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Un ours, lauréat du 15ème concours photo international de la Réserve Naturelle des Marais de Sené

Publié le par lesbiodiversitaires

Un ours, lauréat du 15ème concours photo international de la Réserve Naturelle des Marais de Sené

Ce n'est pas que ça traine trop, les ours, dans le Morbihan, mais en voici un fort beau qui vient de remporter un prix.
En effet, aux amateurs de photos nature qui passeraient cet été par le Morbihan, nous recommandons un petit crochet à la Réserve Naturelle des Marais de Sené, pour la réserve en elle-même, bien entendu, mais aussi pour l'expo photo.
35 photos ont été sélectionnées, sur 1 258 photos envoyées et 176 participants !
Le nom des lauréats a été dévoilé vendredi 3 juillet, à l'occasion du vernissage de l'expo.
Voici les photos qui ont remporté les premiers prix.
Bravo aux gagnants !

Catégorie « Nature sauvage » - 1er prix : « Éclipse d’ours », Emmanuel Tardy - Ours brun européen en contre-jour lors d’un coucher de soleil en Finlande.

Catégorie « Nature sauvage » - 1er prix : « Éclipse d’ours », Emmanuel Tardy - Ours brun européen en contre-jour lors d’un coucher de soleil en Finlande.

2ème prix : « L’éclaireur éclairé », Philippe Moes. Un jeune hêtre dans la lumière poussant au milieu d’un océan de conifères. Saint-Hubert, Belgique.

2ème prix : « L’éclaireur éclairé », Philippe Moes. Un jeune hêtre dans la lumière poussant au milieu d’un océan de conifères. Saint-Hubert, Belgique.

Catégorie « Oiseaux » - 1er prix : « Gobage », Christophe Prudhomme - Grèbe huppé avec son poussin, vallée de la Seine

Catégorie « Oiseaux » - 1er prix : « Gobage », Christophe Prudhomme - Grèbe huppé avec son poussin, vallée de la Seine

Un ours, lauréat du 15ème concours photo international de la Réserve Naturelle des Marais de Sené

A cette occasion, un calendrier a été publié - Suivez les oiseaux ! - qui montre les plus belles photos d'oiseaux de cette exposition (éditions Delachaux & Niestlé). Les profits de sa vente sont reversés à la réserve naturelle de Séné.

Publié dans Biodiversité sauvage

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Et sur terre...

Publié le par lesbiodiversitaires

Et sur terre...

Et sur la terre et les eaux cantaliennes, il y a…
Des bergeronnettes printanières à la tête bien noire n’est-ce pas ?
Des lièvres très amoureux…
Des biches à la rivière… Un chevreuil qui se promène…
Des buses qui méditent… Un hibou des marais qui surveille la route de son piquet et poursuit les milans audacieux…
Des bergeronnettes grises qui chassent les insectes avec les hirondelles rustiques… Des hirondelles rustiques qui étalent leurs rectrices…
Des blaireaux qui sont passés par là…
Un tarier des prés curieux...
Trois jolies hermines trop polies pour être nettes...
Et des coyotes auvergnats !

Et sur terre...
Et sur terre...
Et sur terre...
Et sur terre...Et sur terre...
Et sur terre...Et sur terre...
Et sur terre...
Et sur terre...
Et sur terre...
Et sur terre...
Et sur terre...
Et sur terre...
Et sur terre...
Et sur terre...
Et sur terre...

N'oubliez pas, en photographiant la faune sauvage, de ne pas la déranger. De n'être qu'un témoin de passage, qui se fond dans le paysage... Aucun des animaux photographiés ci-dessus n'a décollé ni ne s'est enfui. Excepté le cabot, qui est rentré dans sa niche !

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Dans les nuages…

Publié le par lesbiodiversitaires

Au-dessus des marais de Lascols (Cantal), pendant que les ornithos écoutent les chants qui s’élèvent du soir, il se passe des choses au loin dans les nuages.
Des hiboux des marais… des courlis cendrés… des hérons cendrés…
Et un peu plus tôt à Talizat un milan royal, une cigogne blanche…
Cherchez-les parmi ces ombres crépusculaires !

Dans les nuages…
Dans les nuages…
Dans les nuages…
Dans les nuages…
Dans les nuages…
Dans les nuages…
Dans les nuages…
Dans les nuages…
Dans les nuages…
Dans les nuages…
Dans les nuages…
Dans les nuages…
Dans les nuages…

(pour les non-naturalistes, il suffit de pointer l'image pour avoir le nom de l'espèce dans le crédit photo !)

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Le renard a becté nos poules...

Publié le par lesbiodiversitaires

Toutes les quatre, elles étaient dodues à souhait. L’orpington surtout : une vraie honte tant elle était lourde. A passer leurs journées à chasser dans un grand terrain herbeux, à se dorer la pilule au soleil, et à se prélasser, il faut bien dire qu’en ce printemps les poules n’avaient jamais été aussi belles. Il leur est arrivé ce qui arrive aux poules : elles ont fini dans le ventre d’un renard.
Pour une poule, c’est après tout une mort glorieuse et héroïque que de finir sous les crocs de Maître Goupil. Plus en tout cas qu’en nuggets chez MacDo.
Mais merde, voir d’un coup ses quatre petites copines à crête éparpillées autour du poulailler, ça fout un vieux bourdon !
Le poulailler n’était certes pas sécurisé. Actuellement en maison de location, impossible pour le moment de construire le bunker anti-renard/anti-fouine adéquat. Mais bon, après 8 ans de bonne fortune poulesque, sans aucune prédation, on espérait bien que, pour quelques mois encore, la chance continuerait.
Eh bien elles n’auront pas d’arthrose aux ailes, ni de maladie d’Alzheipoule ! Le gros renard du quartier leur a réglé leur compte.

Le renard a becté nos poules...

Oh on sait bien comment ça a dû se passer : d’abord l’orpington. Celle-là, le temps que ça lui arrive au cerveau qu’il se passait quelque chose, elle était déjà croquée. Puis Poulette, la plus vieille. Ensuite les deux marans, les plus vives et intelligentes, qui venaient réclamer avec effronterie des croûtes de fromage, culottées jusqu’à rentrer dans la maison si une porte était restée ouverte, en annonçant leur présence par des cot-cot quémandeurs, et qu’il fallait virer de là avant qu’elles ne lâchent une fiente. Toutes les quatre super apprivoisées.
Impossible de reprendre des poules tant qu’on est en location : avec ce poulailler non sécurisé, le renard reviendrait. Il va falloir vivre sans les rigolades quotidiennes que provoquent les poules, sans œufs frais, et surtout : mais que va-t-on désormais faire des croûtes de fromage ?!
On n’en veut pas au renard. Il a fait ce que font tous les renards. On connaissait le risque.

Le renard a becté nos poules...

En même temps, on n’a pu s’empêcher, devant le spectacle des cadavres, de penser immédiatement à certains de nos copains, éleveurs de races à petits effectifs, qui râlent après l’ours ou le loup. Et on a beau aimer les loups aussi, et les défendre, il faut bien admettre que c’est toujours un choc d’avoir une prédation sur son élevage, quelque chose de très chargé en émotion. Si nous n’avons perdu « que » nos quatre poules de compagnie (bouhouhou), les éleveurs quand ils perdent plusieurs bêtes perdent des années de travail, de sélection génétique, d’histoire humaine parfois (une lignée sélectionnée par le grand-père par exemple). Penser qu’ils ne perdent que quelques animaux parmi d’autres, et qu’ils sont bien dédommagés et n’auraient de ce fait pas à se plaindre, c’est avoir beaucoup de mépris pour leur métier, et surtout le méconnaître. Lequel d’entre nous accepterait si facilement de voir une partie de son travail détruite du jour au lendemain ? C’est aussi nier les émotions humaines ancestrales, archaïques, liées à la prédation.
Alors on aime les renards et les poules, les loups, les ours, et les éleveurs qui tentent une autre agriculture, et on pense que tout ce petit monde peut finir par arriver à cohabiter (avec de bonnes mesures de protection !), mais on trouve que tout cela n’est pas si simple, qu’il ne faut caricaturer ni dans un sens, ni dans l’autre, mais comprendre la complexité des enjeux, qui sont bien loin de n’être que financiers.

Le renard a becté nos poules...

En attendant, dans le jardin, les moineaux, verdiers et autres pinsons qui raflaient allègrement un bon tiers de la nourriture distribuée ne vont plus être à la fête. Par contre, les escargots, vermisseaux et autres colimaçons doivent être en train de faire la nouba. Maître Renard vient de les débarrasser de quatre terribles chasseuses, les poules. Ces redoutables prédatrices sont mortes prédatées, la boucle est bouclée.
Paix à leur crête.

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Un naturaliste découvre un dragon dans la Ria d’Etel

Publié le par lesbiodiversitaires

Info de l'association Bretagne Vivante.

Communiqué de presse
Mercredi 1er avril 2015

Un naturaliste découvre un dragon dans la Ria d’Etel.
Sauvons les derniers dragonidés de Bretagne !
Bretagne Vivante appelle à une mobilisation nationale

C’est une brume poisseuse et des traces inhabituelles dans le fond de la ria d’Etel, vers Nostang, qui ont interpelé notre naturaliste, un herpétologue qui cherchait des batraciens. Après plusieurs heures d’observation, il a fallu se rendre à l’évidence : un dragon (sans doute Dragonus armoricus) a élu domicile en ria d’Etel. L’un de nos chargés de missions s’est rendu immédiatement sur place et nous confirme ces informations de première importance : l’animal serait une toute jeune femelle de première année, de couleur grise. Dans la conjoncture de la dernière éclipse solaire et du réchauffement climatique qui frappe la Bretagne ces dernières années, l’œuf pourrait avoir éclos dans la vase du fond de la ria.
 
Pour Erwan Le Merlin, naturaliste bénévole à Bretagne Vivante, le choc est énorme. La première observation a eu lieu jeudi dernier, puis le dragon a été revu le lendemain par plusieurs observateurs. Plus aucune donnée de dragon en Bretagne n’avait  été rapportée depuis le Moyen Age ! « Je l’ai vu sortir de l’eau une première fois, déclare Erwan Le Merlin, puis replonger. Il a fini par se hisser sur la rive et je l’ai vu avaler un poisson. »
 
Une espèce fragile
L’animal, très jeune, mesure environ 1,10 m et semble en bonne santé : il est urgent de le protéger ! Devant la volée de bois vert que l’annonce du retour de ce grand prédateur ne manquera pas de provoquer, il nous faut tout de suite rétablir quelques vérités : d’abord, contrairement aux légendes, les dragons ne crachent que très rarement du feu. Ensuite, les dragons de cette espèce sont des animaux extrêmement timides et discrets, qui n’attaquent jamais l’homme : pouvoir les observer est exceptionnel. Autrefois communs en Bretagne, les dragons avaient par le passé une aire de répartition très vaste, avec des sous-espèces bien connues en Asie.
Bretagne Vivante tient à affirmer son engagement dans la sauvegarde de cet animal extraordinaire.
 
Mais, extraordinaire ou ordinaire, la nature a-t-elle encore une place en Bretagne ?
Forêt de Lanouée mise à mal, aéroport de Notre-Dame-des-Landes, faucons pèlerins plombés, zones humides en sursis, urbanisation croissante, espèces bretonnes en voie de disparition, impacts du réchauffement climatique, qualité de l'air dégradée, la liste serait trop longue mais…  à dire vrai, et cette fois sans plaisanter, Bretagne Vivante aurait bien besoin de l’aide d’un dragon pour faire prendre conscience de la destruction rapide, brutale et parfois irrémédiable des milieux et de la biodiversité de notre région.
Notre nature est en danger.  Et avec elle notre santé, notre qualité de vie, nos activités (agriculture, pêche, tourisme...), notre avenir ! Il est temps pour la Bretagne et les Bretons de se ressaisir.
Aujourd’hui 1er avril comme tous les autres jours de l’année, nous avons besoin de vous, de votre soutien, de vos adhésions, pour protéger notre environnement. Pour que la beauté et la richesse naturelle de notre région ne deviennent jamais… une légende.
 

Jean-Luc Toullec,
Président de Bretagne Vivante

La meilleure photo de l’animal à ce jour. On distingue la silhouette du dragon émergeant de l’eau. © Yves Le Bail
La meilleure photo de l’animal à ce jour. On distingue la silhouette du dragon émergeant de l’eau. © Yves Le Bail

Bon dragon d'avril !

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Une espèce de pika retrouvée en Chine

Publié le par lesbiodiversitaires

Photo : Li Weidong

Photo : Li Weidong

Connaissez-vous les pikas ? Ces animaux tellement mignons que c’en est comique. En Chine, l’un d’eux, en voie d'extinction et rarement observé, a été retrouvé, le pika d'ili, Ochotona iliensis. Quelle trombine ahurissante !

Article ici

Et voici un florilège de pikas de Pallas, Ochotana pallasi, que nous avons observés et photographiés en Mongolie.
Ces petits mammifères lagomorphes sont à la fois très froussards et assez effrontés !

Une espèce de pika retrouvée en Chine
Une espèce de pika retrouvée en ChineUne espèce de pika retrouvée en Chine
Une espèce de pika retrouvée en Chine

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Trop de chats : un problème pour la biodiversité

Publié le par lesbiodiversitaires

Les protecteurs de la nature passent leur temps à lutter contre différentes sources de disparition de la faune sauvage, mais oublient souvent le rôle des chats dans la dégradation de la nature de proximité. Sujet épineux…    
 
    chat domestique Elise Rousseau    
Chat domestique.
 
Un article du Monde du 28 septembre dernier relaie une info en direct de la Suisse : les chats y sont trop nombreux. C’est la SPA suisse qui tire la sonnette d’alarme : avec 1,48 million au moins de matous en Suisse, le prédateur domestique est en surpopulation et commet des dégâts dans la faune sauvage : oiseaux, orvets, batraciens, avec notamment un rôle grave dans la disparition du lézard vert des zones urbaines du Bas-Valais.
      
     chats Elise Rousseau      
 
 
La SPA suisse souhaiterait que le nombre de chats par foyer soit limité à un, et que leurs propriétaires les gardent enfermés la nuit. Mais aussi limiter la prolifération par la castration, notamment des chats errants.
Évidemment, beaucoup d'amateurs de chats ne voient pas le problème… voire crient au scandale.
Pourtant, la question n’est nullement de savoir si on aime ou pas les chats. Il ne s’agit pas de leur faire du mal. La question, c’est prendre avec honnêteté la mesure du problème. Et c’est un vrai problème.  
Car qui se passe en Suisse est connu de longue date à l’échelle mondiale. En réalité, les chats sont encore bien plus nombreux dans certains pays.
 
Or 2,4 milliards oiseaux sont tués chaque année par les chats, domestiques et errants, juste aux Etats-Unis (étude 2013 du Smithsonian Conservation Biology Institute et du Service américain de la pêche et de la vie sauvage).  
Le chiffre, terrifiant, parle de lui-même...  
Réduire progressivement le nombre de chats en contrôlant leur reproduction n’a pourtant rien de choquant. Cela éviterait tous les animaux abandonnés, mal soignés… les amis des chats devraient en être convaincus, et devraient être les premiers à réclamer ces mesures, comme la SPA suisse.
 
 
chat chasse élise rousseau 
  
 

Un chat qu’on voudrait par contre voir plus souvent, c’est celui-ci, Felis silvestris silvestris, c’est-à-dire le chat forestier, l’espèce sauvage, protégée. Pour le coup, les Suisses ont réintroduit l’espèce dans les années 1970 !  
 
  chat forestier Elise Rousseau   
Une grande chance en juillet, la rencontre avec ce chat forestier, un jeune animal, dans les Pyrénées, au bord d’une rivière.    

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Le caracal, un félin à protéger en Afrique du Sud

Publié le par lesbiodiversitaires

Petite excursion vers la faune lointaine. Nous avons demandé à Marine Drouilly, qui prépare une thèse sur le caracal en Afrique du Sud, de nous faire découvrir ce magnifique prédateur.                 
 
Chez nous, on ne connait pas vraiment cet animal, et pourtant, il est présent sur deux continents, en Afrique et en Asie. Alors, c’est quoi, le caracal ?
M. D. : Le caracal (Caracal caracal) est le plus grand des petits félins africains. Il est souvent appelé « lynx du désert » de part ses oreilles pointues prolongées par une touffe de longs poils noirs pouvant atteindre 8 cm de long. Son nom vient d’ailleurs du Turc Karakulak signifiant « oreilles noires ». Cependant, le caracal n’est pas un lynx et il est davantage apparenté au chat doré africain (Caracal aurata) et au serval (Leptailurus serval) qu’au lynx eurasien. Le caracal vit dans les milieux arides et semi-désertiques d’Afrique, d’Asie centrale et d’Asie du sud-ouest jusqu’en Inde.
C’est un magnifique animal reconnaissable à son pelage variant du marron clair au roux (son nom Afrikaans est rooikat « chat rouge ») et dont les pattes postérieures sont plus longues que les antérieures. Cette caractéristique lui sert à bondir sur des oiseaux en vol, jusqu’à 2 mètres de hauteur. Les micromammifères et lézards font aussi partie de son régime alimentaire. Pesant entre 10 et 20 kg, les caracals s’attaquent également à de grandes antilopes de 40 kg comme les springboks.
 
Caracal -M. Drouilly 
Les touffes de poils noirs à l’extrémité des oreilles du caracal lui serviraient à communiquer
son humeur à ses congénères. (photo M. Drouilly) 
 
Pourquoi cet animal pose-t-il des problèmes en Afrique du Sud, tandis que d’autres pays ont interdit sa chasse ?
M. D. : Le caracal est très répandu en Afrique (hors sud du Sahara et forêts équatoriales) et est donc classé par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) comme « préoccupation mineure ». En Asie, en revanche, il est considéré comme rare du fait de ses populations plus clairsemées.
En Afrique du Sud et en Namibie, le caracal est plus commun qu’ailleurs et aucune protection locale n’existe. Il est même considéré comme « nuisible » car il arrive qu’il s’attaque au petit bétail non protégé, notamment aux moutons. Les fermiers peuvent l’abattre sans restriction et le font par piégeage, chasse nocturne et empoisonnement. Une étude menée par Stuart en 1982 s’est intéressée au nombre de caracals tué annuellement entre 1931 et 1952. Rien que pour la région semi-désertique du Karoo, en Afrique du Sud, 2 219 caracals ont été tués en moyenne chaque année sur cette période. La situation est similaire en Namibie où les fermiers ont rapporté – par le biais d’un questionnaire – avoir tué 2 800 individus en 1981.
La plupart des fermes sud-africaines et namibiennes ont perdu leurs grands prédateurs comme les hyènes et les lions, amenant le caracal et souvent aussi le chacal à chabraque à prendre leur place. N’ayant plus de prédateurs naturels, dans des milieux où ils trouvent de l’eau toute l’année et des proies faciles (agneaux, moutons), il se pourrait que les populations de ces prédateurs explosent. Des études sont en cours pour le démontrer.
 
Photo3 - Caracal   
Une femelle caracal photographiée par un piège photo et équipée d’un collier GPS a tué un springbok
de 40 kg, soit 3 fois son poids. Colliers GPS et pièges photographiques permettent de mieux connaître
cet animal solitaire et discret, principalement nocturne.
 
Quelles mesures est-il possible de mettre en place pour le protéger ?
M. D. : On ne protège que ce que l’on connaît bien. Plus de recherche est donc essentiel pour mieux comprendre l’écologie spatiale et comportementale de l’espèce, et notamment dans les fermes et en Asie. Très peu d’études scientifiques ont été menées sur cet animal et celles existantes datent des années 80, ont employé des technologies aujourd’hui dépassées et sur très peu d’individus. Par ailleurs, il serait particulièrement important de connaître la tendance des différentes populations de caracals et de revoir son statut dans certaines régions (dernière évaluation en 2008). Certaines populations sont peut-être en expansion mais d’autres se réduisent comme peau de chagrin.
Une étude à paraître par Stuart & Stuart montre que la prédation sur les troupeaux dépend de la disponibilité en proies sauvages. Il est donc important de conserver ces mêmes proies au sein des fermes et dans tous les milieux où le caracal est présent. Un autre point important est de préserver ses prédateurs naturels comme le léopard.
Enfin et surtout, des techniques de protection des troupeaux doivent impérativement être mises en place dans les fermes en Afrique australe. Les chiens de protection (type berger d’Anatolie) associés à un berger, ou encore le rassemblement des brebis dans des structures protégées proches du corps de ferme lors de l’agnelage sont le minimum qui devrait être fait.
En cas de réel conflit avec un individu – et ce malgré les moyens de protection mis en place – l’emploi de méthodes de contrôle d’un autre âge comme le poison ou les pièges à mâchoire non sélectifs doit être supprimé au profit de méthodes plus humaines et sélectives ne visant que l’animal concerné. Cela permettra d’abord d’éviter de tuer des espèces non ciblées comme les petites antilopes, les genettes ou encore les protèles, mais aussi les caracals se nourrissant uniquement de proies sauvages. Par ailleurs, cela permettra d’améliorer l’image des éleveurs de petit bétail qui sont parfois vus comme des exterminateurs de vie sauvage, ici en Afrique du Sud.
  
  caracal - MD
    Les épaules du caracal sont plus basses que ses pattes arrières, très musclées,
lui permettant d’attraper des oiseaux en vol comme les francolins. (photo M. Drouilly)
 
Le site de Marine : http://marine-drouilly.com/  
Rencontre avec un caracal, par Thierry Quélennec

Rencontre avec un caracal, par Thierry Quélennec

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Des loups en Afrique ? Oui, c’est possible !

Publié le par lesbiodiversitaires

On pensait jusqu’alors que le loup gris Canis lupus, celui d’Eurasie et d’Amérique du nord, était uniquement cantonné à ces continents. On vient, de curieuse manière, de le découvrir en Afrique.
 
Les loups sont maîtres dans l’art de se faire discrets et passer inaperçus. Mais tout de même : n’avoir jamais été repéré depuis des siècles et des siècles sur le continent africain relève de l’exploit. Car hormis le superbe loup d’Ethiopie, appelé aussi loup d’Abyssinie Canus simensis, plus proche d’ailleurs des chacals, « notre » loup européen, le loup gris, était totalement inconnu en Afrique. Alors comment se fait-il qu’il ait été découvert tout récemment seulement ? Serait-il arrivé en Afrique voici peu ? Vraisemblablement pas et il s’y trouve sûrement depuis des centaines de milliers d’années. Non, il a trouvé un subterfuge : il s’est déguisé en chacal.
 
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Loup d’Afrique photographié en Égypte (photo Lajos Nemeth-Boka).
 
Le chacal doré Canis aureus est bien connu de toute la moitié nord de l’Afrique, de même qu’au Moyen-Orient, et une partie de l’Asie méridionale jusqu’en Inde et en Thaïlande. Le loup gris, qui vient d’être découvert en Afrique, est présent probablement dans une aire géographique très vaste, puisqu’on l’a trouvé en Egypte, en Algérie, au Maroc et à l’ouest jusqu’au Mali et au Sénégal ! Canis lupus lupaster (c’est son nom complet) ressemble en réalité assez fortement à un chacal. Mais les études de terrain, notamment menées par Philippe Gaubert, Cécile Bloch et leurs collègues, montrent que le loup est plus massif, plus corpulent que le chacal, qu’il possède des oreilles un peu plus courtes, une tête plus large, une fourrure plus sombre, un caractère nettement plus solitaire également. De même, quand les animaux sont côte à côte autour d’une carcasse, le loup domine sur le chacal. Génétiquement également, le loup d’Afrique est bien différencié du chacal. Il serait même sans doute une des lignées les plus anciennes du loup gris dans son ensemble. Il n’est pas impossible qu’il y ait des hybridations entre les deux espèces, mais il reste des questions sans réponse sur la variation morphologique possible du chacal doré en Afrique. On observe en effet des animaux de morphologie intermédiaire sans qu’il soit possible, pour le moment de dire s’il s’agit de loup, de chacal ou d’animal hybride.
 
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Loup d’Afrique photographié au Sénégal (photo Cécile Bloch MNHN/CNRS).
 
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Chacal doré (source : Wikipedia Commons).
 
Des animaux ressemblant au loup ont été filmés au Maroc en septembre 2012 (voir ici). Nous ignorons si cette donnée a été confirmée par les spécialistes, mais la présence du loup gris semble désormais avérée au Maroc (Moyen-Atlas) par une équipe hispano-marocaine.
 
La sous-espèce lupaster était en réalité connue de longue date, mais on l’avait jusqu’alors classée avec le chacal. Les observations et études récentes prouvent que c’était une erreur. Quant au dieu égyptien Oupouaout, dieu tutélaire de la ville d’Assiout et censé être éclaireur et protecteur de la personne royale, on disait qu’il était mi-homme mi-chacal. Il se pourrait bien qu’il fut en fait mi-homme, mi-loup.
 
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Oupouaout, le dieu égyptien mi-homme, mi-… loup ? (source Wikipedia Commons).
 
L’histoire du loup en Afrique n’est sans doute pas terminée. En 2002, un canidé ressemblant fortement à un loup, mais différent de lupaster a été observé et photographié dans le désert du Danakil, en Erythrée. On ignore encore à quelle espèce il appartient ou s’il s’agit d’une nouvelle espèce pour la science.
 
Références :
Gaubert P., Bloch C., Benyacoub S., Abdelhamid A., Pagani P., et al. (2012) Reviving the African WolfCanis lupus lupaster in North and West Africa: A Mitochondrial Lineage Ranging More than 6,000 km Wide. PLoS ONE 7(8): e42740. doi:10.1371/journal.pone.0042740.
Rueness EK, Asmyhr MG, Sillero-Zubiri C, Macdonald DW, Bekele A, et al. (2011). The Cryptic African Wolf: Canis aureus lupaster Is Not a Golden Jackal and Is Not Endemic to Egypt. PLoS ONE 6(1): e16385. doi:10.1371/journal.pone.0016385.
Tiwari, J.K. and Sillero-Zubiri, C. 2004. Unidentified canid in the Danakil desert of Eritrea, Horn of Africa. Canid News 7.5
Urios V., Ramírez C., Gallardo M. & Rguibi Idrissi H. (2012). Detectan al lobo en Marruecos gracias al uso del foto-trampeo. Quercus 319 (Septiembre 2012).

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Hirondelle de fenêtre à Paris : la fin ?

Publié le par lesbiodiversitaires

L’hirondelle de fenêtre est-elle en train de disparaître de Paris ? A en croire les ornithologues parisiens qui l’étudient, on peut le craindre.  
        
Attention ! il ne faut pas confondre hirondelles et martinets : ces derniers, ce sont ces oiseaux au plumage noir qui sillonnent le ciel des villes – et de Paris – les soirs d’été, en poussant des stridulations. Nous en avons parlé il y a quelques temps.
L’hirondelle de fenêtre – Delichon urbicum pour les scientifiques – est beaucoup moins fréquente à Paris que le martinet noir. Elle peuple cependant depuis longtemps la Capitale, nichant ou ayant niché sur des bâtiments célèbres de la ville comme le Louvre, le Caroussel, le Pont Neuf, etc.
 
On la reconnait et la distingue aisément du martinet noir par sa taille inférieure, ses ailes nettement plus courtes, son ventre blanc, de même que son croupion, lequel tranche vivement sur le dos et les ailes bleu nuit de l’oiseau.
 
Sans-titre-2.jpg 
Hirondelle de fenêtre (photo Fabrice Jallu)
 
Depuis 1993, les ornithologues parisiens font des recensements le plus précis possible des couples qui se reproduisent. Ainsi, cette année-là, il y en avait autour de 600 couples, répartis sur 10 arrondissements. Ce chiffre devait d’ailleurs être un minimum. Les années suivantes, les effectifs étaient un peu inférieurs, mais les recensements n’étaient vraisemblablement pas complets. En 2006, après un comptage très précis, on atteint le chiffre de 550 couples, un record, mais un mois de juillet caniculaire, suivi d’un mois d’août pluvieux, froid et venteux provoquent une très forte mortalité des jeunes et d'une partie des adultes.
Les oiseaux ne s’en remettent visiblement pas : en 2007, on ne compte, selon Pablo Golondrino et Olivier Sigaud, que 145 couples et 100 en 2009. A partir de 2010, se produit une très lente remontée (130 à 140 couples), mais l’espèce a disparu des 6e, 15e et 17e arrondissements. En 2013, toujours selon Pablo, on atteindrait péniblement les… 75 couples.
 
photo-2.jpg
Hirondelles de fenêtre en train de collecter de la boue pour la construction de leurs nids
 
Ce qui est très inquiétant c’est que le déclin l’hirondelle de fenêtre ne touche pas que Paris mais visiblement l’ensemble de l’Ile-de-France. Ainsi on estimait à peu près à 20 000 le nombre de couples nichant dans la région en 2004. Pablo Golondrino, qui sillonne l’Ile-de-France en tous sens  pour étudier l’espèce, se montre en effet très pessimiste.  Il n’y avait sans doute plus que 8 000 couples pour toute la région en 2007, chiffre probablement divisé par deux en 2013 avec 4 000 couples nicheurs. Des sites célèbres, comme le château de Versailles, comptait 423 couples en 2004, seulement 80 en 207 (mais 140 en 2012). Il n’y en a 52 couples cette année…
 
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Jeune  hirondelle de fenêtre au nid, peu avant l’envol.
 
L’hirondelle de fenêtre se reproduit sur les façades des maisons et des immeubles, sous les rebords des fenêtres et des balcons, les encorbellements, sous les gouttières, etc.  Certes, elle fait quelques salissures avec ses fientes, mais dans notre monde que l’on veut totalement aseptisé, les propriétaires de maisons ou de pavillons ne supportent pas ces messagères du printemps (et porte-bonheur dans bien des pays du monde) et détruisent les nids. Ce qui, au passage, est interdit par la loi et passible de plusieurs centaines d’euros d’amende !  Du coup, l’avenir des hirondelles de fenêtre est peut-être meilleur sur les bâtiments publics – où les protecteurs des oiseaux tâchent de convaincre de la nécessité de protéger les nids et les oiseaux – que sur les habitations individuelles. A Pontoise (Val d’Oise), où nous suivons depuis des années les hirondelles sur le bâtiment de la gare SNCF ainsi que sur le château de Grouchy à Osny (commune voisine), les effectifs se maintiennent vaille que vaille. Il faut dire que la gare d’Osny a posé des nichoirs à notre demande et qu’il a fallu faire intervenir le président de la LPO pour que la mairie d’Osny ne passe pas au karcher les nids des squatteurs ailés…
 
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Nids artificiels d’hirondelles de fenêtre (flèches rouges) posés sur la gare SNCF de Pontoise (Val d’Oise) qui favorisent l’installation des nids naturels (flèches jaunes) et le maintien des colonies.
 
Conditions climatiques difficiles, destructions (illégales) des nids sur les bâtiments, manque évident d’insectes (surtout dans les villes), sans compter les aléas de la migration et des conditions d’hivernage difficiles en Afrique, tout semble se liguer contre notre Delichon. J’ai le souvenir de groupes virevoltants au-dessus du Pont-Neuf à Paris, voici encore quelques années. Cette image appartient désormais au passé.
Perte dans la Capitale, perte dans la région, et sans doute perte en France, l’espèce est aussi en diminution en Europe. Comme beaucoup de petits passereaux insectivores te migrateurs, l’avenir de l’hirondelle de fenêtre, à Paris comme ailleurs, est chaque jour un peu plus incertain.
 
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Indice d’abondance de l’hirondelle de fenêtre en Europe, période 1980-2009
(source : European Bird Census Council).
 

Publié dans Biodiversité sauvage

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