaux ? Que ressentent-ils ? Il y a tous ces lâcheurs d’oiseaux migrateurs qui sont partis passer l’hiver sous les tropiques, nous plantant là avec nos écharpes et nos bonnets. Il y a les lézards et les amphibiens, qui, ne voulant entendre parler de rien, se sont cachés dans un petit coin où ils roupillent en attendant les beaux jours.

Les derniers rayons du jour sur une mouette de Franklin (Fouesnant, novembre)

Les derniers rayons du jour sur une mouette de Franklin (Fouesnant, novembre)

Mais ceux qui sont là, qui affrontent le froid et les petits matins givrés ? La chouette hulotte cachée dans son arbre, qu’on ne voit pas. Le renard dont les yeux brillent fugacement au fond du pré. Les bécasseaux qui vont et viennent le long des plages, jouant avec l’écume. Que font-ils de toutes ces nuits ? Est-ce qu’elles leur semblent longues ?

Bécasseaux variables, dérangés par une aile volante (Erdeven)
Bécasseaux variables, dérangés par une aile volante (Erdeven)

Bécasseaux variables, dérangés par une aile volante (Erdeven)

C’est le solstice d’hiver, l’entrée officielle dans l’hiver. Et, comme chaque année, c’est une très bonne nouvelle. Car à partir de demain… les jours rallongent !

Pingouin torda dans les reflets du port (Fouesnant)

Pingouin torda dans les reflets du port (Fouesnant)

Publié dans Biodiversité sauvage

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Des goélands et des étoiles de mer

Publié le par lesbiodiversitaires

Des goélands et des étoiles de mer

Samedi 16 décembre, Etel (Morbihan). Des centaines de goélands argentés sont réunis au niveau de la barre. Jamais il n’y en a autant à cet endroit. Mais que font-ils ?

Des goélands et des étoiles de mer

A y regarder de plus près, ils sont en train de pêcher, activement. Et à regarder encore plus près, ils se font une orgie d’étoiles de mer. Il y a eu du vent, beaucoup de vent, les jours précédents. Et ce gros temps a ramené dans l’embouchure de la rivière d’Etel énormément d’étoiles de mer. Les goélands les ont trouvées, et se sont passés le mot. C’est un festin !

C'est que ce n'est pas facile à gober, une étoile de mer !
C'est que ce n'est pas facile à gober, une étoile de mer !
C'est que ce n'est pas facile à gober, une étoile de mer !
C'est que ce n'est pas facile à gober, une étoile de mer !

C'est que ce n'est pas facile à gober, une étoile de mer !

C'est le moment d’observer des comportements amusants.

Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer

D’abord, les courses-poursuites pour se piquer les étoiles de mer ! Les tentatives de vol aboutissent quelques fois. On se croirait dans un poulailler, quand toutes les poules poursuivent celle qui a trouvé un ver de terre.

Des goélands et des étoiles de mer

Un ou deux goélands prennent en chasse celui qui a pêché une étoile de mer, parfois jusqu’à lui faire lâcher prise. Cris, pugilat, les batailles sont âpres. Voici deux exemples de poursuite :

Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi
Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi

Bataille n°1 : le premier goéland est contraint de lâcher sa proie, chapardage réussi

Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !
Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !
Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !
Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !
Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !
Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !

Bataille n°2 : chapardage encore réussi ! En la dérobant à même le bec !

Face à ces vols répétés, certains goélands ont mis en place une stratégie pour manger tranquillement, observée de nombreuses fois ce matin-là. Celui qui a trouvé une étoile de mer se dépêche de l’emmener sur une petite lagune où d’autres goélands sont déjà en train de manger leur propre étoile de mer. Ils vont gober ainsi chacun la sienne, les uns à côté des autres.

Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer
Des goélands et des étoiles de mer

Pas bête ! En effet, en allant s'en régaler à côté d’un autre qui mange déjà, moins de risque de se faire piquer son butin qu’en essayant de la déguster à côté des copains bredouilles et envieux !

Publié dans Biodiversité sauvage

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Winter is coming

Publié le par lesbiodiversitaires

Winter is coming

De ses quêtes de faune sauvage, le naturaliste revient souvent bredouille. Coins de forêts vides d'oiseaux, landes désertes... Les animaux ne sont pas toujours au rendez-vous.

Winter is coming
Winter is coming
Winter is coming

Mais s'il y a un domaine où le naturaliste ne rentre jamais bredouille, c'est la beauté du monde.

Winter is comingWinter is coming

L'hiver qui arrive doucement apporte sa féérie si particulière, année après année. Givre léger, brumes blanches...

Winter is coming

... herbes qui crissent sous les pas...

Winter is coming
Winter is coming

...et flaques autrefois boueuses, soudain figées, en une multitude d'œuvres d'art.

Winter is coming
Winter is coming

Les premiers rayons de soleil font fondre une à une les gouttes gelées par la nuit, et les brumes s'évaporent.

Winter is coming
Winter is coming
Winter is coming

A défaut d'animaux sauvages, plus loin dans la balade, voici un troupeau de moutons d'une race rare, poétiquement nommée "moutons Landes de Bretagne".
Bien au chaud sous leur laine douillette, ils sont prêts à affronter le froid.

Winter is coming

Les fins d'automne et l'hiver ont souvent mauvaise presse. C'est pourtant le moment des feux de bois, des couettes bien chaudes, des soupes de butternuts, des amis qui apportent des sacs de noisettes. Surtout, c'est le seul moment de l'année où les lèves-tard peuvent assister au lever du soleil, et les couches-tôt profiter pleinement des levers de lune. 

Et si on décidait d'aimer l'hiver ?

Winter is coming

Photos prises samedi à l'étang de Quéhéhon, Monteneuf (Morbihan), et le mouton un peu plus loin.
 

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La loutre de la rivière Esla

Publié le par lesbiodiversitaires

Rivière Esla, nord-ouest de l'Espagne, 12 août 2017, carnet de terrain.

La loutre de la rivière Esla

Il est 21h passé, le crépuscule tombe sur la rivière, irisant l’eau et donnant aux herbes aquatiques des teintes intenses d'emeraude. Les étourneaux unicolores gazouillent des strilles auxquelles nos oreilles ne sont pas habituées. Pierre, Anne et Philippe affutent à un bout du grand pont. Moi, je suis partie à l’autre bout : j’ai décidé de guetter le rocher couvert d’épreintes qui se trouve juste en dessous.

La loutre de la rivière Esla
La loutre de la rivière EslaLa loutre de la rivière Esla

Une loutre, une loutre, me dis-je, c’est bien comme une poule ou un cheval, ça doit bien aimer faire toujours son même petit circuit tranquillou.

Le soir tombe, entraînant l’esprit dans diverses rêveries.

Un héron pourpré ayant attrapé une couleuvre vipérine passe au-dessus du pont !
Un héron pourpré ayant attrapé une couleuvre vipérine passe au-dessus du pont !

Un héron pourpré ayant attrapé une couleuvre vipérine passe au-dessus du pont !

Une autre couleuvre vipérine, nageant sous l'eau, observée la veille, lors d'un affut sur une autre rivière à loutres...Une autre couleuvre vipérine, nageant sous l'eau, observée la veille, lors d'un affut sur une autre rivière à loutres...

Une autre couleuvre vipérine, nageant sous l'eau, observée la veille, lors d'un affut sur une autre rivière à loutres...

Mon rocher est toujours désert.

Allez cocotte, viens donc faire ton petit caca du soir.

Mais rien. Pas la moindre moustache de loutre à l’horizon.

Je repense à ma seule observation de loutre, en 2014, dans les Pyrénées. Nous étions en train de remonter en voiture une rivière à loutres bien connue, au petit matin, très tôt, pour aller rendre visite à un vieil éleveur de chevaux mérens et castillonnais. Quand tout à coup, sur un rocher au beau milieu de la rivière, j’avais aperçu une silhouette et poussé un cri : « là ! là ! Un énorme mustélidé euh mais c’est une louuuuuutre !!!! »

Le temps de piler la voiture et de faire marche arrière, mémère avait plongé.

Observation rapide et quelque peu frustrante, comme souvent avec cet animal.

Mais sur la rivière Esla, le soir est bien tombé. Des poissons sautent, mais de mustélidé dodu, pas une trace.

La loutre de la rivière Esla

Bon, c’est encore raté pour cette fois. De toute façon hein, c’est toujours comme ça, la loutre. On ne la voit jamais cette bestiole.

Mon esprit n’est plus du tout à la loutre : rhalala, faut vraiment réussir à faire marcher internet à la rentrée, puis le téléphone, puis la télé, pourquoi elle ne marche pas non plus, pfff, j’y comprends rien à tout ça et…

« Elise !!! »

Je me retourne. Pierre et Philippe me font des grands gestes. Qu’est-ce qu’ils me veulent ces deux-là ? Que je rentre ?! Hum, ils ont l’air bien énervé là… Ils ont vu une loutre ou quoi ??

« Mais là, juste devant toââââ !!! », me crie Pierre.

La panique me saisit. J’écarquille les yeux, regarde partout. Mais non !! je ne la vois pas ! Je ne la vois pas ! Mais c’est pas vrai que je ne la vois pas.

Mais c’est pas vrai qu’ils vont tous la voir et pas moi alors que je suis la mieux placée, merde de merde de merde de merde !

Philippe s’approche, d’un pas tranquille.

Bon, ok, c’est mort, elle a disparu, sinon il ne viendrait pas. Là je suis vraiment écœurée à l’extrême. Mais c’est pas vrai que j’ai raté une loutre ! Une loutre !

Je regarde Philippe arriver, de mon œil le plus morne.

« M’enfin tu ne l’as pas vue, elle était là, juste devant toi, dit-il pour enfoncer le clou. Elle a nagé de là à là », rajoute-t-il en montrant un passage assez long près des herbes de la berge !

Mais je n’ai pas le temps de ruminer ma vexation. Un remous se fait dans la rivière, juste en dessous de nous, presque sous le pont. Elle est là, la grosse loutre, qui vient sur son rocher à épreintes !!!

Il fait quasi nuit, mais je tente quand même une photo pourrie, sans le flash pour ne pas lui faire peur, les iso poussés au max. Elle passe sous le pont. Remonte sur un rocher où elle se dandine « Elle s’y est frottée le cul, elle a dû faire une épreinte », murmure Philippe. Tandis que j’ai beau entendre le déclencheur ramer, présageant de photos totalement floues, je m’acharne à prendre un cliché.

Puis elle replonge et disparait, silencieusement.

Merveilleuse loutre !

"La loutre", art photographique... !
"La loutre", art photographique... !

"La loutre", art photographique... !

Sur ce, le coeur léger, les yeux plissés de bonheur, rentrant dans la nuit, il n’y a plus qu’une chose à faire : aller boire une bière.

Publié dans Biodiversité sauvage

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Préservons la biodiversité marine du Mor Braz (Morbihan) : sortie du 16 septembre 2017

Publié le par lesbiodiversitaires

Dauphins communs

Dauphins communs

Depuis que la Mor Braz Team est née il y a environ deux ans et demi, l’un des objectifs de l'équipe était de partager avec le grand public ces observations magiques que nous vivons dans notre cher océan morbihannais. L’idée d’une sortie en mer grand public est née il y a quasi deux ans, et nous sommes tous heureux qu’elle ait pu se réaliser hier. Pour l’occasion, les vents et les eaux furent favorables, apportant aux observateurs émerveillés des nuées d’oiseaux… et de dauphins.

Fous de Bassan (le premier est un oiseau de deuxième année).
Fous de Bassan (le premier est un oiseau de deuxième année).
Fous de Bassan (le premier est un oiseau de deuxième année).

Fous de Bassan (le premier est un oiseau de deuxième année).

Ce samedi 16 septembre, Bretagne Vivante a embarqué 70 personnes à bord du navire de la compagnie Navix, au départ de Locmariaquer. L’idée était de sensibiliser le grand public à la richesse naturelle du Mor Braz. En effet, comme ceux qui suivent ce blog le savent désormais, cette zone est un lieu de prédilection pour les oiseaux et les mammifères marins, dont certaines espèces rares.

Océanites tempêtes.
Océanites tempêtes.Océanites tempêtes.

Océanites tempêtes.

Notre crainte était bien sûr que les animaux, toujours imprévisibles, ne soient pas au rendez-vous. Nous avons quand même connu quelques sorties parfois un peu difficiles... Mais le Mor Braz fut très généreux :

 

Grand labbe, labbe parasite, mouette de Sabine, puffin des Baléares, puffin anglais, fou de Bassan, océanite tempête et une mouette mélanocéphale baguée en République tchèque ! Et bien sûr les habituels : goélands argentés, bruns et marins, sternes caugeks et pierregarins. Ainsi qu’un poisson-lune !

Jeune mouette mélanocéphale, guillemot de Troïl, grand labbe.
Jeune mouette mélanocéphale, guillemot de Troïl, grand labbe.
Jeune mouette mélanocéphale, guillemot de Troïl, grand labbe.
Jeune mouette mélanocéphale, guillemot de Troïl, grand labbe.

Jeune mouette mélanocéphale, guillemot de Troïl, grand labbe.

Dans l’après-midi, un chalutier nous a permis l’observation d’un spectacle incroyable : environ 5000-6000 oiseaux de mer se pressant derrière le bateau.

Préservons la biodiversité marine du Mor Braz (Morbihan) : sortie du 16 septembre 2017
Derrière ce chalutier, il y avait environ 3 % de la population mondiale de puffin des Baléares ! En effet, le puffin des Baléares est très rare (environ 20 000 individus), et il y en avait environ 500 individus derrière ce bateau... faites le calcul.

Derrière ce chalutier, il y avait environ 3 % de la population mondiale de puffin des Baléares ! En effet, le puffin des Baléares est très rare (environ 20 000 individus), et il y en avait environ 500 individus derrière ce bateau... faites le calcul.

Puffin des Baléares et dauphins communs.
Puffin des Baléares et dauphins communs.

Puffin des Baléares et dauphins communs.

Préservons la biodiversité marine du Mor Braz (Morbihan) : sortie du 16 septembre 2017

Et surtout, un groupe de plus de cent dauphins (essentiellement du dauphin commun, 2 ou 3 grands dauphins) a provoqué des émotions très intenses chez les observateurs présents, mais aussi chez l’équipage du navire de la Navix, enthousiasmé de découvrir un pareil spectacle.

Dauphins communs.
Dauphins communs.
Dauphins communs.

Dauphins communs.

Nous espérons que désormais, ces 70 personnes deviennent à leur tour des ambassadeurs de la préservation de la nature en général, et de cet océan magnifique en particulier.

Une scène amusante : ce fou de Bassan est obligé de décoller vite fait à cause de l'arrivée d'un groupe de dauphins communs !
Une scène amusante : ce fou de Bassan est obligé de décoller vite fait à cause de l'arrivée d'un groupe de dauphins communs !
Une scène amusante : ce fou de Bassan est obligé de décoller vite fait à cause de l'arrivée d'un groupe de dauphins communs !

Une scène amusante : ce fou de Bassan est obligé de décoller vite fait à cause de l'arrivée d'un groupe de dauphins communs !

La mythique mouette de Sabine.
La mythique mouette de Sabine.
La mythique mouette de Sabine.

La mythique mouette de Sabine.

Nous savons que nous n’avons pas pu emmener ni même informer tout le monde cette année. Si vous voulez être prévenus en priorité, le plus simple est encore d'adhérer à l’association Bretagne Vivante, section Ornithologie ! Rendez-vous l’an prochain pour une nouvelle sortie ?

Préservons la biodiversité marine du Mor Braz (Morbihan) : sortie du 16 septembre 2017

Voici aussi deux vidéos pour donner une idée de l'ambiance !

L'île Dumet. Arc en ciel sur l'océan.
L'île Dumet. Arc en ciel sur l'océan.

L'île Dumet. Arc en ciel sur l'océan.

Voici quelques conseils de Bretagne Vivante pour préserver les milieux maritimes bretons : Aujourd’hui, partout sur la planète, les océans sont menacés. Et les étendues marines bretonnes ne sont pas épargnées. Pollutions, surpêche, réchauffement climatique : les effectifs d’oiseaux, de mammifères marins et de poissons sont en chute libre.

 

-Pour les locaux et les touristes de passage : encourager la pêche durable, notamment en achetant du poissons en priorité aux ligneurs, si possible directement aux pêcheurs ou aux poissonniers locaux.

 

-Même si cela peut être tentant, il ne faut pas nager avec les dauphins, ni les toucher : non seulement c’est potentiellement dangereux (même sans le faire exprès, un coup de nageoire peut être fatal), mais cela dérange fortement ces animaux. Pour les plaisanciers : ne jamais poursuivre un
groupe de dauphins pour les voir plus près, c’est un énorme dérangement et, par ailleurs, vous ne réussirez qu’à les faire fuir et plonger. La meilleure façon d’observer les dauphins est de couper le moteur et de les laisser venir. En les respectant, leur curiosité naturelle vous offrira souvent un beau spectacle.

 

-Bien sûr, ne jamais rien jeter à la mer : les oiseaux, mammifères et autres habitants des océans peuvent s’étouffer avec un bout de plastique malencontreux.

Tandis que le ciel se couvre, un grand labbe plane au ras des vagues.

Tandis que le ciel se couvre, un grand labbe plane au ras des vagues.

Merci à Bretagne Vivante, à l’équipage de la Navix qui s'est parfaitement débrouillé pour cette première fois à la recherche des oiseaux de mer et notamment à son capitaine Sébastien Perron, ainsi qu'à tous les amis de la Mor Braz Team. Ces photos et vidéos ont été prises hier après-midi (photos : Elise, vidéos : Philippe).

Publié dans Biodiversité sauvage

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Une p'tite chanson pour les dauphins

Publié le par lesbiodiversitaires

Pour le partage, voici une vidéo de dauphins tournée fin août dans la cadre du projet d’études dans le Mor Braz.


Une bande de dauphins communs d'une trentaine d'individus est venue ce jour-là entourer le bateau, émerveillant comme toujours les observateurs.

Avec en prime en arrière-fond une petite chanson finale interprétée par Yves B. !

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17e concours international de photo nature de la réserve naturelle des Marais de Séné : des hippopotames primés

Publié le par lesbiodiversitaires

Avis aux Bretons, jusqu’au 15 septembre à la réserve naturelle des Marais de Séné, près de Vannes, on peut aller visiter l’exposition de photographies nature issue du concours organisé cette année encore par la réserve.

17e concours international de photo nature de la réserve naturelle des Marais de Séné : des hippopotames primés

177 photographes de France et de l’étranger ont participé cette année au concours, présentant pas moins de 1 842 photographies ! Beaucoup d’animaux, des plantes et des paysages aussi. Pas facile de choisir parmi toutes ces photos (Elise faisait cette année partie des membres du jury).

Ce concours est un rendez-vous à ne pas manquer pour les photographes, professionnels ou amateurs. Pensez-y pour l’an prochain !

Voici les photos primées. Elles sont ici toutes petites, il faut aller les voir en vrai, en grand, à la réserve.

A noter que des hippopotames ont obtenu le premier prix : un animal auquel on ne penserait pas au premier abord et qui possède pourtant un esthétisme bien à lui. On voit bien ici la puissance et la densité hors norme de cet animal, qui sous son air placide est en réalité l’un des plus dangereux au monde, celui avec lequel il y a le plus d’accidents en Afrique, extrêmement redouté par les Africains. Un hippo, ce n’est pas du tout si pataud que cela en a l’air, ça vous course en un éclair. Bien qu'herbivore, la bestiole est assez susceptible si l'on entre sur son territoire.

Il y a quelques années nous avons rencontré là-bas une Sud-africaine attaquée, qui a survécu et qui en parlait des années plus tard avec encore de l’angoisse dans la voix : selon elle, la méthode pour s'en sortir, si vous êtes coursé par un hippopotame, c'est de courir en zigzagant. Un peu comme pour les taureaux en fait : pris par sa propre masse lancée en pleine course, il a moins de facilités à suivre les zigzags. Mais si vous courez en ligne droite, il vous chope (de toute façon, observez les poules ou les lapins : coursés, ils ne s’enfuient jamais en ligne droite !). Mais bon, à part en photo à la réserve de Séné, il y a encore assez peu de chances de croiser des hippopotames dans le Morbihan… (quoique).

Les photos primées :

Catégorie « Nature sauvage »

1er prix : « Panique chez les hippopotames », Nicolas de Vaulx

17e concours international de photo nature de la réserve naturelle des Marais de Séné : des hippopotames primés

2ème prix : « Désert de Gobi », Marie-Louise Bernard.

17e concours international de photo nature de la réserve naturelle des Marais de Séné : des hippopotames primés

Catégorie « Oiseaux »

1er prix : « Le surfer », Jari Heikkinen

17e concours international de photo nature de la réserve naturelle des Marais de Séné : des hippopotames primés

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Un haut lieu de biodiversité bretonne : la réserve des Sept-Îles

Publié le par lesbiodiversitaires

Un haut lieu de biodiversité bretonne : la réserve des Sept-Îles

Voici quelques photos prises hier après-midi dans l’archipel des Sept-Îles (Côtes d’Armor), avec le conservateur de la réserve en personne, Pascal Provost, qui a eu la gentillesse d’emmener ses amis faire le tour des îles à l’occasion de son anniversaire ! Cette balade magnifique est réalisable par tous : nous nous sommes contentés d’embarquer sur l’un des navires locaux qui propose ce circuit à tous les amoureux de nature.

La réserve naturelle des Sept-Îles est l’une des plus anciennes de France, puisqu’elle a été créée en 1912 par la LPO pour protéger un petit oiseau devenu emblématique : le macareux moine.

On ne se lasse pas des macareux moines, sur fond de mer dorée !
On ne se lasse pas des macareux moines, sur fond de mer dorée !
On ne se lasse pas des macareux moines, sur fond de mer dorée !
On ne se lasse pas des macareux moines, sur fond de mer dorée !

On ne se lasse pas des macareux moines, sur fond de mer dorée !

Ce petit oiseau marin au bec coloré reste, encore aujourd’hui, extrêmement rare en France. Il ne niche plus qu'aux Sept-Iles avec des effectifs réduits (moins de 200 couples). L'avenir du "perroquet-de-mer" reste incertain. Pollution des mers, tempêtes, réchauffement climatique, autant de facteurs qui semblent s'acharner sur cette espèce.

Fulmar boréal

Fulmar boréal

La réserve naturelle est également célèbre pour son île Rouzic, qui abrite la seule colonie française de fous de Bassan, ce célèbre oiseau de mer qui trouve ici un lieu préservé pour se reproduire.

La population est d'environ 20 000 couples - elle est stable. Cependant, le succès de reproduction donne des signes d'inquiétude, les adultes devant à présent aller chercher les poissons de plus en plus loin de la colonie dans des mers qui se réchauffent...

L'île Rouzic : la zone blanche est constituée de couples de fous de Bassan, posés là, les uns contre les autres !

L'île Rouzic : la zone blanche est constituée de couples de fous de Bassan, posés là, les uns contre les autres !

Si l'on voit les fous de Bassan un peu partout sillonner les mers bretonnes, ils ne nichent qu'ici !
Si l'on voit les fous de Bassan un peu partout sillonner les mers bretonnes, ils ne nichent qu'ici !
Si l'on voit les fous de Bassan un peu partout sillonner les mers bretonnes, ils ne nichent qu'ici !

Si l'on voit les fous de Bassan un peu partout sillonner les mers bretonnes, ils ne nichent qu'ici !

Un haut lieu de biodiversité bretonne : la réserve des Sept-Îles
Un haut lieu de biodiversité bretonne : la réserve des Sept-Îles

On trouve également dans la réserve des mammifères marins, comme le phoque gris qui s'y reproduit. C'est même l'une des plus grosses colonies françaises.

Mâle de phoque gris se prélassant sur un rocher.

Mâle de phoque gris se prélassant sur un rocher.

De nombreuses autres espèces d'oiseaux nichent sur cette réserve. C'est le cas du pingouin torda et du guillemot de Troïl, proches cousins du macareux moine. De même le fulmar boréal, et l'huitrier pie s'y reproduisent. L'archipel héberge enfin le faucon pèlerin.

Guillemot de Troïl

Guillemot de Troïl

Sur la gauche, couple de fous de Bassan en train de parader.

Sur la gauche, couple de fous de Bassan en train de parader.

La préservation de tous ces magnifiques animaux n'est possible que grâce au travail passionné et acharné, depuis des dizaines d'années, de toute l'équipe de la Réserve des Sept-Iles, qui allie parfaitement rigueur scientifique et sensibilisation du grand public.

N'hésitez pas à aller voir ou revoir cette réserve naturelle accessible à tous et surtout à soutenir ceux qui permettent son existence ! Car même si l'écologie devient (enfin !) un mot  dont beaucoup se revendiquent à présent (jusqu'à il y a peu, c'était plutôt un gros mot !), tout cela reste extrêmement fragile et, dans les faits, les moyens donnés à la protection de l'environnement restent ridicules. N'oublions pas que ces derniers mois encore en France la plupart des associations de protection de la nature étaient menacées, entravées et obligées de licencier. Pourtant, sans elles, des lieux sublimes comme les Sept-Iles n'existeraient pas, et il y aurait longtemps que macareux et fous de Bassan ne nicheraient plus dans notre pays. 

Alors bravo les amis pour votre travail remarquable et un très grand merci à Pascal pour ces moments magiques !

Un haut lieu de biodiversité bretonne : la réserve des Sept-Îles

Publié dans Biodiversité sauvage

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Des conséquences des renards sur les crêpes

Publié le par lesbiodiversitaires

Des conséquences des renards sur les crêpes

Ce printemps, le renard a encore sévi.
Il a mangé le gros coq de race marans du poulailler, bien dodu !
Bon, l’un dans l’autre, ne plus avoir de coq pour poursuivre la voisine et la factrice, ce n’est pas un mal. Parce que D’jo Coco, pour se taper la honte dans le voisinage, c’était quand même le plus fort !
Ce curieux volatile avait aussi la particularité de pratiquer la mendicité. Il faisait la tournée des voisins, frappant aux vitres jusqu’à ce qu’ils lui donnent quelque chose de bon à manger. En grandissant, il se mit aussi en tête de monter la garde, mission qu’il accomplit avec une grande conscience professionnelle. Alors finir dans le ventre du renard, après une vie aussi courte qu’intense à faire le malin dans tout le quartier, est une mort honorable.

(Décision n°1 : fini les coqs, il n’y aura plus que des poules au poulailler !)

Des conséquences des renards sur les crêpes
Des conséquences des renards sur les crêpes

Tout ça pour dire que le printemps est le moment stratégique dans tous les poulaillers, car les renards, qui ont leurs petits à nourrir, sont prêts à prendre bien plus de risques qu’à l’ordinaire. Ce renard n’est pas venu de nuit, mais de jour, à un moment où tous les êtres humains du coin étaient absents (preuve qu’il observe bien).
La poulette en a réchappé, car elle se trouvait hors du poulailler (décision n°2 : terminé les volières en grillage, en cas d’attaque, les poules s’y trouvent coincées…). Elle a été exfiltrée chez des amis. Parce que quand le renard a trouvé un poulailler intéressant, il revient.

Renardeau gambadant dans le pré des chevaux !Renardeau gambadant dans le pré des chevaux !

Renardeau gambadant dans le pré des chevaux !

Des amours de feu D’jo Coco et sa poule, il y avait 5 œufs dans le frigo, destinés à faire de bonnes crêpes. Miam ! Oui mais voilà, d’un coup, la lignée de ces poules marans venues l’an dernier sous forme d’œufs de chez Victor Couapel allait s’éteindre ! Tous ces efforts pour rien !
Or il y a quelques années, Perrine, une ancienne collègue aussi éleveuse de poules Noire de Challans, avait donné le tuyau suivant : « Même gardés au frigo, les œufs de poule fécondés, si vous les mettez finalement à couver, cela donne sans problème des poussins ! »
Appel fut donc passé à tous les copains éleveurs de cocottes du secteur. Avez-vous une poule qui s’apprête à couver ? « Ah oui, j’en ai une qui se tâte », répondit justement François (les histoires de couvaison, ça tombe toujours sur lui). (Décision n°3 : les œufs de D'jo Coco ne serviront pas à faire des crêpes) Les 5 œufs partirent donc directement du frigo bien froid jusque à Lorient, et furent mis sous le croupion bien chaud d’une brave coucou de Rennes.

Cette dernière fit de bon cœur son devoir, puisque 5 poussins ont éclos. 100 % de réussite. Donc oui, les œufs fécondés, même après un passage de plusieurs jours au frigo, restent utilisables !

Des conséquences des renards sur les crêpes
Merci à François pour les photos des poussins ! On voit déjà les petites plumes sur les pattes, typique des poules marans.Merci à François pour les photos des poussins ! On voit déjà les petites plumes sur les pattes, typique des poules marans.

Merci à François pour les photos des poussins ! On voit déjà les petites plumes sur les pattes, typique des poules marans.

La vie est toujours pleine de surprises et de détours, puisque, finalement, ces 5 petits poussins qui piaillent joyeusement dans l’herbe doivent d'être nés… au renard ! 

Mais que cette histoire ne vous empêche pas de manger des crêpes !! 

Des conséquences des renards sur les crêpes
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