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Les Biodiversitaires ont 6 ans !

Publié le par lesbiodiversitaires

Les Biodiversitaires ont 6 ans !

Le blog a démarré en 2011. Et on espère avoir contribué, à notre niveau, à créer du lien entre le monde de la biodiversité sauvage et celui de la biodiversité domestique !

Notre idée reste de générer des passerelles entre ces deux univers, de faire découvrir aux naturalistes les races domestiques à petits effectifs, de faire entrevoir aux éleveurs certains aspects de la nature sauvage, de faire partager à tous des émotions, des informations ou des réflexions autour de la nature et d’une certaine idée de l’agriculture.

Actuellement, chaque mois, 4 000 à 5 500 personnes consultent le blog. Près de 200 000 personnes sont venues depuis sa création, consulter les 200 articles déjà publiés, ce qui est encourageant pour des sujets un peu confidentiels sur la biodiversité sauvage et domestique !

C’est un travail bénévole que nous réalisons. Aussi, n’hésitez pas à nous dire quand cela vous plait, pour que cela ait du sens pour nous de continuer.

Par ailleurs, à partir d’aujourd’hui (et pour faire plaisir à une amie qui se reconnaîtra !), les articles du blog seront diffusés aussi sur une page publique Facebook ici.
Philippe sera le contact de cette page. D’anciens articles, pour ceux qui veulent découvrir (ou redécouvrir) le blog, seront diffusés en alternance avec les derniers articles en date. Ainsi que quelques photos qui n'auraient pas fait l'objet d'articles sur le blog, ou qui ont simplement été prises récemment sur le terrain.

A bientôt !

Les Biodiversitaires ont 6 ans !
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Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques

Publié le par lesbiodiversitaires

Pour les personnes un peu sauvages, l’hiver se prête à merveille à la visite des sites historiques : ils sont quasi déserts ! Ce qui permet de les découvrir sous un tout autre angle, et de s’apercevoir qu’avec leurs vieilles pierres et leurs anfractuosités, ils sont souvent appréciés des oiseaux.

Delphes aux tous premiers jours de février. Soleil superbe et déjà une température clémente. Site de l’Oracle, presque désert. Entre les colonnes, les pierres blanches laissées à même le sol, le théâtre, poussent quelques cyprès et pointent déjà le jaune et le blanc des premières fleurs. Au fond, le mont Parnasse, en partie enneigé. Rougegorges et rougequeues noirs, mais aussi des dizaines de fauvettes à tête noire, tous hivernants, se sont donnés rendez-vous à l’omphalos, le nombril du monde puisque c’était là, selon les anciens Grecs, qu’il était censé être. Le grand ornithologue suisse, Paul Géroudet, dans son texte introductif sur la fauvette de Rüppell, tout à fait inféodée à cette région, évoque le chant de l’espèce « dans les ruines vénérables [de Delphes] enchâssées dans une nature tragique de grandeur ». Il est trop tôt en saison pour l’entendre.

Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques
Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques

Mais celle qui couvre de ses vocalises tous les autres oiseaux est la sittelle de Neumayer, cousine « minérale » de notre sittelle torchepot. Elle fréquente en effet les falaises, les roches, les escarpements et se trouve bien à l’aise au sommet d’une colonne ou entre des blocs de pierre taillée. Les oiseaux paradent et les mâles, avec leur tuituituituitui sonore allant en s’accélérant, monopolisent l’espace vocal. Le monticole bleu se fait du coup bien discret. Et partout, curieux et effrontés, les rougegorges accompagnent la visite.

Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques
Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques
Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques

Plus au nord, dans les Météores, le paysage est tout autre. C’est encore l’hiver et certaines routes sont bloquées par la neige… Les impressionnants pitons rocheux, surmontés d’un monastère, sont bien austères sous le ciel gris. Les oiseaux se montrent particulièrement discrets, hormis les mésanges charbonnières qui sont déjà à la noce et, une fois encore, quelques sittelles de Neumayer qui mettent un peu d’ambiance. Un geai glisse furtivement entre deux à-pics rocheux, un grand corbeau croasse lugubrement tandis qu’il s’enfonce dans un dédale de roches. Vu l’endroit et les falaises impressionnantes, c’est le moment de chercher le tichodrome échelette qui est tout à fait chez lui. Malgré un scan consciencieux des parois, nous ne trouvons rien… sauf une petite chevêche blottie dans une anfractuosité du rocher, et qui semble gelée.

Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques
Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques

Le lendemain matin, avec un franc soleil, nous poursuivons la visite des monastères ouverts à cette période de l’année. A celui du Grand Météore nous trouvons enfin un tichodrome qui volète et escalade en soubresauts la paroi de la falaise, juste en contrebas du chemin ! Oui, mais des touristes arrivent aussi avec leurs éclats de voix. L’oiseau va-t-il décoller ? Eh bien non : indifférent aux bruits et aux mouvements, il continue son inspection systématique de tous les petits trous de la roche à la recherche d’animalcules, nous permettant de superbes observations. Puis d’un coup, il décolle de son vol papillonnant et rose.

Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques
Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques

À Athènes, nous nous limitons cette fois-ci à l’Acropole et son Parthénon. Le temps est plus que printanier. C’est sans doute en partie pour cela qu’il y a déjà pas mal de monde sur le site (mais bien moins qu’en été). Les insectes sont sortis : abeilles, moro-sphinx, papillons, etc. Les fleurs abondent déjà. Et nous ne sommes qu’au tout début de février.

Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques
Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques

Hormis les pigeons et quelques rares pies, pas grand-chose autour du Parthénon. C’est dans les bosquets de pins et de cyprès autour que l’on trouve les oiseaux : sempiternels rougegorges et rougequeues noirs, mais aussi la fauvette mélanocéphale qui chante déjà et pousse ses crécelles caractéristiques. Et un couple de bergeronnettes grises qui s’active discrètement à construire son nid entre des blocs de pierre, à quelques mètres seulement du chemin où défilent des dizaines de touristes.

Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques

A 70 km au sud d’Athènes, le cap Sounion pointe fièrement son éperon dans la mer Egée. Il abrite aussi le temple dédié à Poséidon, le dieu de la Mer. Les deux membres de la Mor Braz Team que nous sommes se devaient d’aller voir ce haut-lieu pour tous les marins. Là encore, le site est presque désert et nous profitons d’une petite brise ensoleillée de fin de journée pour admirer le site. Au large, des puffins yelkouans sont en pêche, tandis qu’un faucon pèlerin rase la falaise. Mais les cerbères du lieu sont les goélands (leucophées) qui patrouillent inlassablement dans les airs et nous fixent de leur œil dur et jaune en nous gratifiant de gèkgèkgèk presque menaçants. A terre, les gardiens sont plus débonnaires. Ce sont des perdrix choukars qui sont aussi nombreuses que peu farouches et qui se promènent allègrement sur le parterre du temple.

Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques
Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques Grèce en hiver : les oiseaux des sites antiques

Plus loin sur la falaise, invisible pour le non-naturaliste, une chevêche d’Athéna surveille l’horizon : c’est un sentiment particulier de trouver dans ces lieux mythiques cet oiseau dévolu à la déesse grecque de la sagesse.
Le temple de Poséidon est un lieu empreint de quiétude et de sérénité, quelque chose qui monte du fond de l’océan et semble résonner sur le cap depuis la nuit des temps. Au loin, le chant râpeux trahit la présence d’une fauvette mélanocéphale. Pour elle aussi, le printemps est arrivé.

Publié dans Biodiversité sauvage

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Quelques nouvelles du printemps

Publié le par lesbiodiversitaires

Quelques nouvelles du printemps

Ne laissez pas passer le printemps, le temps de vous retourner, et ce serait l’automne.

Quelques nouvelles du printemps

Oubliez un instant le travail, les soucis, la famille, les contraintes, éteignez vos ordis, vos portables, vos télés, et allez profiter du soleil léger, des fleurs en train d’éclore, des oiseaux qui roulent leurs trilles, des parfums de miel et de terre fraîche, de toute la poussée de sève de la nature qui se réveille dans sa beauté douce et tendre, simple et facile, dans l’évidence paisible de la vie.

Quelques nouvelles du printemps

(Fleurs et chatons de saule de l’île d’Yeu, Vendée, 25 mars 2017)

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Bernache à cou roux : à la recherche de la plus belle oie du monde

Publié le par lesbiodiversitaires

Bienvenue en Bulgarie !

Bienvenue en Bulgarie !

Pour la plupart des ornithologues occidentaux, la bernache à cou roux est un oiseau mythique. Bariolée comme un arlequin, et en danger de disparition, elle est un Graal pour tous les amateurs d’oiseaux.

La bernache à cou roux est une petite oie qui niche dans l’extrême nord de la Sibérie, notamment dans la péninsule du Taïmyr. Avec l’arrivée de l’hiver, elle descend passer la mauvaise saison en Ukraine, Roumanie et Bulgarie, en passant par la vallée de l’Ob, puis le Kazakhstan. Victime d’une chasse effrénée malgré la protection complète dont elle jouit, la bernache à cou roux est devenue très rare.
Il est vrai que ses effectifs ont toujours fait l’objet de discussions et qu’elle fut, notamment au milieu du XXe siècle, particulièrement rare (20 000 oiseaux ?). Des effectifs plus importants ont été comptés, notamment dans les années 1990, culminant à 70 000 individus. Les chiffres actuels restent contradictoires mais on suppose qu’elle ne doit pas dépasser les 50 000 ou 60 000 oiseaux, au moins dans l’aire connue d’hivernage (Ukraine à Bulgarie). Peut-être existe-t-il des lieux d’hivernage jusqu’ici inconnus et plus à l’est encore ?
La toundra sibérienne dans laquelle elle se reproduit est menacée par le changement climatique, car la forêt (taïga) gagne peu à peu. Sur ses lieux d’escale, comme au Kazakhstan, elle est chassée sans vergogne et des centaines d’oiseaux sont tués chaque année sans atteindre leurs quartiers d’hivernage.
En Ukraine, on ignore ce qu’il lui advient. En Roumanie, mais aussi en Bulgarie, on la chasse bien qu’elle soit protégée. En réalité, la chasse aux oies grises est autorisée, mais comme elle se pratique aussi de nuit ou à la passée, il est clair que bien des bernaches à cou roux tombent sous les plombs. Puis reste le trophée d’avoir abattu une superbe espèce dont la dépouille ornera la cheminée. D’autant que le tourisme cynégétique est encore prisé dans ces deux pays.
Si l’hiver est doux, les oiseaux sont présents surtout en Ukraine ou en Roumanie, non loin du delta du Danube. Mais dès qu’un coup de froid survient, les oiseaux poussent vers le sud et se retrouvent dans le nord-est de la Bulgarie, en Dobroudja frontalière avec la Roumanie.

Bernache à cou roux en mer - Durankulak, Bulgarie, février 2017

Bernache à cou roux en mer - Durankulak, Bulgarie, février 2017

C‘est là que nous avons décidé d’aller à sa rencontre, en février 2017. Un ami ornithologue s’y est rendu en janvier, au moment où un sévère coup de froid frappait l’Europe de l’Est. Il a vu 10 000 oiseaux. Mais le froid perdurant, certains sont partis plus au sud, dans la région côtière de Bourgas (ou Burgas). Lorsque qu’à la mi-janvier, un autre collègue est revenu lui aussi de Bulgarie, il n’était pas optimiste car après le froid, un redoux aussi spectaculaire était arrivé et les oiseaux étaient remontés vers le nord, laissant le secteur de Durankulak - où nous devions séjourner - très vide.

Bernaches à cou roux, région de Durankulak (crédit Bed & Birding).

Bernaches à cou roux, région de Durankulak (crédit Bed & Birding).

Arrivés à Sofia, nous roulons jusqu’à Bourgas, car nous avons appris qu’il y avait 4 500 oiseaux dans le secteur. Dès notre arrivée sur place, nous recherchons les oiseaux. En vain… Le soir, le bilan s’élève à… 6 bernaches à cou roux. Déception dans les rangs.
Le lendemain nous partons à la recherche des oiseaux, fouillons les grandes bandes d’oies rieuses qui pâturent dans des champs immenses et bien souvent inaccessibles. Rien. Pas la queue ni le cou roux d’une bernache. Enfin, si : une.

Nos six premières bernaches à coux de Bourgas. Et les seules...

Nos six premières bernaches à coux de Bourgas. Et les seules...

...malgré la présence voisine d'une troupe de cygnes chanteurs.

...malgré la présence voisine d'une troupe de cygnes chanteurs.

Direction : Durankulak
Après cet échec, nous filons alors vers l’extrême nord-est, à Durankulak, à deux pas de la frontière roumaine où nous retrouvons Pavel Simeonov qui tient un gîte ornithologique, dominant le lac de Durankulak. C’est là que des milliers d’oies et de bernaches viennent passer la nuit quand le lac n’est pas gelé. Mais le lac est gelé… Comme tous les lacs de la région. Pavel  ne sait pas où sont passés les oiseaux. La chasse, qui vient juste de fermer, les a beaucoup perturbés. La succession d’un froid intense et d’un redoux subit également. Comble de malchance, alors que nous avions un temps ensoleillé à Bourgas, ici c’est le gris qui domine et les prévisions ne sont pas bonnes. Bilan du premier jour : 20 bernaches en tout et pour tout. Ça commence à sentir le roussi… Il y a certes d’autres oiseaux à découvrir et à regarder, mais tout de même.

L'observation d'un rare goéland ichthyaète ne nous fait pourtant pas oublier les bernaches !

L'observation d'un rare goéland ichthyaète ne nous fait pourtant pas oublier les bernaches !

Le moral un peu dans les chaussettes, nous nous levons le matin suivant pour constater que nous avons du mal à voir nos pieds, tant le brouillard est épais. Malgré tout, tenaillés par l’envie de voir la petite oie sibérienne au plumage chamarré de noir, de blanc et de rouge, nous arpentons les plaines sous un froid qui commence à pincer. Pavel, malgré notre trentaine de bernaches au compteur ce soir-là, est optimiste. Le froid va faire revenir les oiseaux.

Malgré la grisaille du matin suivant, nous voici dehors. En longeant le littoral par une piste dantesque, sur laquelle nous louons la bonne idée d’avoir pris un 4x4 (indispensable pour circuler ici, avait prévenu Pavel), nous apercevons un petit groupe d’oies, au-dessus de la mer agitée, qui filent vers le nord, malgré le froid et le vent. Des bernaches à cou roux ! Bientôt un second puis un autre groupe plus important sont observés. Pavel est tout surpris : seraient-ce les bernaches de Bourgas ? Mais pourquoi remonteraient-elles alors qu’il fait froid ? Regagnent-elles, malgré tout, leurs sites d’hivernage traditionnels ? Savent-elles que le froid, certes intense, ne sera pas (plus) exceptionnel avec le printemps qui se rapproche ? Branta ruficollis, car tel est son nom scientifique, garde bien ses secrets. Toujours est-il nous que trouvons enfin un premier groupe à l’effectif conséquent dans un champ de blé d’hiver, pâturant avec 1 200 oies rieuses. Il n’y en a guère plus d’une trentaine, à près d’un kilomètre de distance, mais c’est déjà ça !

Dans la brume épaisse, on distingue mal les bernaches à cou roux des oies rieuses, mais l'ambiance est là.

Dans la brume épaisse, on distingue mal les bernaches à cou roux des oies rieuses, mais l'ambiance est là.

Le jour suivant, nous décidons d’aller vers la frontière roumaine où les oiseaux s’étaient regroupés début janvier avant le coup de froid. C’est Pavel qui trouve le groupe : 1 600 bernaches, dans un champ immense, avec autant d’oies rieuses. Mais elles sont loin, la brume est tenace et un vent sibérien balaie la plaine. Nous avons trouvé refuge à la lisière d’un petit boqueteau. Transis de froid, les collègues jettent l’éponge au bout d’une bonne heure. Elise aussi. J’ai le Graal à portée de main : pas question de partir. Pendant trois heures, immobile comme une statue, j’observe les oiseaux qui, peu à peu, se rapprochent. Régulièrement elles décollent et c’est un concert d’appels qui résonne dans l’air. Un concert de petits cris aigus qui évoquent ceux d’un… canard en plastique !

Totalement gelé, il faut rentrer avec la nuit qui tombe. Le soir, dans le lit chaud, on se repasse les envols et les appels dans le froid et la brume. Et on s’endort en pensant à demain.

… Et demain est le dernier jour. Le brouillard est parti mais pas la grisaille. Ni le froid qui s’est installé pendant la nuit apportant avec lui un vilain grésil qui gèle direct sur la voiture. Des litres et des litres d’eau chaude sont nécessaires pour dégeler les vitres. Quant à la route, on la dirait construite pour accueillir le championnat du monde de patinage artistique ! Direction les champs d’hier. Rien. On pousse alors un peu vers la mer, avec prudence vu l’état de la chaussée. Et là, dans un champ de blé d’hiver, deux grosses taches noires : de milliers de bernaches à cou roux qui pâturent en compagnie d’oies rieuses. On dirait tout à la fois des chenilles processionnaires et un troupeau de moutons, avançant, tête baissée. On gare la voiture en bordure de route et on attend. Des groupes viennent alors à moins de 300 m. Enfin, les voilà plus proches.

Elles se posent... (crédit Bed & Birding)

Elles se posent... (crédit Bed & Birding)

Et pendant ce temps, les vols se suivent et se posent. Des dizaines, des centaines, qui, à peine à terre, commencent à pâturer frénétiquement. On voit sur leurs ailes la glace qui s’est fixée aux plumes et qui doit rendre leur vol pénible. Le moindre mouvement, une voiture qui passe, et la troupe décolle, se scinde, puis revient. Elles n’ont pas encore tout à fait compris que la chasse est terminée et on imagine facilement le stress qu’elles ont enduré tout au long de l’hiver. Décidément la vie de bernache n’est pas facile.

A chaque voiture qui passe, les oiseaux décollent, mais se reposent aussitôt.

A chaque voiture qui passe, les oiseaux décollent, mais se reposent aussitôt.

Les bernaches pâturent frénétiquement (crédit Bed & Birding).

Les bernaches pâturent frénétiquement (crédit Bed & Birding).

Malgré le froid et le vent, nous filmons les oiseaux qui arrivent sans cesse.

On pense alors aussi à toutes leurs collègues captives qui font les délices des amateurs ou des parcs animaliers, car l’espèce est tenue en captivité du fait de son plumage magnifique. Ces oiseaux ne connaîtront jamais la toundra fleurie du printemps, ni les steppes brûlées de soleil, ni les bords de la mer Noire. Et ni les plombs tueurs. La vie d’une oie sauvage est plus dangereuse, mais aussi plus palpitante, non ?

Combien avons-nous de bernaches devant nous à cet instant ? 5 000 ? 6 000 ? Sans doute. Peut-être plus d’un dixième de la population mondiale, sur quelques hectares de blé bulgare. Enfin la quête a payé. Le Graal est atteint. Elles sont là, devant nous, superbes et mystérieuses, tout affairées à pâturer. Et levant régulièrement le cou pour voir ce que les drôles d’oiseaux dans leur voiture sont en train de manigancer.

Quel spectacle !

Quel spectacle !

Bernache à cou roux : à la recherche de la plus belle oie du monde

Les bernaches pâturent en compagnie des oies rieuses (on voit la glace qui s'est fixée sur les plumes).

 

Aller voir les bernaches à cou roux 

Pour ceux qui sont tentés par ce spectacle fabuleux, un petit tour à Durankulak, en Bulgarie s’impose. Il faudra se rendre chez Pavel Simeonov dont l‘accueil chaleureux et la connaissance parfaite des oiseaux aideront à rendre le séjour plus agréable encore. Sa femme, Tatyana, d’origine biélorusse, fait une cuisine succulente. Pour plus d’infos, voir le site. Le gîte est membre du réseau Bed & Birding qui, à travers le monde propose des accueils au sein même de sites ornithologiques renommés.

Et le bonus de fin !
Avant de consacrer sa vie aux bernaches à cou roux, Pavel était musicien professionnel, lui-même fils d’un musicien bulgare. Au piano essentiellement, mais pour fêter nos observations, il a repris ce soir-là la flûte traversière de sa jeunesse, dont il n'avait pas joué depuis longtemps !

Publié dans Biodiversité sauvage

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Restauration des bâtiments du Jardin des Plantes abritant le cheval de Przewalski

Publié le par lesbiodiversitaires

© MNHN - Jérôme Munier

© MNHN - Jérôme Munier

La Fondation du patrimoine lance une souscription publique avec le Muséum d’Histoire Naturelle pour la restauration des bâtiments de la ménagerie du Jardin des plantes à Paris, et plus particulièrement celui qui héberge le cheval de Przewalski. Ce projet présente un intérêt :
- patrimonial : bâtiments qui datent de 1800 à 1900,
- génétique : le cheval de Przewalski est le seul équidé sauvage qui bénéficie d’un programme de sauvegarde du muséum,
- animal : le but est d’améliorer le bien-être des animaux du parc qui sont partie prenante dans la conservation génétique de l’espèce,
- technique : restaurer le toit en chaume nécessite des compétences et un savoir-faire très particulier.

On peut aller voir ici le projet soutenu par la Fondation du patrimoine ainsi qu’ici.

Si vous voulez en savoir plus sur cet équidé sauvage, nous vous en avons déjà parlé dans plusieurs articles :
Rencontre avec les chevaux de Przewalski
Notre expédition dans le désert de Gobi, épisode 19
Et lors d'une interview sur France inter.

Publié dans Biodiversité sauvage

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Protection de la nature : adhérons !

Publié le par lesbiodiversitaires

Alors que les fêtes approchent et que l'année se termine, il serait difficile de ne pas parler de ce que vivent actuellement les associations de protection de la nature.

-La FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature) s’est faite traiter par les politiques de "bobos" (en plus, totalement absurde : les naturalistes sont pour la plupart des ruraux !), et s’est vue supprimer ses subventions, conduisant l'association dans le mur. Ne manquant pas d'humour, elle a lancé la campagne "Adopte un bobo des villes".

-Bretagne Vivante, plus grosse association de protection de la nature bretonne, contrainte de licencier 9 personnes suite à des retraits de dotations. Voir le communiqué, ici. On lui a expliqué qu'elle était un peu trop militante pour protéger la nature et, de fait, pas indispensable.

Une des réponses de Bretagne Vivante

Une des réponses de Bretagne Vivante

Et toutes les autres, qui dans ce contexte et faute de financements ont un mal énorme à poursuivre correctement le travail de protection de la nature. 3000 adhérents seulement pour Bretagne Vivante (eh les Bretons, mais vous êtes où ??), 42 000 pour la LPO à l'échelle de la France, c'est que dalle ! Nous sommes des millions, mais comment c'est possible ? 

Adhérer à une association de protection de la nature d'utilité publique, en gros, c’est 20 à 30 euros déductibles des impôts (soit, sur la base de 30 euros = 10 euros à l'arrivée).
10 euros pour protéger la nature, pour soutenir ceux qui la protègent. C’est quoi 10 euros ?

  • Quelques boules de Noël
  • Quelques chocolats, quelques marrons glacés
  • Moins qu’un sapin de Noël

10 euros, pour des trucs inutiles, on les a. Et pour changer le monde ? Plus personne ?

Des associations de protection de la nature, il y en a forcément une qui vous convient, qui correspond à votre état d’esprit, à votre personnalité. Elles sont apolitiques, elles ne préconisent que quelque chose de tellement simple et de bon sens : protéger la nature, notre cadre de vie, notre planète. WWF et son fameux panda… LPO pour les amoureux des oiseaux et de leurs milieux… Greenpeace pour ceux qui aiment l’action…Ou encore l'Aspas...  Associations de proximité, régionales, comme Bretagne Vivante, la Sepanso ou la Frapna, etc. Il y en a plein, il a forcément la vôtre.

Ça ne convient à personne, la pollution, le réchauffement climatique, les pesticides, la disparition des espèces animales, végétales, des milieux chers à notre enfance... 

En 2017, contribuez à faire changer le monde. Adhérez, ré-adhérez, soyez à jour de vos adhésions.

Si les questions environnementales intéressent si peu les politiques, s'ils pensent qu'il est inutile de consacrer de l'argent à préserver la nature, c’est parce qu’aucune force ne leur montre que si, ça compte. Or ça compte pour tout le monde, non ?

Soyons cette force.

 

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Une irrésistible petite chouette : la chevêche d'Athéna

Publié le par lesbiodiversitaires

Photo : Stéphane Gigalkin

Photo : Stéphane Gigalkin

Avec la chouette hulotte et l'effraie des clochers, la chevêche d'Athéna est l'un des rapaces nocturnes les plus régulièrement présents en France. Avec sa bouille ronde, son air renfrogné et ses yeux d'or, il est assez difficile de lui être insensible !

La chevêche d'Athéna (Athene noctua) mesure 22 cm de haut pour une envergure comprise entre 54 et 58 cm, et un poids variant entre 180 et 220 g. Elle est surtout active le crépuscule et la nuit mais peut chasser à l’aube et être visible parfois en plein jour. Elle mange des campagnols, mulots, musaraignes, vers de terre, insectes, oiseaux... Elle est en déclin prononcé en Europe, et strictement protégée.

Une enquête morbihannaise
Une enquête a été menée par des bénévoles et l'association Bretagne Vivante, en 2015 et 2016 dans le Morbihan (56), afin d'en savoir plus sur cette petite chouette dans ce département. En tout, plus de 70 observateurs ont parcouru les nuits morbihannaises, pendant deux hivers et deux printemps, à la recherche de cet oiseau nocturne. Ce fut l'occasion de quelques jolis moments naturalistes.
Chercher la chevêche d'Athéna n'est pas chose facile. La quête est souvent vaine. D'abord, il faut aimer se balader la nuit, sous la lune, et écouter les bruits du soir, attentivement. On se contente, le plus souvent, d'entendre l'oiseau, plus que de le voir. Certaines chevêches sont par contre décomplexées et font leur show. Un couple de chouettes a ainsi animé quelques années un petit lieu-dit d'Erdeven, dans le 56, nichant pile en face d'un gros dolmen très visité par les touristes et surveillant du haut d'une cheminée tout ce qui se passait dans le village, très visible. Les chats du quartier se faisaient régulièrement copieusement engueuler, voire intimider, ce qui donnait des scènes comiques à voir ! Malheureusement, des travaux dans leur ruine de prédilection ont obligé ces deux commères à déménager...

Protégeons-la !
La chevêche est très liée aux milieux agricoles. Amis éleveurs, si elle fréquente votre ferme, préservez-la, laissez-lui son petit coin de ruine où elle se plait. Tout comme les autres chouettes, elle est votre alliée, chassant les petits rongeurs.
Elle est aussi symbole de la sagesse, oiseau emblème d'Athéna, souvent repris dans la philosophie.
Si vous avez la grande chance d'avoir chez vous des chouettes, des hirondelles, des chauves-souris, laissez-les vivre en paix en votre compagnie, et soyez tolérants envers leurs quelques petites crottes ! Soyez heureux d'être choisis : cela prouve que votre maison est attirante, et c'est bon signe. Si vous avez des travaux à faire, prenez grand soin de les faire en bonne intelligence avec ces espèces protégées, en déclin partout dans le monde. Les associations de protection de la nature pourront vous donner des conseils pour aménager au mieux votre maison.

Ce petit zoom sur la chevêche est aussi l'occasion de présenter ici une série sur l'espèce du photographe Stéphane Gigalkin, que nous remercions de nous avoir envoyé ces magnifiques photos. Il nous autorise à partager ces instants magiques avec vous :

Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin

Photos : Stéphane Gigalkin

Pour en savoir plus sur l'espèce :
Pour les Bretons, intervention sur la chevêche d'Athéna, par Martin Diraison et Elise Rousseau, samedi 3 décembre, aux prochaines Rencontres Ornithologiques Bretonnes, organisées par l'association Bretagne Vivante à Concarneau.
Pour retrouver les photos de Stéphane Gigalkin, voici le lien.
Le site du réseau national Chevêche ici.

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La danse du satanig

Publié le par lesbiodiversitaires

Parmi les espèces qui nous fascinent le plus lors de nos sorties en mer figure le petit océanite tempête. Toujours entre deux vagues, il joue à cache-cache avec les observateurs.

L’océanite tempête est un petit Procellariiformes, c’est-à-dire qu’il appartient à la famille des puffins, des pétrels, mais aussi des albatros, les géants des mers.
Guère plus gros qu’une hirondelle, l’océanite tempête, niche dans les excavations des îlots les plus perdus de l’Atlantique Nord. En Bretagne, une petite population d’environ 850 couples niche chaque année, de même qu’une autre, d’environ 50 couples, le fait en Méditerranée. Ce n’est rien en regard des centaines de milliers de couples que l’on trouve plus au nord de la France. C’est pourquoi nos petits effectifs sont probablement renforcés, dès l’été, par ces oiseaux plus septentrionaux, avant que tout ce petit monde ne file ensuite beaucoup plus au sud, pour passer l’hiver.
Noir, avec son croupion blanc, l’océanite tempête rappelle en effet l’hirondelle de fenêtre (laquelle a cependant le dessous blanc). Les marins bretons l’appellent satanig ou satanik, parce qu’il se montre surtout par gros temps, lors des tempêtes. C’est peut-être alors un envoyé du diable qui se joue de la mer démontée ?
Quelques photos de ces parties de cache-cache...

La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig

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Le brame du cerf, le soir, dans la montagne

Publié le par lesbiodiversitaires

Le brame du cerf, le soir, dans la montagne

Quand on pense au brame du cerf, on imagine souvent les forêts brumeuses et enchevêtrées du centre de la France. Mais l’écouter en montagne offre des ambiances très différentes.

Devant nous rendre à un conseil d’administration de l’association de sauvegarde du chien Berger d’Auvergne, nous nous sommes dits il y a quelques jours : et pourquoi ne pas aller écouter le brame du cerf dans le Cantal ?
En effet, dans cette région encore préservée, ces grands mammifères sont bien présents, et le brame est toujours un moment intense de la vie de ces animaux d’ordinaire discrets.
Les cerfs élaphes, quand ils sont en rut, brament de mi-septembre à mi-octobre environ, pour draguer les femelles et intimider les autres mâles, et leur brame s’entend à plusieurs kilomètres.

Après nous être renseignés sur les bons endroits pour l’écouter, nous voilà donc partis. Un petit village reculé dans la montagne. Nous devons passer une ferme à notre gauche, une maisonnette à notre droite, puis prendre le chemin caillouteux qui mène à une vieille ruine. La petite voiture de location (nous sommes venus en train), poussive, n’aime pas trop ça, elle, les chemins caillouteux… Nous avançons quand même, puis le chemin est coupé par une barrière à vaches. Nous l’ouvrons puis passons, sous les yeux interloqués de quelques Salers, dont une décoche une ruade de protestation en direction de la voiture.

Vaches Salers.

Vaches Salers.

Mais à nouveau, plus loin, des barrières… les vaches ont pris possession du chemin. Nous décidons donc d’abandonner la petite voiture toute seule sous un arbre.
« Les vaches, elles ne risquent pas de s’y frotter ?, dis-je, soupçonneuse, en pensant à ma plus jeune jument camargue qui adore frotter son gros derrière aux voitures, tirer sur les essuie-glaces avec ses dents et faire mine d’arracher les rétroviseurs avec son nez, quand elle ne se met pas à lécher les vitres de sa langue baveuse.
- Mais non ! », répond Philippe, toujours beaucoup plus optimiste que moi envers les intentions prétendument inoffensives des animaux.

Vaches de race Aubrac

Vaches de race Aubrac

Bref, nous laissons la voiture, fourrons le pique-nique (pain, fromage Cantal et pounti) dans un sac à dos, et continuons à pied le chemin.
C’est une petite vallée, et, comme dirait Robert Redford, au milieu coule une rivière. Une vraie rivière à truite, qui glougloute entre les rochers.
Le brame de plusieurs cerfs raisonne déjà dans les montagnes. Ici, ils sont tranquilles, et commencent à bramer tôt.
Les vaches nous regardent passer. Des Salers au look d’auroch, des Aubracs aux yeux de biches. Le fond de la vallée est un cirque herbeux. En bas, les pâtures des vaches. En haut, la montagne sauvage, et les cerfs. Nous arrivons à une vieille bergerie abandonnée et nous nous installons à l’abri du vent. Un premier cerf est vite repéré au loin, accompagné de quatre biches.

Le brame du cerf, le soir, dans la montagne
Le brame du cerf, le soir, dans la montagneLe brame du cerf, le soir, dans la montagne

Une petite vidéo de la course des nuages... et du brame ce soir-là.

L’avantage d’observer le brame du cerf en montagne, c’est qu’il est assez facile de repérer les animaux, qui se déplacent lentement dans les pentes. Ils ne sont pas dissimulés par les arbres, à l’horizontale, comme en plaine. Nous restons loin d’eux, tranquillement cachés derrière un muret.

Le brame du cerf, le soir, dans la montagne
Le brame du cerf, le soir, dans la montagneLe brame du cerf, le soir, dans la montagne

« Sur la crête, il y a un mâle solitaire qui surveille les autres ! », précise tout à coup un vieux bonhomme qui vient de sortir des buissons et de descendre dans notre direction. « Puis un autre, là-bas, sous l’arbre rond, qui vient de se cacher ! » Nous ne les avions pas encore vus.
« Ah ! ben vous avez le coup d’œil, vous !, dis-je innocemment.
- Hé hé, c’est normal ! Je suis chasseur, répond-il fièrement, en bombant le torse. Ça aide. »
Je réponds par un genre de grommèlement pâteux et dénué de sens, mi-poli mi-outré, tandis que le chasseur, fort satisfait, quitte les lieux.
« Un cerf, un cerf… il a peut-être confondu avec une vache », marmonne ensuite Philippe, d’une mauvaise foi irréelle.

Le brame du cerf, le soir, dans la montagne
Le brame du cerf, le soir, dans la montagne

Il fait froid.

La brume commence à tomber sur le sommet des montagnes.
Sur la bergerie, un artiste anonyme s’est amusé à taguer la faune locale, dont une tête de cerf.
Le brame s’intensifie.

Nous comptons 8 mâles et 5 biches.
D’autres doivent être cachés dans la forêt.
Le vent fait bruisser les feuilles, les vaches font tinter leurs cloches et poussent quelques meuglements, et les cerfs brament tout ce qu’ils peuvent, par vagues.

Pour avoir un aperçu de l'échelle...

Pour avoir un aperçu de l'échelle...

Le crépuscule tombe de plus en plus. Sorti d’on ne sait où, on voit rentrer un photographe, en habit de camouflage, descendant à grandes enjambées la montagne. Il n’a plus assez de lumière pour faire de belles photos. Nous écoutons encore.

Le brame du cerf, le soir, dans la montagne
Le brame du cerf, le soir, dans la montagne

Puis le froid devient plus mordant, la nuit tombe et il est temps de partir, tandis que le ciel se teinte d’une brume rosée et que de petites chauves-souris commencent à tournoyer sous la lune, entre les montagnes noires qui raisonnent de l’appel retentissant des grands cervidés.

Le brame du cerf, le soir, dans la montagneLe brame du cerf, le soir, dans la montagneLe brame du cerf, le soir, dans la montagne
Le brame du cerf, le soir, dans la montagne

Suite du brame...

Le surlendemain, en descendant d'une montage située sur les lieux du brame, rencontre par hasard, nez à nez, avec un cerf plus jeune que ceux observés jusqu'ici...

Le surlendemain, en descendant d'une montage située sur les lieux du brame, rencontre par hasard, nez à nez, avec un cerf plus jeune que ceux observés jusqu'ici...

Publié dans Biodiversité sauvage

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Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Publié le par lesbiodiversitaires

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

« En mer, on a parfois la sensation de vivre une semaine en une seule journée. »
Ellen MacArthur

De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.
De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.

De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.

Ces propos de la navigatrice britannique Ellen MacArthur sont très vrais. Lorsqu’on sort une journée en mer, dans le Mor Braz, avec la bande de copains naturalistes, pour étudier les oiseaux marins et les dauphins avec l’association Bretagne Vivante, le temps s’étire ou file curieusement, prenant des circonvolutions insolites tout au long de la journée.

Dauphins communs.

Dauphins communs.

Quand la mer forme une méchante houle, que les yeux deviennent vitreux et les teints verdâtres, alors les minutes paraissent des heures, et la terre ferme semble se trouver loin, si loin… à l’autre bout du monde… On est alors prêt à tout lâcher, et à aller se réfugier sur l’île d’Hoedic !
Par contre, quand, surgis de nulle part, apparaissent les dauphins, les océanites et les mouettes de Sabine, alors les visages irradient de lumière, les yeux brillent et les heures deviennent des minutes.

Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...
Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...
Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...
Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...

Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...

Massif, le fou de Bassan n'est pas non plus dénué de grâce.
Massif, le fou de Bassan n'est pas non plus dénué de grâce.

Massif, le fou de Bassan n'est pas non plus dénué de grâce.

Et quand un océanite de Wilson vient traîner ses longues pattes sous les yeux des ornithologues, alors la mer raisonne de cris, heu, assez bizarres :
« Youhouhouhouhouhouhouhouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu »
« Putain d’putain d’putain d’putain on l’a vuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu ! »
« Rharharahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ah ahahahahah ! »

Océanite de Wilson.

Océanite de Wilson.

Bref, y’a des jours où ça vaut le coup de vomir son p’tit déj.
Ce qui, soit dit en passant, n’est encore JAMAIS arrivé à l’un des membres fondateurs de la Mor Braz Team. Certains ont parfois le teint pâle, m’enfin, jusqu’ici, on tient le coup.

Grand labbe et labbe parasite. Quand ces terreurs de la mer arrivent, les autres oiseaux décollent !Grand labbe et labbe parasite. Quand ces terreurs de la mer arrivent, les autres oiseaux décollent !

Grand labbe et labbe parasite. Quand ces terreurs de la mer arrivent, les autres oiseaux décollent !

Quelques nouvelles, donc, des sorties de cet été.
Samedi, les mouettes de Sabine, les océanites tempêtes et un océanite de Wilson étaient au rendez-vous.

Océanite tempête (en mue).
Océanite tempête (en mue).Océanite tempête (en mue).

Océanite tempête (en mue).

Puffin des Baléares indécis. S'envoler ou pas ?

Puffin des Baléares indécis. S'envoler ou pas ?

Par contre, les dauphins, que l’on a observés parfois en groupe d’une centaine sautant et jouant autour de notre zodiac, étaient timides lors des deux dernières sorties. Juste quelques ailerons ici et là.

Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...
Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...
Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...

Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...

Zoom sur les mouettes de Sabine
La mouette de Sabine est l’une des espèces les plus emblématiques des amateurs d’oiseaux marins. En effet, son plumage sobre – noir, gris et blanc – dessine des triangles du plus bel effet, rehaussés par un bec noir à pointe jaune. C’est en réalité, à notre avis du moins, le plus beau des laridés européens (mouettes et goélands).
Elle niche dans le Haut-Arctique et fait de très longues migrations qui la mènera dans les eaux subantarctiques.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Le Mor Braz est probablement le lieu où l’espèce est la plus régulièrement vue à l’automne. Cependant, pour des raisons mal élucidées, les effectifs de mouette de Sabine semblent avoir (fortement) diminué dans les eaux françaises, à l’automne, et ce depuis une bonne dizaine d’années…

Il y a 15 jours, la plupart des oiseaux que nous avons vus étaient des adultes en parfait plumage nuptial (cette espèce a la particularité de ne muer qu’arrivée sur ses lieux d’hivernage, soit au large de… l’Afrique du Sud !).

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor BrazQuelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Cette fois-ci, les adultes ont commencé à muer au niveau de la tête. Le gris soutenu se pique de blanc.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Certains oiseaux sont d’ailleurs déjà en plumage très hivernal au niveau de la tête comme celui-ci.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Il y a peut-être dans le lot des oiseaux de 2ème année mais ils sont très difficiles à distinguer de ces adultes avec la calotte en grande partie muée.
En revanche pas de jeune de l’année, contrairement à la précédente sortie d’il y a 15 jours.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Septembre est donc, pour le large du Morbihan, la saison de l'océanite de Wilson et des mouettes de Sabine. Mais le Mor Braz recèle encore bien des mystères...

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz
A gauche, océanite tempête, à droite, océanite de Wilson (les pattes dépassent de la queue).A gauche, océanite tempête, à droite, océanite de Wilson (les pattes dépassent de la queue).

A gauche, océanite tempête, à droite, océanite de Wilson (les pattes dépassent de la queue).

Photos prises dans le Mor Braz, lors des sorties de juin à septembre.

Publié dans Biodiversité sauvage

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