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biodiversite sauvage

Rencontre avec les chevaux de Przewalski

Publié le par lesbiodiversitaires

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Les collines du parc national d’Hustaï, en Mongolie.

L’herbe est jaunie par le soleil.

Le professeur Terbish Khayankhyarvaa vient de me prendre par le bras. Il lève la main en l’air, fait signe d’écouter. Écoute. Là-bas. Un roulement de sabots lointains. Un roulement qui sort de la terre, qui vibre dans l’atmosphère silencieuse. Plus personne ne bouge. Plus un oiseau ne crie. Le roulement remplit l’espace, de plus en plus impérieux. De plus en plus proche.

Terbish cligne des yeux. Ce sont eux. Ils arrivent. Il l’avait promis. Depuis des jours, depuis des nuits. Il connaissait le lieu et l’heure, l’endroit précis, où un roulement de sabots surgirait de la montagne, où un nuage de poussière s’élèverait de la colline, où apparaîtrait le troupeau sauvage des chevaux de Przewalski.

Et il avait raison. La poussière s’élève par-dessus la colline, sans qu’on ne les voie. Une poussière de plus en plus haute, de plus en plus dense. La poussière qui précède l’arrivée des chevaux.

Sens en alerte, souffle coupé, et voilà les incroyables animaux, si longtemps attendus, surgissant des rochers de Mongolie, qui filent plein galop droit devant eux, sans même un regard pour nous, pour rejoindre le point d’eau où ils s’abreuvent chaque soir.

 

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Les heures de camion russe et ses soubresauts dans les montagnes, le dos pétri par le sol dur sous la tente, les enlisements dans le désert de Gobi, les épines sous les pieds, les yaks qui réveillent la nuit en passant trop près du campement, le vent du soir qui arrache tout, les orages dans la steppe, le crâne humain séché au bord d'un lac, les squelettes de chevaux éclatés au fond des ravins… tout est oublié.

Ils sont là. Les derniers chevaux sauvages. Le takh mongol.

 

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L’étalon est plus sombre que les autres. Il se roule dans la boue. Le point d’eau est le lieu de quelques jeux, mouvements de tête, éclaboussures.

 

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Les poulains sont très pâles.

Le troupeau les protègera des loups.

 

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Et vue la vitesse déterminée de leur galop, leur puissance compacte, les prédateurs auront sans doute bien du mal à croquer l’un de ces chevaux.

Sous nos yeux, s’éloignant déjà, c’est le résultat d’un des plus incroyables programmes de conservation d’une espèce jamais menés.

Les chevaux de Przewalski, après avoir disparu de la planète à l’état sauvage, vivent à nouveau en liberté. En Mongolie.

 

Przewalski ER 2012-copie-1

 

 

Pour en savoir plus sur les chevaux de Przewalski et le programme de conservation de l’espèce :

http://www.takh.org/

Publié dans Biodiversité sauvage

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Promenades ornithologiques en France… Du rêve à la réalité

Publié le par lesbiodiversitaires

Imaginez un instant une sortie en compagnie d’ornithologues qui vous montreraient tout ce que la France abritait comme oiseaux il n’y a pas si longtemps et qui, comme par enchantement, seraient de nouveau présents dans nos campagnes. Un rêve… suivi d’une réalité expliquée.
 
Le rêve : C’est l’hiver dans le nord de la France. Sur les grandes « pannes » dunaires arrière-littorales, les corneilles mantelées, ici comme partout dans la moitié nord du pays, sont nombreuses, sans cesse en quête de nourriture. Elles sont descendues du nord de l’Europe comme chaque hiver et passent ici la mauvaise saison. Parfois, elles houspillent des pygargues à queue blanches, ces aigles pêcheurs également nombreux à cette saison et venus des mêmes contrées qu’elles. Dans les marais alentours, pâturent des milliers d’oies – rieuses, des moissons.
 
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Corneille mantelée – une des dernières vues dans le nord de la France (2003).
 
Les amateurs de petits passereaux sont à la fête. Dans les dunes ou les estrans abrités où les prés salés sont présents, de grandes bandes de bruants des neiges cherchent leur nourriture en compagnie d’alouettes haussecols et de linottes à bec jaune. Tout ce petit monde est descendu lui aussi des zones arctiques où ces oiseaux se reproduisent.
 
La réalité : vous pourrez arpenter des dizaines de kilomètres de dunes littorales nordistes sans voir une corneille mantelée. Celle qui figure dans les peintures anciennes (Breughel, les Très riches heures du Duc de Berry) a aujourd’hui complètement disparu de cette partie de la France. L’espèce s’est sédentarisée à cause du climat plus doux et ne vient plus hiverner ici. Quant au pygargue à queue blanche, il a beaucoup diminué, victime de la chasse jusqu’au milieu des années 1950. Et aujourd’hui, même s’il reprend des couleurs, il ne vient plus en hiver qu’en de rares endroits de l’hexagone. Les oies, elles, ont bien compris que passée la frontière belge, elles mettaient leur vie en danger. Si bien qu’elles restent sagement au Benelux, ne viennent chez nous que poussées par le grand froid ou la neige. Elles n’y restent pas car elles sont accueillies par une salve continue de plombs…
Les petits passereaux nordiques, autrefois si réguliers, se sont faits rares à présent. Si le bruant des neiges se montre encore, l’alouette haussecol a bien régressé. Quant à la linotte à bec jaune, on peut dire qu’elle a (quasiment) disparu. Là encore, c’est le résultat du réchauffement climatique en cours.
 
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Troupe de Bruants des neiges en vol
 
Un autre rêve : le printemps, c’est la période pour observer les oiseaux nicheurs. Dans les grandes plaines champenoises, les outardes barbues sont en pleine parade, sur les savards (zones herbacées, un peu steppiques), où paissent d’innombrables moutons. Les mâles déploient leurs plumes blanches. Sur les rares buissons qui parsèment ce paysage, chantent des bruants ortolans, revenus avec les beaux jours de mai.
Plus au nord, on signale des syrrhaptes paradoxaux. Il semble que ce soit une bonne année pour cette espèce, proche des pigeons, et qui, régulièrement, fait des incursions en Europe de l’Ouest, venu des grandes steppes d’Asie centrale. Peut-être certains resteront-ils pour nicher.
Dans les régions riches en étang, il faut sortir le soir et s’asseoir en bordure d’un marais. Là, dans le concert tonitruant des grenouilles, on prêtera l’oreille. Les marouettes poussin, de Baillon et ponctuée s’unissent aux amphibiens et font entendre leurs chants caractéristiques. Ces petits volatiles, de la famille de la poule d’eau et des râles et de la taille d’un étourneau, se montrent peu et sans doute faudra-t-il se contenter de leur chant.
 
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Syrrhaptes paradoxaux (photo J-M. Thibault).
 
Les prairies humides, parsemées de fleurs à cette période de l’année, accueillent le « roi des cailles », c’est-à-dire le râle de genêts, revenu d’Afrique tropicale et qui, la nuit venue, lance son lancinant crex…crex… qui lui a donné son nom scientifique. Certains soirs, leurs vocalises dominent l’espace auditif.
Dans ces mêmes régions, et plus au sud jusque dans les Landes, les grues cendrées, avec leur haute taille ne passent pas inaperçues, même si, en période de reproduction, elles peuvent être très discrètes. Et si l’on n’a pas pu les voir, au moins se consolera-t-on avec les pies-grièches grise, à poitrine rose et à tête rousse, que l’on rencontre partout dans la campagne, nichant dans les haies ou le long des alignements d’arbres qui bordent chemins et petites routes.
 
La réalité : la Champagne crayeuse est une immense zone agricole où céréales, maïs et colza dominent le paysage. Ne cherchez plus l’outarde barbue. Elle a disparu depuis longtemps. Le bruant ortolan a survécu quelques décennies de plus, mais il n’a pas supporté, lui non plus, de voir son habitat totalement détruit. En Champagne humide proche, en revanche, la création de grands réservoirs a attiré des milliers et des milliers de grues cendrées en migration, et à présent en hivernage. Avant, elles y étaient rares. Mais l’espèce ne niche quasiment plus en France, hormis dans un petit noyau lorrain d’apparition récente. Les syrrhaptes paradoxaux n’ont plus été revus en France depuis le début du XXe siècle. A cela, le fait que les grandes steppes asiatiques ont régressé et, avec elles, le nombre de syrrhaptes. De même, les trois espèces de marouettes ont considérablement diminué devant l’assèchement des zones humides. Seule la marouette ponctuée survit en petit nombre (les deux autres ne nichent plus chez nous que de façon exceptionnelle). C’est d’ailleurs la même chose pour le râle de genêts qui est en train de disparaître de France. Ici, c’est la fenaison de plus en plus précoce (notamment à cause du climat plus chaud) qui broie les couvées en même temps qu’elle met l’herbe en bottes.
 
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Bruant ortolan
 
Les pies-grièches sont aussi bien à la peine. La pie-grièche à poitrine rose, autrefois communément répartie en France, ne subsiste plus que dans le Languedoc (moins de 20 couples). La pie-grièche grise suit le même chemin (moins de 1 000 couples) alors qu’elle était commune encore il y a 3 ou 4 décennies. La pie-grièche à tête rousse également… La modification des milieux naturels, voire leur disparition, les bouleversements du climat et l’utilisation de pesticides sont les causes de ces déclins.
 
Le paysage ornithologique français a bien changé en un peu plus d’un siècle ! Certes, des espèces sont apparues (certaines pas vraiment souhaitées, notamment les espèces invasives). Mais enfin, d’un point de vue général, nous avons perdu de belles espèces emblématiques. L’ennui c’est qu’elles déclinent aussi ailleurs en Europe…
Alors, pour nous consoler, attendons le printemps pour témoigner du retour des hirondelles, entendre le rossignol philomèle dans un hallier en bordure de fleuve, s’émerveiller du jaune du loriot ou du plumage coloré du guêpier d’Europe, tendre l’oreille pour le chant de l’engoulevent, aller en forêt traquer les gobemouche noir, le pouillot siffleur ou le rougequeue à front blanc. Oui, mais pour combien de temps encore ? Qui sait si, dans un siècle, on n’évoquera pas ces espèces de la même façon que l’avons fait ici pour leurs consœurs, c’est-à-dire à titre… posthume ?
 
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Pie-grièche à poitrine rose

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Black and white Hoëdic

Publié le par lesbiodiversitaires

Au large du Morbihan, il y a Belle-Ile, il y a Groix, il y a Houat… et il y a Hoëdic.
Cette dernière est souvent considérée par les ornithologues comme la troisième des îles du Ponant, avec Ouessant et Sein, pour la migration automnale des oiseaux.
 
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C’est une île de la Bretagne Sud, et cela se sent à de nombreuses provocations végétales. Ici un figuier, où un jeune étourneau roselin s’en met plein le bec. Là des palmiers et des bananiers.
Contrairement à Sein, où l’on sent toujours l’océan prêt à déborder, à submerger l’isthme, Hoëdic semble bien amarrée.
 
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Dans la lande, un regard alerte peut trouver les lézards verts, et s’il bruine un peu, dès la nuit tombée, les crapauds calamites sortent, lentement, avec leur démarche pataude. Attention alors à ne pas leur marcher dessus ! Ils ne savent pas comme ils sont vernis d’habiter Hoëdic, tous ces crapauds. Ici, pas de voitures pour les écraser sur les routes. Ici, pas de phares éblouissants. Seulement quelques hommes à pied qui font attention où ils marchent.
 
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Hoëdic abrite également cinq chevaux blancs. Trois juments camargue, et deux hongres typés arabes. Comme les plantes, ces rustiques méridionaux se sont parfaitement adaptés au climat hoedicais. Ils sont venus là en bateau. L’une des juments est née sur l’île. En voilà des chevaux heureux, vivant dans un pré si vaste qu’il sent la liberté. Des chevaux que personne n’ennuie. Juste une petite promenade de temps en temps, sur les jolis chemins de l’île, parfois un galop fou dans la lande. Ils auraient pu naître chevaux d’écurie, à sauter des barres, poil impeccablement lustré et œil vide. Ils sont nés pour vivre dans le vent, en troupeau, crins épais et regard libre, à Hoëdic. Tous n’ont pas la même destinée.
 
 
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Il y a aussi quelques moutons, de la race menacée Landes de Bretagne, à la laine duveteuse, qui paissent face à la mer, surveillant attentivement chaque passant de leur pupille rectangulaire. Ceux-là entretiennent le milieu et empêchent que ronce, fougère et ajonc n’envahissent tout.
 
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Les pommiers d’autrefois sont toujours là, offrant des pommes biscornues aux saveurs anciennes.
Après les journées d’observation, d’attente et de quête, les ornithologues automnaux rejoignent les pêcheurs, les îliens, les marins, à la Trinquette ou au café du Repos, devant une bière ou un cidre, une purée de sardines, un bol de crevettes.
     
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C’est l’heure pour les uns de parler du gobemouche nain et des oiseaux qui pourraient bien débarquer sur l’île la nuit prochaine. Pour les autres, de la taille du bar qu’ils ont pêché. D’autres pensent encore aux cinq chevaux blancs.
 
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En voilà une île pas ordinaire, havre des oiseaux voyageurs, abri de quelques races anciennes, de quelques hommes secrets discutant sur le port d’Argol… A une heure de la côte, déjà loin, s’effaçant dans les brumes marines.
 
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Petite mythologie du loup

Publié le par lesbiodiversitaires

En Mongolie, en juin dernier, guidés par des cavaliers rencontrés en chemin, nous avons fait un affut au loup. Dans les hautes montagnes d'Ikh Bodg Uul, au bord d’un inquiétant précipice, dans le froid du soir, nous observions au loin une carcasse attaquée par les vautours de l’Himalaya, les vautours moines et les gypaètes barbus. Une ambiance de bout du monde…
 
 cavalier mongol - PJD
  Il y a des loups... là-bas...
 
Mais nous n’avons pas vu le loup.
Savoir qu’il rôdait pourtant dans le secteur, et que les Mongols l’avaient aperçu plusieurs fois autour de la carcasse, le matin même, était suffisant pour rendre ce moment unique. Nous ne l’avons pas vu… peut-être parce que lui, justement, nous avait vus. Peut-être avait-il fait un affut à l’homme ?
 
 Affut au loup - Yvan Tariel
Affut au loup à Ikh Bodg Uul, dans le froid. Photo : Yvan Tariel
 
Cet affut en compagnie des Mongols nous donne envie de vous faire partager un texte consacré à la mythologie du loup (et à sa signification en Mongolie), paru il y a quelques années*, ainsi que deux sublimes photos du photographe Louis-Marie Préau : 
  
  
Mythologie du loup
 
Le loup fait partie de toutes les mythologies des pays où il a un jour traîné la patte.
Les Indiens d’Amérique respectaient le loup, qui, comme eux, était un chasseur. Pour les Indiens, le loup était un allié, qu’on retrouve dans les totems, voire un passeur d’âme. La tribu des Ojibwa lui attribuait une protection spirituelle.
 
Chez les anciens Grecs, l’histoire de Léto raconte que, après son union avec Zeus, la déesse enceinte ne parvenait pas à trouver de lieu pour donner naissance aux jumeaux qu’elle portait, à cause de la jalousie d’Héra, l’épouse de Zeus. Selon diverses variantes, elle finit, protégée de Zeus, par accoucher. Mais Léto, emmenant ses nouveau-nés – rien moins qu’Apollon et Artémis – pour les laver dans le Xanthe, fut confrontée à des bergers qui cherchèrent à l’en empêcher. Des loups arrivèrent alors, chassant les bergers ! Léto appela dès lors la région « Lycie », du nom des loups, et transforma les bergers… en grenouilles ! De par ce lien aux loups, Artémis, déesse de la vie sauvage, était parfois également évoquée comme Artémis Lycoctone, tueuse de loups, pour protéger les troupeaux. Cela pouvait également être le cas de son frère Apollon, parfois appelé Apollon Lukogenès, né du loup (à Delphes, le temple d’Apollon était gardé par un loup de bronze, en souvenir d’un vrai loup qui aurait protégé les trésors du temple contre un voleur). Autour de ce temple d’Apollon, le terrain était appelé « lukaion », ce qui veut dire « peau de loup ». Comme c’était le lieu où Aristote enseignait, c’est là l’origine du terme « lycée », utilisé encore aujourd’hui.
Le dieu des Enfers, Hadès, était vêtu également d’une dépouille de loup (par ailleurs, chez un autre peuple, les Étrusques, le dieu de la mort avait des oreilles de loup !).
 
Quant à Dolon, c’est un espion troyen qui, en pleine guerre de Troie, cherche à se rendre au camp des Grecs en se déguisant en loup. Homère l’évoque dans l’Iliade (Chant X). Dolon « sur ses épaules, jette aussitôt l’arc recourbé ; il vêt son corps de la peau d’un loup gris ; […] il s’en va, par la route, plein d’ardeur ». Le stratagème n’est pas une grande réussite car il est rapidement attrapé par le rusé Ulysse et son comparse Diodème, qui le font parler avant de l’achever.
Dans la mythologie grecque, d’une manière générale, le loup apparaît comme un animal incarnant le sauvage, la force, la ruse et la combativité, associé à des dieux majeurs.
 
Dans la Rome antique, où les loups étaient nombreux, une très ancienne fête pastorale, les Lupercales (Lupercalia), avait lieu chaque année le 15 février, dont l’un des buts était d’écarter les loups des troupeaux. N’oublions pas non plus que la fondation de Rome n’aurait pas eu lieu sans l’aide d’une louve : lorsque les jumeaux Remus et Romulus, nés des amours d’une ancienne princesse devenue vestale (c’est-à-dire en latin courant une lupa, une « louve », une prostituée) et du dieu Mars (dont l’animal sacré était le loup), sont jetés dans le Tibre pour qu’ils ne puissent un jour revendiquer le pouvoir, ils échouent sur le rivage et sont recueillis et allaités par une louve. Plus tard, un nouvel établissement sera fondé sur le lieu où ils furent découverts, donnant naissance à Rome, qui garda la louve comme emblème. Le loup faisait donc logiquement partie des emblèmes de la légion romaine. Voir un loup avant le début d’une bataille était aussi présage de victoire.
 
Chez les Scandinaves, aux terres non moins peuplées de loups, le loup a une importance peut-être plus forte encore. Odin possédait deux loups : Gere et Freke. Fenrir, le plus célèbre des loups scandinaves, est un loup énorme, destructeur et ennemi des dieux. Seule une corde fabriquée par les nains et placée à son cou permet de le contrôler. Fenrir causera cependant la fin du monde lors du Crépuscule des dieux : brisant ses chaînes, il avalera le soleil et la lune, et les dieux s’entre-tueront lors d’un combat final. Fenrir dévorera Odin avant d’être tué par le fils de ce dernier.
En Égypte, Oupouaout, le dieu-loup, est placé à l’avant de la barque solaire d’Osiris. Lors du dangereux périple nocturne du soleil dans les régions souterraines, c’est Oupouaout qui ouvre le chemin, faisant office de passeur. Une ville lui était dédiée : Lycopolis.
En Mongolie, il est, avec le cheval, l’habitant de la steppe. L’Histoire secrète des Mongols, chronique mongole de Siki-Quduqu au XIIIe siècle, rapporte ainsi que le héros Gengis Khan, le grand conquérant mongol, avait pour père… le Loup bleu (Bortä-Tchino) ! Belle explication à la férocité de Gengis Khan, guerrier légendaire. Ce Loup bleu symbolisait aussi la foudre.
En Chine, une étoile, Sirius, était associée à un loup qui était censé garder le palais céleste (la Grande Ourse).
Pour les Turcs, la louve est aussi à l’origine de leur lignée, ayant allaité leur ancêtre, Mustapha Kemal, surnommé le « loup gris ».
Dans la mythologie indienne, le loup dévoreur Vrika absorbe la lumière, elle-même représentée par une caille. Il symbolise la nuit, et c’est seulement lorsque la caille est libérée que l’aube peut renaître.
Enfin, pour de nombreux peuples (Sibérie, Kamchatka…), le loup est un symbole de fécondité, auquel on consacre des rites.
 
*Anthologie du loup, Elise Rousseau, Delachaux et Niestlé, 2006 
 
 
 loup Louis-Marie Préau
     
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Photos : Louis-Marie Préau 
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Retrouvez les remarquables photos de Louis-Marie Préau, ainsi que sa série sur le loup, sur le site du photographe naturaliste :
http://www.louismariepreau.com/
Un photographe aussi doué que généreux, qui a souvent aidé les associations de protection de la nature. On aime son approche poétique, et la sensation de légèreté qui se dégage de ses clichés.
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Ver luisant : petite lumière d’une nuit d’été

Publié le par lesbiodiversitaires

L’autre soir, sous la belle nuit étoilée, un petit mirage sur la pelouse, une lumière dans la nuit… Ce point luminescent dans l’herbe, c’est un ver luisant, appelé également Lampyre.
 
Les scientifiques le nomment Lampyrisnoctilucanoctiluca : la lumière de nuit  - mais contrairement à son nom familier, le lampyre n’est pas du tout un ver. C’est un insecte, un coléoptère même (comme nos bousiers et nos scarabées), de la famille des Lampyridés. Le terme de « ver » vient du fait que les femelles ont un corps mou qui peut en effet rappeler une sorte de ver. En fait, elles ont gardé leur forme larvaire à l’âge adulte (néoténie). Mais la comparaison s’arrête là. Les lampyres se trouvent dans toute l’Europe et à l’est jusqu’en Chine et même aux portes de l’Arctique, presque le cercle polaire ! Il est possible que le réchauffement climatique puisse favoriser l’expansion de cette espèce vers le nord.
 
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Lampyre femelle, photo prise sans flash.
 
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Lampyre femelle, même animal pris au flash (la lumière verte n'est plus visible).
 
Chez les lampyres, c’est surtout madame qui brille. La partie terminale de son abdomen luit dans la nuit. C’est un phénomène de bioluminescence, c’est-à-dire que des molécules de luciférine, au contact de l’oxygène, donnent cette lumière verdâtre si caractéristique. Les dames la produisent en fait pour attirer les mâles – qui sont volants – et qui, eux, en produisent bien moins car seul le dernier segment de leur abdomen est concerné.
Et chez ces lumineux insectes, même les œufs sont lumineux.
Les vers luisants n’apprécient pas la pollution lumineuse. On peut comprendre pourquoi.
 
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 Lampyre femelle (en médaillon le mâle).
 
Ne vous fiez pas à cette petite lumière nocturne. Les lampyres sont de redoutables prédateurs. Demandez aux escargots : ils sont les victimes des larves des lampyres qui s’en délectent. Les larves seulement, car à l’âge adulte les « vers luisants », comme bon nombre d’insectes, ne pensent qu’à se reproduire. Ils ne mangent donc quasiment plus et mourront après la reproduction.
En attendant, dans l’herbe noire de la nuit, notre femelle de lampyre émet sa petite lumière pour attirer quelque mâle qui vole sans doute près de nous, sans que nous en doutions.
 
(Un grand merci à Vincent Albouy et André Fouquet pour leurs photos).
 
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Info supplémentaire du 25 août : enquête vers luisants
Une pré-enquête sur les vers luisants a eu lieu il y a quelques mois. Plus de 1 000 personnes ont répondu. Merci de participer à ce second volet de l'Observatoire des Vers Luisants.
Vous pouvez  faire part de vos observations 2012 (vu ou pas vu !) à cette adresse :

http://www.observatoire-asterella.fr/OVL3.html

L'Observatoire vous incite également à faire des observations simultanées du 24 au 31 août 2012 et renseigner par la suite cette page :

http://www.observatoire-asterella.fr/OVL2.html

L'analyse exploratoire des premières données (pré-enquête) montre que certains habitats (terres arables non irriguées, zones urbanisées) ont un impact négatif important sur la dynamique de population des vers luisants. La poursuite de l'investigation et l'augmentation du nombre de participants devrait permettre de s'intéresser à des effets moins faciles à observer.
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Martinet noir : la ronde des adieux

Publié le par lesbiodiversitaires

Malgré une météo jusqu'alors incertaine en de nombreux endroits de l’hexagone, c’est la période estivale, celle des longues soirées passées sous les dernières lumières dorées. Au-dessus de nous, les martinets noirs s’en donnent à cœur joie dans des poursuites effrénées et des stridulations aigües.
 
Les derniers jours de juillet marquent un tournant dans le quotidien. Les martinets ont fini de nicher et les jeunes s’exercent au vol en compagnie des adultes. Ces rondes vespérales regroupant les oiseaux sont nombreuses dans le ciel. Pour beaucoup d’entre nous, ce sont des jours d’insouciance et de vacances et bien peu remarquent ces farandoles aériennes, même si le cri strident des poursuites ne peut être ignoré des oreilles les moins expertes.
 
MAR-pâles---Essaouira---MAROC---2011.03.011
Rondes aériennes.
 
Il faut en profiter ! Car, un matin de fin juillet, le ciel est vide d’oiseaux noirs en forme de faux. Plus rien. Les martinets ont disparu et la soirée est là pour confirmer cette absence. Le ciel est redevenu silencieux. Les martinets sont partis. Ils sont partis alors qu’il fait chaud. Ils sont partis tandis qu’il y a encore des insectes dans les airs. Oui mais voilà, le martinet est réglé comme un métronome. Chaque année, et quel que soit la météo, les martinets noirs, muent par leur horloge biologique, nous quittent dans les derniers jours de juillet. Certes il en restera encore, par ci, par là, jusqu’aux premiers jours de septembre… Mais l’essentiel de la troupe a repris le chemin du sud. De l’Afrique équatoriale où ils vont passer tout le reste de l’année à voler, sans cesse, sans jamais se poser au-dessus de la grande forêt tropicale. Dans moins d’un mois, ils y seront, bien loin des villes et des villages de France.
Et au printemps, toujours animés par leur mouvement métronomique, ils reviendront à la même date. Dès avril sur le littoral méditerranéen, ils remonteront peu à peu vers le nord atteignant Paris, par exemple, toujours aux mêmes dates : les avant-coureurs vers le 20-25 avril, le gros de la troupe au 30 avril ou au 1er mai.
 
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Rassemblement pré-migratoire (photo Marc Duquet).
 
En attendant ils partent ; ils sont partis. Et le ciel d’été silencieux nous indique qu’un tournant irréversible s’est produit dans le fil des saisons (celles de la nature, pas celles réinventées par l’homme). Le printemps est définitivement terminé et c’est l’automne et son cortège de migrations qui déjà se profile en cette fin juillet ; l’automne qui déjà est là, en réalité.
 
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Frans de Waal appliqué aux poules, ou l’empathie selon Grosse Cott

Publié le par lesbiodiversitaires

L'âge de l'empathie De WaalTous ceux qui s’intéressent au comportement animal – mais aussi au comportement humain – devraient avoir lu un ouvrage de Frans de Waal. Ce psychologue et primatologue, directeur du Living Links Center au Yerkes National Primate Research Center à Atlanta, a non seulement des idées et des anecdotes passionnantes, mais aussi une écriture accessible qui rend la lecture de ses ouvrages très agréable.

Dans son fameux livre Le singe en nous, il montrait des parallèles réjouissant entre les comportements des singes et les nôtres. Après cette lecture, pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines, impossible de croiser ses proches ou ses collègues sans que leur côté « simiesque » ne saute aux yeux !

Dans son dernier ouvrage, L’âge de l’empathie, leçons de nature pour une société solidaire (Les liens qui libèrent, 2009), ce chercheur explique comment l’empathie n’est pas une caractéristique seulement humaine, puisqu’on peut l’observer aussi chez les animaux. Chez les singes, les dauphins, les éléphants ou les chiens, cela saute aux yeux. Le chercheur pense que l’empathie existe aussi chez les baleines, mais vu la taille de la bestiole, pas évident à expérimenter… Selon lui, l’homme comme les animaux sont capables de la pire agressivité, mais également de moments de bonté gratuite, qui dépassent parfois le cadre de leur propre espèce.

Tous ceux qui ont un chien savent que s’ils ont du chagrin, l’animal ne sera pas insensible à leurs pleurs, venant poser son museau sur leurs genoux, donnant des coups de nez et de langue. De Waal n’en parle pas, mais les cavaliers savent aussi à quel point les chevaux décryptent facilement leur humeur. Tous ceux qui vivent près des animaux ont des anecdotes de ce genre à raconter, mais en matière d’empathie, on a souvent peur de faire de l’anthropomorphisme, de trop interpréter, de confondre nos émotions et celles de l’animal. Pourtant, désormais, des expériences scientifiques démontrent de façon claire que certains animaux en sont capables.

 

Et les poules alors ?

De Waal ne les évoque pas. Il parle un peu des oiseaux, surtout des corvidés et des perroquets - oiseaux super-intelligents - mais la majorité de ses exemples tournent autour des mammifères très intelligents et très sociaux, les plus à même d’éprouver de l’empathie, ceux aussi chez qui elle est le plus facile à expérimenter.

Son livre date de 2009 et c’est seulement en mars 2011 qu’une étude émanant de l’Université de Bristol assure que les cocottes elles-mêmes seraient capables d’empathie : leur cœur s’accélère à la vue d’un congénère souffrant ou de leurs poussins en situation délicate…

Bien sûr, l’empathie des poules ne serait pas si évoluée que celle des dauphins ou des grands singes… Mais elle existerait, à son niveau.

 

têtes poules landaisesQuelques anecdotes de poulailler

Un comportement toujours surprenant, c’est de voir, quand l’une des poules couve, une seconde poule qui vient se placer à côté d’elle et peut rester là pendant des heures, sagement, sans couver. On dirait une « assistante en couvaison ».

 

Notre plus vieille poule, Grosse Cott, ne pond plus, elle a du coup moins faim que les autres. Quand elle est rassasiée, elle appelle alors les autres poules quand elle trouve quelque chose de bon à manger et émiette le butin avec son bec comme une mère nourrissant ses poussins ou comme un coq appelant ses poules.

 

Plus étonnant, alors qu’elle jouait ce printemps « l’assistante couvaison » avec une poule en train de couver, et que nous arrivions près du nid, occasionnant un dérangement pour sa consœur, Grosse Cott fit mine plusieurs fois de nous émietter de la nourriture et de nous en offrir, poussant ses petits gloussements caractéristiques du don de la nourriture chez la poule.

 

Autre anecdote, quand on sort du poulailler une poule qui couve, pour qu’elle aille boire et s’alimenter, et que cette dernière, à moitié ankylosée par la couvaison, ne bouge pas sur le sol, un peu hagarde, il n’est pas rare qu’une autre poule vienne lui donner quelques coups de becs "doux" (comme la mère poule fait parfois à ses poussins), comme pour la stimuler un peu. Une fois que la couveuse se lève et s’ébroue, l’autre poule se désintéresse d’elle et reprend ses activités.

 

Enfin, la capacité d’adoption réciproque de Grosse Cott et de deux jeunes orpingtons déjà emplumées et ayant été élevées en couveuse artificielle, au printemps dernier, n’est pas non plus sans faire réfléchir. Que Grosse Cott, ayant perdu son poussin, soit prête à adopter le premier poulet qui passe, c’est un peu étonnant, mais on peut mettre cela sur le compte des hormones… Mais que les deux petites poulettes déjà bien indépendantes et n’ayant jamais eu de mère (et n’en ayant plus besoin) soient également prêtes à tisser ce lien, allant dormir dans les ailes de leur mère adoptive, c’est déjà plus surprenant.

 

Nous n’avons pas d’explications à tous ces comportements. On comprend fort bien qu’il est plus excitant pour les chercheurs d’étudier les grands singes ou les dauphins, pour lesquels tant de choses restent encore à découvrir. Mais nous sommes persuadés que plus on étudiera le comportement des oiseaux (et donc des poules), plus on découvrira, comme l’Université de Bristol l’année dernière, qu’ils sont bien plus riches et complexes qu’on ne le pense.

 

Encore une bonne raison pour ne pas manger de poulet industriel !

 

 

bisou de vache ER

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Busards, busardons, busardez : une action bénévole pour protéger les rapaces

Publié le par lesbiodiversitaires

Un de mes meilleurs souvenirs professionnels, c’est quand je m’occupais du Réseau busards à la Mission rapaces de la LPO. Plein de gens super sympas – les « busardeux », et des oiseaux magnifiques à protéger – les busards…
 
Mais il fallait une sacrée dose d’optimisme pour ne pas se décourager, car chaque année, tout le travail bénévole est à recommencer… Et des bénévoles, c’est justement cela dont le Réseau busards a besoin en ce début de printemps et jusqu’à l’été prochain.
 
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Busard Saint-Martin, Christian Aussaguel
  
En effet, chaque année, les busards Saint-Martin, les busards des roseaux et les busards cendrés ont la mauvaise idée d’installer leurs nids dans ce qui ressemble le plus à leurs milieux de prédilection : les champs cultivés. Et chaque année, des milliers de poussins de busards risquent de finir écrasés par les moissonneuses-batteuses, avant d’avoir pu prendre leur envol. Plus de 350 bénévoles se mobilisent tous les ans, depuis plus de trente ans, en France, pour sauver ces oiseaux d’une mort certaine, et pour empêcher la disparition de cette espèce menacée.
Durant la période 1985-2005, plus de 27 000 couples de busards ont été dénombrés, près de 20 000 nids ont été trouvés et près de 40 000 jeunes busards ont été observés à l’envol. Plus de 6 000 interventions ont été réalisées sur les nids menacés et ont permis l’envol de plus de 10 000 jeunes qui sans cela auraient disparu sous les moissonneuses.
 
   Busard cendré 12.JPG,
Busard cendré, Christian Aussaguel
 
Les bénévoles sont donc les bienvenus pour aider à cette action, du mois d’avril au mois d’août prochains. Les busardeux vous formeront. Il suffit juste d’être très sérieux, patient et motivé, car c’est un travail difficile et qui ne dure qu’une seule saison. Il faut aussi avoir du temps  (au moins 15 jours car une formation est nécessaire) et être autonome. Mais c’est l’occasion d’un contact intime avec la nature et de belles aventures humaines.
 
Il faut avoir vu une fois un busardeux vous expliquer la technique pour marcher dans les blés sans en plier une seule tige (et sans se casser la figure), ou sa façon d’amadouer un agriculteur soupçonneux… Cela vaut vraiment le détour.
Et observer les premiers envols des jeunes rapaces que l’on a contribué à sauver est la plus belle des récompenses à tout le travail accompli.
 
Alors pour ceux que cela tente, inscrivez-vous dès maintenant ! Les busards ont besoin de vous !
    
LPO Mission Rapaces - 62 rue Bargue - 75015 Paris
Tél : 01 53 58 58 38 Fax : 01 53 58 58 39
 
Pour en savoir plus : http://busards.lpo.fr et www.busards.com
 
busardeux sur le terrain ER
 

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Dialogue avec une fouine

Publié le par lesbiodiversitaires

00 h 10, branle-bas de combat dans le grenier… ça cavale… ça joue… ça fait n’importe quoi…
 
« Eh bien la fouine, te voilà revenue ?
-          Pit pit pataclop boum boum
-          Et tu ne pourrais pas faire ton ramdam autrement qu’en pleine nuit ? comment veux-tu qu’on t’apprécie si t’empêches tout le monde de dormir ?
-          Pchiiiiiiiiiiiiii tac tac tac tac
-          Mais tu fais quoi là ? Un nid pour l’hiver ? et nos poulettes, nos orpingtons dodues, tu vas les laisser tranquilles au moins ?
-          Sbloum
-          On pensait que tu avais déménagé… pas de chance… c’est le froid qui te fait reprendre tes aises dans le grenier ? C’était moins bien chez les voisins ?
-          Ti ti ti ti frouuummmm
-          Bon ben OK. Demain matin je te fous la radio à fond la caisse toute la journée… y’a pas de raison que toi tu dormes bien après avoir réveillé tout le monde... ça t’apprendra à être plus discrète la fois prochaine.
-          Pataclop clop clop… boum… ti ti pchiiiiiiiii fuuuuuuitttt, ramdam boum zig ! »

 

Fouine ER

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Retour sur l’île de Sein (Finistère)

Publié le par lesbiodiversitaires

île de Sein PJD Elle se découpe à l’horizon, l’île des druidesses d’autrefois, au large de la pointe du Raz, plate comme un galet posé sur l’océan. Pas de brume, pas la moindre corne trompetant, pas de bruine, pas une   
goutte… le soleil d’octobre chauffe doucement l’île, l’enveloppant d’une lumière dorée. On est très loin de l’île des tempêtes et des naufrages.
 
Et en posant le pied sur le quai glissant, dans un parfum de goémons, on se demande comment l’on a pu faire pour vivre éloignés d’elle si longtemps.
 
L’île de Sein… Enez Sun… petite île rase battue par les vents. Les voitures n’y existent pas, pas plus que les vélos. Tout se passe à pied.
 
Pendant la migration d’automne, d’étonnants oiseaux viennent s’y poser. Ils viennent du bout du monde. Sont-ils perdus ? Viennent-ils prospecter de nouvelles contrées ? Les ornithologues n’ont pas encore toutes les réponses.
 
Ils sont là, d’ailleurs, les ornithologues. Une petite dizaine, qui sillonne l’île, du lever du soleil jusqu’aux derniers rayons, sous le regard accueillant des habitants. Ces derniers ne s’offusquent pas de voir chaque buisson de leur jardin exploré à la jumelle. Ils savent que s’y cachent des trésors à plumes. Les ornithologues ne sont présents que pour quelques semaines. Bientôt, comme les oiseaux, ils partiront, et ne reviendront qu’à l’automne suivant. L’île retrouvera, pour les longs mois d’hiver, sa tranquillité, et sa solitude.
 
Pouillot à grands sourcils Sein ER
Pouillot à grands sourcils, Sein, octobre 2011
 
Environ 120 habitants vivent à l’année sur cette petite île de 56 ha (2,5 x 0,8 km), dont le relief est en moyenne de 1,50 mètre seulement au-dessus de la mer. Quand les océans gonfleront, sous l’effet du réchauffement climatique, Sein sera-t-elle submergée ? Le scénario n’est pas impossible.
 
Où se percheront alors les gobemouches nains qui voletaient hier dans les tamaris ? Et le jeune étourneau roselin, venu de si loin ? Et l’immense pygargue à queue blanche, posé sur les rochers, qui regarde les vagues ?
 
Sous le phare, des hiboux des marais volent silencieusement, tandis que les tournepierres à collier font cliqueter les cailloux sur la plage. Trois grands dauphins sont passés, sautant dans les vagues.
 
D’anciennes légendes disent que des sirènes vivent dans les rochers autour de l’île. N’essayez pas de les rattraper. De colère, elles déclencheraient de terribles tempêtes…
 
 
Hibou des marais Sein ER
Hibou des marais sous le phare, Sein, octobre 2011
 
île de Sein ER
Sur le port.
 
rocher Le sphynx, île de Sein, PJD
Rocher le Sphynx, île de Sein.

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